Charlie Hebdo «défend la liberté de conscience»

Dans une entrevue accordée à la chaîne de télévision américaine NBC News et diffusée partiellement dimanche 18 janvier, le rédacteur en chef de Charlie Hebdo, Gérard Biard, a défendu la caricature controversée du prophète Mahomet publiée en une de l’hebdomadaire satirique du mercredi 14 janvier.

Il a notamment affirmé que les caricatures contribuent à défendre la « liberté d’expression » et la « liberté de conscience », qui « ne doivent pas être un discours politique ».

À noter que tout au long de l’entrevue, l’expression « liberté de conscience », employée par M. Biard, a été traduite par le journaliste américain par « liberté de religion » (« freedom of religion »).

Hors de la politique

Gérard Biard répondait aux questions de NBC, qui lui avait demandé ce qu’il pensait des déclarations du pape François à ce sujet. Le chef de l’Église catholique a condamné ceux qui tuent au nom de Dieu, tout en ajoutant qu’il y avait des limites à la liberté d’expression et qu’on ne pouvait insulter ou moquer les religions.

Le rédacteur en chef a alors déclaré (selon ses mots en français, et non ceux de la traduction) : « À chaque fois que nous dessinons Mahomet, à chaque fois que nous dessinons un prophète, à chaque fois que nous dessinons Dieu, nous défendons la liberté de conscience, nous disons que Dieu ne doit pas être un personnage politique, il ne doit pas être un personnage public, il doit être un personnage intime […] Ce que nous défendons, c’est la liberté d’expression et c’est la liberté de conscience, qui ne doivent pas être un discours politique […] Si la foi, si le discours religieux descend de la politique, il devient un discours totalitaire […], c’est de ça que nous préserve la laïcité. »

De nombreux pays musulmans en colère

La caricature de la couverture de Charlie Hebdo a suscité la colère dans plusieurs pays musulmans. Ainsi au Niger, dix personnes ont été tuées et des églises ont été incendiées vendredi et samedi lors de manifestations contre la dernière publication du magazine. Le dessin de la page couverture faisait suite à la tuerie perpétrée par deux djihadistes au siège de l’hebdomadaire le 7 janvier et qui a fait douze morts. Les pays européens sur le qui-vive ont renforcé leurs mesures de sécurité afin de prévenir toute répétition des attentats de Paris, qui ont fait dix-sept morts au total.