Nouvelle éclipse partielle de Sun Media

Corporation Sun Media, filiale de Québecor Média, annonce la suppression de quelque 200 postes « dans tous les secteurs de son organisation », dont environ le quart lié au « service de l’éditorial ».

 

Par contre, les salles de rédaction des différentes publications du Québec ne sont pas affectées. En clair, les pertes d’emplois ne visent pas les journalistes du Journal de Montréal, du Journal de Québec ou de 24 heures Montréal.

 

« Cette mesure de rationalisation et d’optimisation de l’entreprise s’inscrit dans un contexte de transformation profonde, et sans précédent, de la presse écrite, laquelle est marquée principalement par l’avènement du numérique », dit le communiqué émis mercredi matin.

 

En entrevue au Devoir, Martin Tremblay, vice-président aux affaires publiques de Québecor Media, élabore davantage autour de cette explication. « Le virage numérique entraîne de profonds bouleversements dans notre secteur, dit-il. Les habitudes de consommation des informations se transforment. Les revenus publicitaires baissent. Une entreprise comme la nôtre doit demeurer leader dans son domaine et assurer sa pérennité dans le temps. Elle doit donc prendre des mesures pour y arriver. »

 

Sun Media est un des plus importants éditeurs de journaux au Canada avec plus de 15 millions d’exemplaires écoulés chaque semaine. Ses publications couvrent neuf des dix plus grandes villes du pays. Après les compressions, le géant rassemble encore environ 3800 employés.

 

Les mises à pieds se font en respectant les modalités prévues dans les contrats de travail ou les conventions collectives, précise M. Tremblay. Il ajoute que certains salariés pourraient bénéficier de départs à la retraite prématurés.

 

Corporation Sun Media a procédé à la suppression de 360 postes l’été dernier et à la fermeture d’une douzaine de publications. Au total, en 2013, le consortium médiatique aura donc éliminé plus de 13 % de sa force de travail.

 

Les problèmes du secteur plombaient les résultats de l’empire des communications au moment des dernières compressions. Québecor affichait alors une perte de 45 millions $ pour son deuxième trimestre, un découvert attribué à la faiblesse des revenus publicitaires et au recul des tirages. Au troisième trimestre, les télécommunications et la télédiffusion ont permis d’afficher un bénéfice.

 

Le « virage numérique » ne se négocie pas de la même manière partout. Les choix de Québecor (et de beaucoup de ses concurrents) tranchent avec ceux de Gesca, autre puissance des médias au Québec.

 

Cette entreprise qui possède sept journaux québécois a plutôt choisi d’embaucher massivement et de distribuer gratuitement sa production sur le Web pour mieux faire face au même défi de la dématérialisation. À elle seule, la salle de rédaction de La Presse a plus que doublé ses effectifs pour aider à la production de La Presse +, version en ligne très demandante en matériel visuel comme en graphisme.

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