RSF s’insurge contre l’impunité des meurtres de journalistes

La présidente du Brésil, Dilma Rousseff
Photo: Omar Torres Agence France-Presse La présidente du Brésil, Dilma Rousseff

Rio de Janeiro — Reporters sans frontières (RSF), l’organisation internationale de défense de la liberté de l’information, a « exhorté » lundi le Brésil à prendre des mesures « concrètes et efficaces » pour lutter contre l’impunité des meurtres de journalistes dans ce pays.

Dans une « lettre ouverte » à la présidente Dilma Rousseff, envoyée à l’AFP, RSF rappelle qu’en l’espace de 48 heures, fin mai, deux journalistes brésiliens ont été « brutalement assassinés ».

Le Brésil est le troisième pays le plus meurtrier des Amériques, après le Mexique et le Honduras, avec 38 journalistes assassinés entre 2000 et fin 2014. Presque tous enquêtaient sur des sujets sensibles comme le crime organisé, les violations des droits humains, la corruption ou le trafic de matières premières, poursuit RSF.

 

Trafic de drogue et d’enfants

Les deux journalistes tués en mai, dont l’un décapité, enquêtaient sur le trafic de drogue et la prostitution des enfants.

« L’impunité qui prévaut pour la plupart de ces meurtres favorise la multiplication des exactions », estime RSF dans sa lettre à la présidente Rousseff, soulignant que « la tendance a empiré ces dernières années avec au moins dix journalistes tués en lien direct avec leur métier en 2012 et 2013, deux en 2014 et déjà trois assassinats depuis le début de l’année sur le sol brésilien ».

« La lutte contre l’impunité doit être une priorité. Sans des enquêtes indépendantes, impartiales et approfondies permettant de retrouver et sanctionner les coupables des crimes à leur encontre, la situation des journalistes restera précaire », conclut RSF.

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