Censure autour du navire de Franklin?

Toronto — Le journaliste canadien Paul Watson a offert sa démission au Toronto Star parce que le quotidien aurait refusé, selon lui, de publier un article « d’un intérêt public important » sur la découverte, l’an dernier, d’un navire de l’expédition de l’explorateur britannique John Franklin dans l’Arctique au XIXe siècle.

Dans son blogue, M. Watson écrivait mardi que des fonctionnaires et des participants aux efforts de recherche des épaves accusent un membre de cette expédition de propager des « faits déformés et inexacts » sur la découverte.

Selon le reporter, Prix Pulitzer de photojournalisme 1994, cette personne aurait un accès au cabinet du premier ministre Stephen Harper — mais aussi aux éditeurs du Toronto Star. Un porte-parole du quotidien, Bob Hepburn, a rétorqué que le Star possède une longue tradition de publier toute information digne d’intérêt public, et qu’il ne supprimerait donc pas un tel article. M. Watson soutient qu’il n’a pas le choix de démissionner du Star s’il veut poursuivre ses reportages sur l’expédition Franklin.

Stephen Harper

C’est le premier ministre Harper lui-même qui avait annoncé avec grande fierté, l’an dernier, qu’une équipe canadienne avait retrouvé l’épave de l’un des deux navires qui faisaient partie de l’expédition de Franklin. Ces navires étaient disparus en 1845 en tentant de découvrir le passage du Nord-Ouest. L’Erebus et son compagnon, le HMS Terror, faisaient l’objet de recherches depuis le XIXe siècle.

Les conservateurs ont fait de la souveraineté de l’Arctique un thème récurrent depuis leur arrivée au pouvoir en 2006. M. Harper estimait l’an dernier que les recherches pour retrouver l’expédition de Franklin faisaient partie des efforts du Canada pour affirmer son contrôle du Grand Nord canadien.

8 commentaires
  • Eric Lessard - Abonné 8 juillet 2015 18 h 20

    A-t-il prit la bonne décision?

    Ce journaliste a beau avoir une bonne réputation, on se demande s'il pourra se trouver une situation comparable ailleurs. Le journalisme étant dans la crise que l'on connait, quel média voudra d'un journaliste à ce point intransigeant?

    D'après moi, soit il voulait quitter le journal de toutes façons ou bien il a quelque chose qui l'attend ailleurs. De nos jours, un individu ne pèse pas lourd face à de grandes organisations, surtout si c'est lui-même qui donne sa démission.

    Se sacrifier pour des causes peut peut-être paraître héroïque sur le coup, mais on risque fort de le regretter quand on a pas un confortable coussin monétaire.

    • Marc Lacroix - Abonné 8 juillet 2015 19 h 16

      Peut-être que pour certains, le mot "éthique" a une valeur supérieure que pour d'autres ! Tous ne sont pas prêts à vendre leur âme pour quelques dollars de plus.

    • Hélène Paulette - Abonnée 9 juillet 2015 08 h 17

      ''Stonewall'', ça vous dit quelque chose mosieur Lessard?

    • Jeanne M. Rodrigue - Abonnée 9 juillet 2015 09 h 19


      "Se sacrifier pour des causes peut peut-être paraître héroïque sur le coup, mais on risque fort de le regretter quand on a pas un confortable coussin monétaire." (Éric Lessard)
      On devine bien vos priorités en matière de démocratie. Heureusement qu'il y a encore des journalistes qui pensent autrement...

  • André Côté - Abonné 8 juillet 2015 19 h 18

    Se tenir debout...

    Vous connaissez la chanson de Fred Pellerin, Se tenir debout?
    Si non, vous auriez intérêt à en lire le texte. Et Claude Robison, ça vous dit quelque chose?

  • Gilles Gagné - Abonné 8 juillet 2015 22 h 42

    Ça prendra un peu plus de viande sur l'os pour savoir comment interpréter cette nouvelle malgré le fait connu que le gouvernement harper a les bras longs et les doigts souvent croches...

  • Gilles St-Pierre - Abonné 8 juillet 2015 22 h 53

    Si je comprend bien

    ce qui serait l'essentiel de cette information c'est que c'est encore une sale magouille d'Harper qui voudrait bien réécrire l'histoire à sa manière; ce qui est propre à lui d'ailleurs, de prendre ses rêves pour des réalités.

    Si Paul Watson détient des informations pertinentes au sujet de l’expédition de Franklin, il serait intéressant de les avoir et peu importe ce qu'en pense le cabinet d'Harper qui se vautre dans ses menteries. Il ne reste plus qu'à souhaiter bonne chance à Paul Watson et bon courage car quand on a un gars comme Harper qui utilise la machine gouvernementale pour nous mettre les bâtons dans les roues, c'est très emmerdant ce poison-là mais, ça doit achever et on devrait en être débarasser très bientôt et pour enfin assainir le parlement.

    Ça démontre bien que ce n'est pas tous les journalistes qui sont prêt à putasser pour garder leur job comme entre autre à La Presse et Radio-Canada. Bravo Paul Watson et bonne continuation.

    • Jeanne M. Rodrigue - Abonnée 9 juillet 2015 10 h 09

      La censure peut être d'ordre religieuse, politique, idéologique voire même financière. Nous sommes ici devant un cas flagrant de censure politico-idéologique.