Les anciens quotidiens de Gesca sous pression

Des négociations se déroulent depuis le mois dernier pour le renouvellement des conventions collectives des six quotidiens régionaux du Québec. Ces pourparlers sont décrits comme « cruciaux » par un représentant des employés.

Les échanges se font entre un front commun des syndicats comptant plus de 500 membres et des mandataires de Groupe Capitales Médias, nouveau propriétaire des journaux Le Soleil, Le Droit, Le Quotidien, Le Nouvelliste, La Tribune et La Voix de l’Est. L’entreprise, nouvellement formée pour l’occasion, a acquis en mars les journaux de Gesca, filiale de Power Corporation.

Réduction d’effectifs

Le Devoir a appris que la partie patronale est en demande pour des réductions d’effectifs dans tous les secteurs, sauf le marketing et les ventes publicitaires. Les patrons souhaitent aussi maximiser le rapprochement des services au sein du groupe, par exemple pour le travail de pupitre.

Groupe Capitales Médias est dirigé par l’ex-ministre libéral Martin Cauchon, proche de la famille Desmarais qui contrôle Gesca. Le montant de la transaction demeure secret.

Les deux parties ont convenu de ne pas s’adresser aux médias. « Il y a une entente pour ne rien divulguer et nous n’avons donc rien à déclarer pour l’instant », a dit Dave Parent, du service des communications de la CSN, mandaté comme porte-parole par le front commun syndical. « Je peux seulement dire que les négociations portent sur la vision pour l’avenir des journaux du nouveau propriétaire. »

Modèle d’affaires

Martin Cauchon s’est expliqué brièvement lundi sur cette vision au Financial Post. « Nous devons vraiment bousculer le modèle d’affaires existant et passer à quelque chose de différent », a-t-il dit.

Il a ajouté qu’il ne savait pas quelle technologie il adopterait pour maximiser le virage numérique de son petit empire. M. Cauchon et le p.-d.g. de son groupe, Claude Gagnon, le président et éditeur du Soleil, étaient au Devoir la semaine dernière pour se renseigner sur les outils informatiques utilisés ici.

Gesca a beaucoup misé sur le développement de La Presse +au cours des dernières années tout en temporisant la mutation numérique de ses autres journaux. L’ancien propriétaire devait tenir une première séance de négociation le 22 janvier à Trois-Rivières avec le front commun syndical. Elle n’a finalement jamais eu lieu.

Le travail à la table est repris depuis plus de deux semaines avec le nouveau proprio. Une quinzaine de syndicats délèguent quelques négociateurs qui leur font ensuite un rapport.