CBC et RC éliminent environ 240 emplois

Photo: Jacques Nadeau Le evoir

Le diffuseur public poursuit sa grande saignée. Le service français Radio-Canada (RC) abolit une centaine de postes et promet d’en créer une dizaine de nouveaux. Le service anglais CBC en retranche 144 et annonce du même souffle que 80 nouvelles fonctions apparaîtront dans les services en ligne.

La direction a annoncé la compression par lettre jeudi. Dans sa propre note, le vice-président principal des services français de CBC/Radio-Canada, Louis Lalande, lie la mesure radicale à la « transition numérique » et à la « volonté de construire un nouveau modèle financier plus durable ». Ces deux intentions découlent du plan stratégique « Un espace pour tous » déposé en juin 2014.

Isabelle Montpetit, présidente du Syndicat des communications de RC, trouve déplorables ces décisions dans le contexte préélectoral canadien. « Des élections s’en viennent bientôt et tous les partis, sauf les conservateurs, se sont prononcés pour augmenter le financement de RC et la direction impose des changements irréversibles, dit-elle. Je trouve ça choquant. » Son syndicat représente environ le quart des postes abolis au service français.

Concrètement, à l’échelle des services français, la mesure se traduit par l’abolition d’« environ » 80 postes occupés et l’élimination d’une « vingtaine » d’autres regroupant des emplois vacants et des départs à la retraite. Pour l’instant, RC divulgue la création d’une seule nouvelle job dans les services francophones liés aux plateformes numériques. Les documents distribués jeudi en promettent une dizaine d’autres à venir.

« Les gens mis à pied devront postuler pour les nouveaux postes, dit la présidente du syndicat. On aurait pu faire des programmes de formation pour négocier le virage. »

Les réseaux hors Québec semblent les plus touchés, avec 56 mises à pied au total, dont 15 en Ontario (hormis Ottawa-Gatineau), 6 au Manitoba, 10 à Moncton, etc. « Au niveau régional, nous voulons maintenir notre présence géographique partout au pays en nous engageant à offrir une programmation locale, mais à moindre coût », dit le v.p. Lalande dans une note diffusée en après-midi. Les bulletins régionaux passeront d’une heure à trente minutes.

ICI Musique perd dix postes. Les émissions À ciel ouvert (animée par Michel Keable) et Tout un cinéma (de Rémy Girard) ne reviendront pas à l’automne. Florence K changera de collaboration et François Dompierre diminuera la sienne. Les soirées classiques s’allongeront jusqu’au jeudi.

Une trentaine d’emplois disparaissent dans l’administration, notamment aux finances, à l’information et aux services numériques. Montréal perd une vingtaine de personnes et ne remplacera pas quinze fonctions vacantes.

Les compressions à la CBC seront réparties partout au pays. On en compte 7 à Terre-Neuve, 11 en Nouvelle-Écosse, 9 au Québec, 30 en Ontario, 37 en Alberta, etc. Le détail des disparitions, de service en service, sera expliqué dans les prochains mois.

Le plan « Un espace pour tous » dévoilé en juin 2014 prévoit une réduction des effectifs de 1000 à 1500 postes d’ici 2020. Quelque 400 suppressions décidées en octobre faisaient partie de la première vague liée à cette mutation. La seconde vague en rajoute donc environ 240 autres à la CBC/RC, qui compte encore plus de 7000 employés.