Luz s’est lassé de dessiner Mahomet

Luz, dessinateur de<em> Charlie Hebdo</em>, photographié le 13 janvier dernier.
Photo: Luz, dessinateur de Charlie Hebdo, photographié le 13 janvier dernier.

Luz, dessinateur vedette de l’hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo, cible d’un sanglant attentat djihadiste en janvier, annonce qu’il ne dessinera plus le personnage de Mahomet, dans un entretien au magazine Les Inrockuptibles paru mercredi.

«Je ne dessinerai plus le personnage de Mahomet, il ne m’intéresse plus», déclare-t-il. Le numéro de l’hebdomadaire paru après la tuerie, avec la caricature de Mahomet en couverture qui tenait une pancarte Je suis Charlie et le surtitre Tout est pardonné, avait suscité des manifestations parfois violentes dans plusieurs pays musulmans.

Dans un entretien accordé au magazine français Les Inrockuptibles, il parle de son nouveau livre intitulé Catharsis, une suite de planches où il tente de regagner du terrain sur le désespoir, la violence et le chagrin. «Je me force. Il y a un poids énorme sur mes épaules, celui du collectif, de la mémoire, une lourdeur personnelle – qui serais-je si je ne dessinais plus ?»

Alors qu’on l’interroge sur une déclaration de Philippe Val, l’ancien patron de Charlie Hebdo, qui avait estimé, peu après l’attentat, que les terroristes avaient gagné, il rétorque: «J’ai sauté au plafond en entendant ça».

«Les terroristes n’ont pas gagné. Ils auront gagné si la France entière continue d’avoir peur», conclut-il en estimant qu’il s’agit du «ressort» du parti d’extrême droite Front national.

Le numéro des «survivants» de janvier, avec la caricature de Mahomet dessinée par Luz en couverture qui tenait une pancarte «Je suis Charlie» et le surtitre «Tout est pardonné», avait suscité de nouvelles manifestations parfois violentes dans plusieurs pays musulmans.

Sorti une semaine après la tuerie, il avait été diffusé à 8 millions d’exemplaires, un record historique pour la presse française.