Une liberté de presse qui n'est pas acquise

La conférence de Michel David a lancé des débats sur la situation de la liberté de presse au Québec.
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir La conférence de Michel David a lancé des débats sur la situation de la liberté de presse au Québec.

La journée mondiale de la liberté de presse sera soulignée, cette année, dans l’ombre de l’attentat à Charlie Hebdo. Si le Québec semble à l’abri de tels événements, des journalistes y ont été victimes d’attentats par le passé et la liberté de presse y compte d’importantes lacunes, a rappelé Michel David, chroniqueur politique au Devoir, lors d’une soirée-conférence mardi soir.

La situation des journalistes qui couvrent la scène municipale au Québec inquiète particulièrement le chroniqueur. « Plusieurs journalistes qui oeuvrent dans ce domaine ont été victimes d’intimidation cette année. »

La législation plus souple des municipalités semble donner plus de latitude aux élus qui souhaitent éviter les médias. En effet, le code municipal n’impose pas l’enregistrement des débats. « Les délibérations [lors des conseils municipaux] doivent simplement se tenir à haute et intelligible voix. Certains à l’époque devaient tenter d’en passer des petites vite en marmonnant !, raconte M. David. Mais c’est encore d’actualité. On a vu des cas, comme en février 2015, où on a refusé à deux caméramans de filmer au conseil municipal de Blainville. » Et l’histoire se répète.

Même le gouvernement du Québec met à mal la liberté de presse, aux yeux du chroniqueur. « Les personnes responsables des demandes d’accès à l’information au Québec sont souvent d’anciens attachés politiques. Même des responsables de cabinet s’ingèrent dans le traitement des demandes d’accès », a observé le chroniqueur. Il attend avec impatience la concrétisation de la réforme de la loi québécoise sur l’accès à l’information.

Les étudiants à l’honneur

Cette soirée organisée par les Amis du Devoir a aussi été l’occasion de remettre les prix du concours Le Devoir de la presse étudiante. « On retrouve la fougue et la passion [dans les candidatures reçues], peu importe le contexte économique [des médias] », a affirmé Alain Saulnier, président du jury.

Le journal étudiant du cégep de Saint-Jérôme, le Trouble tête, s’est démarqué dans la catégorie « Collégial », avec ses choix de « lead », son nom et ses photos marquantes. « Un merci à toute l’équipe et à notre enseignante en journalisme, Mariève Desjardins », a lancé le rédacteur en chef, Maxime Doyon-Laliberté. Le journal a aussi remporté deux prix « coup de coeur » pour ses reportages.

Au niveau universitaire, c’est le journal de l’Université de Montréal, Quartier libre, qui a remporté le prix, entre autres grâce à sa bonne stratégie numérique. « Ça nous touche énormément. C’est très gratifiant », a déclaré, tout sourire, la rédactrice en chef, Camille Dufétel.

Le journal de l’Université Laval, Impact Campus, a obtenu une mention d’honneur. « Le choix a été très serré entre les deux journaux », a expliqué M. Saulnier. Le prix « coup de coeur » dans la catégorie « université » a été remis au journal de l’Université du Québec à Montréal, le Montréal Campus.

Les grands gagnants de chaque catégorie remportent une bourse de 2500 $ et ceux des prix « coup de coeur » obtiennent une bourse de 1000 $.