L’UNESCO appelle à ne pas laisser impuni le meurtre d’un journaliste

Paris — L’UNESCO a condamné mercredi et appelé à ne pas laisser impuni l’assassinat fin mai d’un journaliste brésilien, retrouvé mort alors qu’il enquêtait sur la mort d’une adolescente tuée par des trafiquants de drogue.

« Je condamne l’assassinat de Djalma Santos da Conceição », a déclaré Irina Bokova, directrice générale de l’organisation onusienne qui a son siège à Paris, en se disant « profondément préoccupée » par les crimes visant les journalistes.

« Les auteurs de ces crimes doivent être traduits en justice », a-t-elle ajouté dans un communiqué en jugeant intolérable que « la violence et la peur » puissent « museler la presse libre dont les citoyens ont besoin » partout dans le monde.

Djalma Santos da Conceição, 53 ans, a été retrouvé mort le 24 mai à Bahia (nord-est du Brésil), son corps portant des traces de torture, selon l’Association brésilienne des radios locales.

Animateur d’un programme de radio populaire, il avait été chargé par le magazine brésilien Globo d’enquêter sur l’assassinat d’une adolescente aux mains de trafiquants de drogue de la région.

Une semaine avant sa mort, un autre journaliste, Evany José Metzker, avait été retrouvé décapité dans une zone rurale de l’État de Minas Gerais, au sud-est du Brésil, où ce reporter d’investigation enquêtait sur le trafic de drogue et la prostitution infantile.

À la suite de ces deux assassinats, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), ONG basée aux États-Unis, a dénoncé une « escalade préoccupante de la violence contre la presse au Brésil, déjà l’un des pays les plus dangereux pour les journalistes ».