Radio-Canada interdit à ses journalistes toute «activité extérieure rémunérée»

Radio-Canada entend publier, sur son site Web, la liste des apparitions publiques de ses journalistes.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Radio-Canada entend publier, sur son site Web, la liste des apparitions publiques de ses journalistes.

Finis, les lucratifs contrats à titre de conférenciers pour les journalistes de Radio-Canada. Éclaboussée par l’affaire Amanda Lang, la société d’État annonce qu’elle interdira à ses journalistes toute « activité extérieure rémunérée ».

Cette décision survient alors que CBC/Radio-Canada se retrouve à nouveau dans l’embarras, cette fois en raison de la journaliste économique vedette du réseau anglais, Amanda Lang. Le pendant anglophone de Gérald Fillion est accusé par le site Canadaland d’avoir tenté par tous les moyens de « saboter » un reportage dévastateur portant sur le recours à des travailleurs étrangers à la Banque Royale du Canada, pour remplacer des employés canadiens.

En plus d’avoir prononcé plusieurs discours chèrement rémunérés devant la RBC, Mme Lang est en couple avec un membre de la haute direction de la banque. La journaliste a tout nié en bloc. Son employeur, CBC, la soutient. Elle devra toutefois mettre fin à ses activités. Il en va de même pour des journalistes bien en vue du réseau français.

« Nous annonçons aujourd’hui, de concert avec CBC, que nous n’autoriserons plus d’activités extérieures rémunérées pour notre personnel journalistique », écrit le directeur général de l’information, Michel Cormier, dans une note de service dont Le Devoir a obtenu copie.

« Depuis déjà quelque temps, nous avons resserré les conditions de rémunération pour les activités extérieures, et nous nous assurons, ensemble, qu’elles ne posent pas de risque de conflit d’intérêts. […] Ces pratiques ne seront plus autorisées », poursuit M. Cormier. Radio-Canada prendra à son compte les dépenses encourues pour les apparitions publiques de ses journalistes. Car recevoir de l’argent « d’un organisme ou un groupe quelconque, peu importe que ce soit légitime, peut être perçu comme une compromission de nos principes ».

De prime abord, cette nouvelle politique ne s’appliquera qu’au personnel permanent, et ne concerne pas le travail à la pige que peuvent effectuer des journalistes dans d’autres médias.

Liste sur le Web

Radio-Canada va plus loin. À l’instar de ministères fédéraux qui divulguent les détails entourant les voyages et les coûts de déplacement de son personnel, le diffuseur entend publier sur son site Web, la liste des apparitions publiques de ses journalistes.

À la suite des révélations de la CBC, le gouvernement a modifié le programme fédéral de recours aux employés étrangers.

Le NPD annulerait les coupes

Le NPD annulerait les coupes de 115 millions imposées à Radio-Canada par Stephen Harper, promet Thomas Mulcair. Le chef du NPD s’engage à assurer à la SRC un financement pluriannuel stable afin que le diffuseur puisse assurer sa transition vers le numérique. Ces coupes annoncées en 2012 sont responsables de la perte de 650 emplois. Des compressions de 130 millions, en 2014, entraîneront autant de mises à pied.