CBC/Radio-Canada encore en compressions

Le diffuseur public subira de nouvelles compressions. Le conseil d’administration (CA) de la Société CBC/Radio-Canada se réunit mercredi et jeudi à Toronto pour décider de l’ampleur des mesures de restrictions dans le cadre du budget de 2014-2015, selon les informations obtenues par Le Devoir.

 

Des sources établissent que le conseil se penche sur une proposition de réduction totalisant 96 millions, soit une soixantaine de millions pour l’entité anglophone seule (CBC) et 36 millions supplémentaires à diviser à parts égales entre CBC et l’entité francophone (Radio-Canada). Une autre source liée à la haute direction confirme que l’instance supérieure se penche sur des compressions, nie toutefois que l’effort demandé pour 2014-2015 soit de 96 millions précisément, mais refuse de dire si la somme exigée sera inférieure ou supérieure à ce montant.

 

« Les employés de CBC/Radio-Canada ont été avisés au début février que nous faisions face à des défis financiers », explique dans un courriel France Bélisle, la directrice des relations publiques et des communications de CBC/RC. « [Mercredi] et jeudi, le conseil d’administration se réunit pour étudier le budget qu’il doit approuver, comme il le fait chaque année, en mars. Il ne s’agit pas d’une rencontre extraordinaire. Par contre, il sera effectivement question des pressions budgétaires. Pour le moment, je ne peux spéculer sur un chiffre ni sur la nature d’éventuelles compressions. »

 

Bref, la voile faseye. Si elles s’avèrent, ces mesures ne découlent pas de nouveaux prélèvements budgétaires imposés par Ottawa. Le fédéral a seulement réclamé à son diffuseur d’assumer la hausse des salaires prévue d’environ 1,4 % accordés aux employés. Il pourrait donc s’agir de mesures découlant soit de manques à gagner (d’origine publicitaire ou autre), soit des derniers effets des ponctions de 115 millions sur trois ans qu’a imposées le fédéral dans le budget de 2012.

 

La ponction devait s’étendre jusqu’à l’année budgétaire qui débute maintenant. Des rumeurs persistantes veulent que le réseau anglais ait particulièrement raté sa cible.

 

Dans les faits, comme le rappelle le président du conseil, Hubert T. Lacroix, dans le plan d’entreprise déposé cet été en ligne (cbc.radio-canada.ca), l’enveloppe demandée de 115 millions a coûté 200 millions sur trois ans, en plus des indemnités de cessations d’emploi de 25 millions versées. Ce document intitulé Le changement, le nouveau statu quo affirmait alors : « Nous devrions atteindre nos objectifs en la matière. »

 

Le syndicat préoccupé

 

Le Syndicat des communications de Radio-Canada (SCRC) a fait part de ses « préoccupations » dans une courte lettre envoyée mardi aux membres du CA. « Les membres du SCRC n’accepteront aucune diminution de budget qui aura un effet sur la programmation du diffuseur, dit la courte missive. La programmation radio, télé et numérique est la raison d’être et se trouve au coeur de la mission du diffuseur public. Toute atteinte au service public ne sera pas tolérée. »

 

Le syndicat représentant des journalistes évalue que de nouvelles compressions de 4 millions pourraient être imposées à la salle de rédaction de Radio-Canada, soit l’équivalent d’une quarantaine de postes à temps plein. Ces mesures gonfleraient à une trentaine de millions les réductions budgétaires au service d’information, toutes plateformes confondues, au cours des neuf dernières années.

 

« Nous avons écrit aux membres du conseil d’administration parce que nous pensons qu’il y a moyen de couper ailleurs, explique en entrevue Alex Levasseur, le président du SCRC. On peut couper dans la hiérarchie et dans l’administration avant d’atteindre directement le service aux citoyens. »

3 commentaires
  • Pierre M de Ruelle - Inscrit 26 mars 2014 13 h 25

    encore? c'est triste!

    Personnellement je serais pret a payer un montant supplementaire pour combler leur manque a gagner, et surtout pour ne plus diffuser de pub, tellement nulles, et ennuyantes...les autres postes de tv sont tellement nul!

    • Yvon Martineau - Inscrit 26 mars 2014 19 h 48

      Pas seulement nulles et ennuyantes; leurs inlassables répétitions = tortures mentales...moi qui croyais que la torture était illégale au Canada!
      Je comprends mal cet acharnement inutile à répéter cent fois les mêmes maud _ _ es annonces!
      Faudrait-il encore une fois que le gouvernement légifère là-dessus...puisque les diffuseurs sont incapables de s'auto-discipliner!
      Ma ''pitonneuse'' n'en peut plus!

  • yannick Pouliot - Abonné 26 mars 2014 18 h 37

    C'est assez!

    Rendu là, tirons donc la "plugue"!

    Si la SRC devient encore plus insignifiante et "divertissante", je ne veux pas voir ça!

    Vraiment, ce que je souhaite, c'est une forme de coopérative très habilement organisée qui fondera un nouveau média avec tout ce que le Québec et le Canada a de meilleur. Car la qualité existe mais on s'acharne à la faire taire, à la rendre invisible, inexistante médiatiquement.

    Sinon, c'est une dictature qui lentement, s'installe, pas à pas.

    Je n'en peux plus de tant d'abrutissement collectif, il y a urgence!

    Yannick Pouliot