Garnotte sous le choc

Michel Garneau, l’homme derrière Garnotte au Devoir, s’est dit « catastrophé » de la nouvelle.
Photo: Le Devoir Michel Garneau, l’homme derrière Garnotte au Devoir, s’est dit « catastrophé » de la nouvelle.

L’assassinat de quatre caricaturistes vedettes de Charlie Hebdo mercredi à Paris a jeté la consternation partout dans le monde… et notamment auprès de leurs collègues québécois.

Michel Garneau, l’homme derrière Garnotte au Devoir, s’est dit « catastrophé » de la nouvelle. Sans être un intime de Charb, il connaissait le directeur de la publication, qui avait collaboré à une édition spéciale du Devoir en novembre 2011. Outre Charb, l’attentat a aussi coûté la vie à Cabu, Tignous et Wolinski, en plus de huit autres personnes.

« Ce sont des gens que j’admirais beaucoup et qui ont contribué à faire en sorte que je fasse du dessin, et surtout du dessin politique », confiait Garnotte par téléphone mercredi matin.

Caricaturiste au Devoir depuis 1996, Michel Garneau fut de l’expérience du magazine humoristique Croc (1979-1995). Dans les deux cas, la liberté d’expression accordée à son art était et demeure une condition essentielle pour exercer son métier, dit-il. « Ce qui est arrivé aujourd’hui ne m’enlève pas le goût de faire du dessin politique. Au contraire. Mais je pense que sans liberté d’expression, je ne fais plus de caricature, je fais du dessin. »

Au Québec, Garnotte ne sent pas de menace particulière contre les caricaturistes. « La France et le Québec sont deux situations fort différentes, dit-il. On reçoit parfois des menaces ici, mais ce sont des fous qui écrivent sur un peu n’importe quoi, plein de sujets différents. »

Caricaturiste au journal Le Soleil, André-Philippe Côté confiait pour sa part à son journal mercredi qu’il ne faut pas s'« empêcher de rire d’une religion ». « Charlie Hebdo a décidé qu’on pouvait se moquer des musulmans comme on pouvait le faire avec les catholiques. Ils disaient tout haut ce que beaucoup de monde disait tout bas. Quelque part, leur travail était essentiel. Ils étaient prêts à tout pour défendre leurs idées. »

À son avis, l’attaque terroriste risque d’imposer une certaine auto-censure à certains caricaturistes. « Je peux comprendre ceux qui vont hésiter, c’est possible que ça arrive, mais j’espère surtout un mouvement de solidarité très fort », a-t-il confié au Soleil.

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