La Presse «embauche»

La Presse+ compte maintenant plus de lecteurs que La Presse.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir La Presse+ compte maintenant plus de lecteurs que La Presse.

Vingt-deux d’un coup. La Presse régularise la situation de vingt-deux employés surnuméraires de sa salle de rédaction. La plupart de ces journalistes ont activement participé à la mise en place et au développement de La Presse+, version numérique du quotidien montréalais.

 

« Nous n’embauchons pas : nous confirmons des permanences de certains employés », dit Éric Trottier, vice-président à l’information et éditeur adjoint de La Presse.

 

Il ajoute que ces employés ont été recrutés sans obtenir le statut permanent avec l’accord du syndicat pour ce que lui-même appelle « une période laboratoire ». L’entente spéciale a été reconduite après une première année de vie active de La Presse+ et la régularisation d’une première fournée de postes. La deuxième vague se produit alors que la seconde année de dérogation à la convention collective se termine. Il y aurait une soixantaine de surnuméraires dans la salle.

 

On peut prendre autrement l’importance de la mesure en se rappelant que le syndicat de la rédaction du Devoir compte environ 45 membres. La Presse vient d’intégrer l’équivalent de la moitié de cette force de travail. La salle de rédaction comptait 215 employés en 2010. La salle de numérisation en totalise 325 maintenant.

 

Ce média continue ainsi d’évoluer à contre-courant de son secteur en misant sur la création d’un nouveau média pour tablette distribué gratuitement. La Presse+ s’ajoute au site Internet (lapresse.ca) et à la vieille version papier de La Presse.

 

Une rumeur veut que la fin de cette forme traditionnelle, espérée pour 2016, soit repoussée vers 2017 parce que trop peu de lecteurs se désabonneraient au profit de la tablette. M. Trottier dit plutôt que son entreprise et ses dirigeants n’ont jamais annoncé une date précise pour l’arrêt des rotatives.

 

« Je ne peux pas retarder une décision qui n’a jamais été prise. À terme, oui, nous voulons y arriver parce que le papier [l’impression et la diffusion] nous coûte 80 millions par année. Il n’y a pas de date fixée. Nous n’avons pas parlé de 2017. Mais cette transformation se fera le plus tôt possible. »

 

La mutation se poursuit. La Presse+ compte maintenant plus de lecteurs que La Presse. Le vice-président pense que le rapport de deux pour un sera atteint rapidement. « Dans six mois, même, j’ose croire à ça. Et là on pourra commencer à se poser sérieusement la question de ce qu’on va faire avec le papier. »

 

 

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