À voir à la télévision le vendredi 21 novembre - La déchirure

Au cours des années, c'est par dizaines de milliers que les Afghans ont fui leur pays dévasté par la guerre. Aujourd'hui que les conflits ont officiellement laissé place à la reconstruction, le gouvernement d'Hamid Karzaï lance un appel au retour. Mais qu'est-ce qui attend ceux qui tentent l'aventure?

Citoyen respecté de Sherbrooke, marié et père de famille, Shaw Ismatullah Habibi a bien voulu laisser la caméra de la journaliste Anne Panasuk être témoin des premiers pas qu'il fait en Afghanistan depuis son exil, il y a 14 ans.

De Kaboul à son village natal dans les montagnes du Nord, il découvre avec effarement une réalité aussi aride que les paysages qu'il traverse. «Si vous me l'aviez raconté, je ne vous aurais pas crue», avoue-t-il à la journaliste devant les ruines qui servent d'abri de fortune à de nombreuses familles de la capitale. Plus loin, la joie de retrouver son frère sera ternie par le dénuement dans lequel doivent survivre ses proches: l'absence de route empêche l'aide humanitaire de parvenir jusqu'aux villages du Nord. «Dites au Canada de ne pas nous oublier», lui répètent les habitants qui accueillent comme un roi cet oncle d'Amérique.

Shaw Ismatullah Habibi ne les oubliera pas, mais il ne peut non plus oublier ceux à qui son exil devait permettre d'offrir un meilleur avenir. L'Impossible Retour des exilés afghans, c'est avant tout le constat d'une déchirure: celle d'un homme écartelé entre ses devoirs envers un pays qu'il chérit et sa volonté de voir s'épanouir ses enfants.

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