Fusion médiatique envisagée à l’UQAM

Trois médias étudiants envisagent la fusion. Le regroupement du journal Montréal Campus, de la radio CHOQ et de la webtélé SeizeNeuf se ferait sous la bannière CHOQ Média.

La proposition de convergence sera soumise à un référendum à la fin de la session. La démarche a été officiellement approuvée le 30 janvier dernier par le Comité de la vie étudiante de l’université.

La consultation porte précisément sur l’idée d’augmenter la Cotisation automatique non obligatoire (CANO) versée à CHOQ. Elle est actuellement fixée à 2,25 $ par étudiant et par session. Elle passerait à 5,50 $ au profit de CHOQ Média. La CANO est prélevée à moins que le cotisant ne le refuse. Ni Montréal Campus ni SeizeNeuf ne bénéficient de cotisations.

« Il s’agit d’une fusion administrative, précise Gabrielle Ménard, directrice des communications de la radio étudiante. Chacun des médias conserverait son indépendance éditoriale et journalistique. »

Le principe de la fusion des administrations, avec cette promesse d’autonomie des rédactions, a été entériné par les médias concernés. Comme ailleurs dans l’univers médiatique, l’intégration se fait pour des raisons économiques. De ce point de vue et dans ce cas, la radio fondée en 2001 se porte bien tandis que le journal né en 1980 bat de l’aile dangereusement.

« Nous sommes en grosses difficultés financières, dit Frédéric Comeau, chef de la section UQAM du journal. La vente de publicité est en chute libre depuis trois ans et elle atteint maintenant des niveaux de revenus dérisoires. La vente des beignes, une autre source de revenus, ne rapporte pas assez. »

En conséquence, les artisans et les collaborateurs du journal ne sont plus payés depuis des années. La parution a été réduite de moitié, avec quelque sept tirages par année scolaire là où Montréal Campus paraissait toutes les deux semaines autrefois.

M. Comeau se fait tout aussi rassurant sur la question de l’indépendance rédactionnelle des médias en intégration potentielle. Le journal fondé il y a 35 ans a souvent joué un rôle de formation et d’information au sein de la communauté universitaire. Beaucoup de futurs reporters professionnels y ont fait leurs classes.

« Je le consulte, je l’aime beaucoup et je le trouve essentiel », dit la professeure Chantal Francoeur de l’École des médias de l’UQAM. Cela étant souligné, elle précise s’exprimer en tant que spécialiste de la convergence.

« Ce n’est pas anodin ce qui se passe. On parle de convergence et il faut toujours faire attention à présenter comme anodine la mise en commun de ressources financières. Ce rapprochement ouvre la porte à d’autres gestes et à des questions auxquelles il faudra répondre tout le temps. »

Ses études, notamment sur l’intégration chez Radio-Canada, montrent que la convergence donne « du bien, du très bien ou de l’excellent » quand au bout du compte il y a plus d’argent et plus de journalistes pour chaque plateforme ou chaque média. « La fusion peut être l’occasion de faire du multitâche, mais elle peut aussi être l’occasion d’approfondir les forces de chaque plateforme, dit la professeure Francoeur. Il faut réfléchir à ce qu’on fait et veut faire et il faut donc demeurer vigilant. »

La convergence médiatique uqamienne promet d’utiliser sa culbute budgétaire pour créer de nouveaux emplois rémunérés, peut-être même plus d’une vingtaine de postes qui s’ajouteraient aux huit salariés (dont trois à temps plein) que compte déjà CHOQ.ca. Mme Ménard évoque des emplois occupés par des étudiants et des diplômés qui pourraient ainsi acquérir une précieuse expérience professionnelle.

La campagne référendaire se déroulera du 11 au 25 mars. Les dossiers des deux camps (le pour et le contre) sont attendus le 20 mars au plus tard. La consultation électronique aura lieu du 26 mars au 2 avril. L’UQAM compte environ 40 000 votants potentiels. Il faut au moins 2000 voix pour valider la démarche et une majorité simple pour l’emporter.

CJLO fait chou blanc

Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) vient de refuser à CJLO, la radio de l’Université Concordia, la permission de se doter d’un nouvel émetteur. La mesure technique aurait permis de mieux desservir le campus du centre-ville de Montréal. La station étudiante du 1690 AM souffre de problèmes de brouillage décrits comme « substantiels » depuis sa création en 2008. Elle souhaitait utiliser la position 107,9 sur la bande FM. La demande de modification de la licence est refusée notamment parce que cette fréquence est une des dernières encore disponibles sur le territoire montréalais. Le CRTC a aussi entendu les arguments de la Vermont Public Radio, titulaire de WVPS-FM Burlington, alléguant que le nouvel émetteur de Concordia pourrait causer un brouillage de son propre signal dans un rayon de 14 km autour du campus, aussi bien dire partout à Montréal. Le Devoir