À voir à la télévision le dimanche 4 janvier - L'espoir qui venait de la gauche

Manchester, 1992. La Grande-Bretagne vient de traverser une lourde décennie de thatchérisme. La gauche, exsangue, entretient quand même l'espoir de reprendre enfin le pouvoir à la faveur de l'impopularité du premier ministre John Major et de ses politiques fiscales. Peine perdue: les conservateurs décrochent un quatrième mandat consécutif.

Paul, Maggie, Irene et Andy sont des personnages fictifs dans la vingtaine, qui vivent cependant dans le contexte de la vraie vie politique britannique. Militants écologistes, sympathisants du Parti travailliste, ils sont idéalistes, pleins de bonne volonté et déterminés à ramener le Labour à l'avant-scène. Peu après le scrutin de 1992, la mort subite du chef travailliste John Smith et l'arrivée à la direction du parti du jeune et ambitieux Tony Blair leur promettront de concrétiser leur rêve.

Malgré sa trame à première vue rébarbative où il est question de taux d'intérêt, de dévaluation de la livre sterling, de taxation et de salaire minimum, cette minisérie britannique de quatre heures — intitulée en anglais The Project — se révèle étonnamment prenante. Par-delà les chassés-croisés amoureux et les tensions interpersonnelles (les principaux protagonistes habitent le même appartement), on assiste à une exploration sans complaisance des dessous du pouvoir. Les itinéraires variés — Paul devient attaché de presse au parti et a la sale besogne de déterrer les scandales juteux chez les conservateurs, Maggie est bénévole enthousiaste puis députée déchirée, Irene est journaliste à la BBC — permettent à l'intrigue de demeurer nuancée et forte.

Évidemment, comme dans tout scénario où il est question du pouvoir et de son exercice, la désillusion n'est jamais loin. Le «New Labour» remporte les élections en 1997, et on a vu ce que ç'a donné. À cet égard, il est dommage que la série s'arrête en 2002, avant que Blair n'engage résolument son pays aux côtés des Américains en Irak; il eût été intéressant d'entendre ce que les doux rêveurs d'hier auraient eu à dire là-dessus...

Les Années Tony Blair

Artv, 19h