Google ne veut pas des changements du CRTC

Gatineau — Des entreprises qui offrent des services de diffusion en ligne, comme Google et Netflix, souffriraient si la réglementation canadienne sur l’industrie de la diffusion en venait à s’appliquer à l’industrie numérique, a prévenu Google Canada lundi matin, alors que le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) commençait ses audiences sur les services de télévision.


Selon certains télédiffuseurs et distributeurs canadiens, les plateformes en ligne ne contribuent pas au système de livraison de la programmation du pays et devraient être soumises à des contributions obligatoires.


Mais en réalité, les plateformes en ligne légales contribuent au système par l’entremise des licences de contenu, a fait valoir le conseiller en politiques publiques et relations gouvernementales de Google, Jason Kee, et toute contribution obligatoire finirait par être répercutée aux consommateurs. « Des contributions obligatoires feraient sans doute augmenter les coûts d’abonnement des consommateurs et diminuer les droits d’utilisation et les parts de profit qui reviennent aux créateurs », a-t-il argué.


Instituer un système de contribution aux sociétés de services de télévision en ligne ferait aussi naître des « défis pratiques », a affirmé M. Kee durant sa présentation.


Télévision à la carte


Les audiences, intitulées « Parlons télé », visent à développer de nouvelles règles pour encadrer les changements dans l’industrie de la télévision amenés par les services technologiques. Des entreprises comme Google et Netflix, qui offrent des services de diffusion en ligne ainsi qu’à la carte, ont mis de la pression sur les diffuseurs traditionnels, notamment en entamant leurs revenus publicitaires.


Les câblodistributeurs et les diffuseurs par satellites pourraient également être affectés par la volonté du gouvernement fédéral de mettre sur pied une structure à la carte, plutôt que par forfait.


Le CRTC suggère aussi de permettre aux stations de télévision locales d’éteindre leur émetteur. Une telle mesure forcerait les téléspectateurs qui profitent des chaînes gratuites à s’abonner à un fournisseur.


Au début des audiences, le président du CRTC, Jean-Pierre Blais, a laissé entendre que les règles actuelles encadrant les câblodistributeurs et les diffuseurs devraient être changées afin de permettre aux Canadiens de choisir leur programmation. « Plutôt que de protéger des chaînes ou des diffuseurs spécifiques, ou une façon particulière de faire des affaires, nous devons nous assurer que le système télévisé répond aux besoins et aux intérêts des Canadiens, tant aujourd’hui que dans les années à venir », a déclaré M. Blais.


Le regroupement Les AMIS de la radiodiffusion canadienne estime que les changements à la réglementation proposés par le CRTC feraient souffrir les stations de télévision locales et n’aideraient pas les consommateurs. « Au contraire, la télévision à la carte et les autres changements importants envisagés […] seraient susceptibles de nuire gravement à la radiodiffusion locale et surtout aux nouvelles locales, la programmation la plus valorisée par la majorité des Canadiens », a dit le groupe par voie de communiqué. « En fait, les propriétaires des stations locales dans les marchés de petite et de moyenne taille disent carrément que ces changements pourraient les acculer à la fermeture. »


Les audiences doivent se poursuivre jusqu’au 19 septembre à Gatineau.