Montréal lance son premier Webfest

Photo: Dario Lo Presti Getty Images

Il fallait bien y arriver ici aussi : après Marseille et Melbourne, Édimbourg ou Los Angeles, avant Séoul en juillet, c’est au tour de Montréal d’organiser son festival international dédié à la websérie. La première mouture se tient ces vendredi et samedi. Plus de quarante productions d’ici et d’ailleurs compétitionnent pour s’attirer les faveurs d’un jury qui distribuera 18 prix.

« Notre objectif est de développer un festival qui peut mettre à l’avant-plan les artisans d’ici dans un contexte international », explique Laurent Everaerts, cofondateur et codirecteur du Webfest Montréal avec Simon Côté. Diplômé en cinéma, il a lui-même travaillé sur plusieurs productions. « Simon et moi, on ne se connaissait pas, mais on avait tous les deux le désir de fonder un festival de webséries au Québec, le premier du genre. Nous aimons cette forme, nous avons produit des séries, nous avons été sélectionnés dans d’autres festivals ailleurs dans le monde. »

Les premiers événements du genre sont apparus au début de la décennie. Deux pôles précurseurs se démarquent toujours, Los Angeles et Marseille. Vancouver et Toronto ont déjà leur Webfest au Canada.

M. Everaerts fait alors remarquer que les productions québécoises sont particulièrement bien en vue dans ces compétitions. Elles étaient à l’honneur au dernier Webfest de Marseille, où elles ont remporté plusieurs prix.

Certains sont repris à Montréal. C’est le cas de Michaëlle en sacrament du duo Hervé Baillargeon et Christine Doyon, qui traite de la maladie d’Alzheimer sur un mode tragicomique. C’est aussi le cas de Projet-M, thriller psychologique de science-fiction de l’équipe qui a déjà donné Temps mort. Le codirecteur ajoute une troisième grande oeuvre à découvrir, soit High Road, production néo-zélandaise primée dans plusieurs festivals.

La nouvelle forme se raffine et se professionnalise constamment. « À l’origine, la tendance était à l’humour, dit M. Everaerts. Maintenant, on retrouve de tout, de l’humour encore, mais aussi de la science-fiction, du thriller ou du drame. Les épisodes s’allongent aussi, de deux ou trois minutes au départ jusqu’à une quinzaine de minutes maintenant. »

Cette caractéristique fait que les séries ne sont pas présentées au complet en salle à la Cinémathèque, quartier général du Webfest Montréal. Les projections se limitent à une vingtaine de minutes. « L’idée est de donner un avant-goût des séries qui peuvent ensuite toutes être visionnées en ligne. »

Le Webfest Montréal en chiffres

130 inscriptions au concours montréalais à la suite de l’appel international.

44 productions retenues en compétition et projetées à la Cinémathèque en blocs continentaux (Québec, Amérique, Europe, Océanie…).

19 prix, soit 18 distribués par les professionnels du jury et une récompense du public qui a jusqu’à samedi 16 h pour voter. Le gala commence à 19 h au théâtre Telus.

Six jurés. Quatre du Québec : le directeur photo Michel Bolduc, la comédienne Isabelle Giroux, le scénariste Ghislain O’Prêtre et la présidente Audrey Pacart, directrice des plateformes numériques de V et Musique Plus. Et deux jurés internationaux : le journaliste de Libération Joël Bassaget, créateur du blogue Web Séries Mag, et Steinar Ellingsen, directeur du Melbourne Webfest.

Trois certificats qui donnent droit à une sélection officielle dans un autre festival, à Marseille, à Liège ou à Melbourne.

Deux tables rondes au bar-salon de la Cinémathèque vendredi sur la scénarisation (16 h 30) et sur la coproduction (17 h 40).


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