Sylvain Cormier du «Devoir» reçoit un prix Judith-Jasmin

Sylvain Cormier, critique musical au Devoir, a reçu un prix dans la catégorie des entrevues.
Photo: Marie-Hélène Tremblay Le Devoir Sylvain Cormier, critique musical au Devoir, a reçu un prix dans la catégorie des entrevues.
Trois fois passera, les deux dernières y resteront. Isabelle Hachey s’était déjà démarquée en se faufilant comme finalistes dans trois catégories des prix Judith-Jasmin, du jamais vu dans l’histoire des plus prestigieuses récompenses du journalisme québécois.

La reporter de La Presse a refait date samedi en l’emportant deux fois, soit dans la catégorie Grand reportage (pour le travail intitulé « La guerre aux fillettes ») et dans la catégorie Nouvelles, Médias nationaux (pour « Le Bouchon saute à Bordeaux »). Elle était aussi en lice pour l’enquête. Isabelle Hachey est un média de qualité à elle toute seule.

Le Devoir avait deux finalistes et repart avec un prix, attribué au critique musical Sylvain Cormier dans la section Entrevue. Il reçoit les honneurs pour son texte «La première fin de Richard Desjardins» qui « nous fait entrer par le trou de la serrure dans un temps suspendu », note le justificatif qui parle aussi d’« un petit bijou ».

Les prix Judith-Jasmin honorent « les meilleures œuvres journalistiques de l’année au Québec, tous médias confondus ». Ils sont distribués lors d’un gala présenté dans le cadre du congrès annuel de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, celui de 2013 étant organisé à Québec.

Les autres lauréats

Le Grand Prix. La prestigieuse récompense va à Alec Castonguay, pour son portrait « remarquable » de Jason Kenney, le « missionnaire de Harper », paru dans le magazine L’actualité. Le jury note « la qualité et la rigueur de la recherche, la profondeur du propos ainsi que la qualité de la langue » du texte.

Enquête. Le jury souligne le minutieux travail de l’équipe de Radio-Canada (Sylvie Fournier, Sonia Desmarais, Benoît Michaud) derrière « Force policière », analyse critique du travail et des déclarations des policiers pendant la manifestation étudiante d’avril 2012.

Opinion. L’honneur revient à Mylène Moisan pour sa chronique « Treize minutes de trop » parue dans Le Soleil. Le texte décrit les conditions de vie d’une jeune femme lourdement handicapée placée dans un CHSLD.

Médias locaux ou régionaux. Rémi Tremblay repart avec le prix pour son reportage « La ville des âmes en peine », publié dans L’Écho de Frontenac, témoignage écrit quelques heures après la dévastation du centre-ville de Lac Mégantic qui « fait preuve d’une forte humanité » et « nous emmène au cœur de la tragédie », note le jury.

Journalisme de service. Stéphanie Grammond de La Presse l’emporte pour « La nouvelle mode des maisons hypothéquée à 125 % ».

Hommage. Ce prix, choisi par les anciens présidents de la Fédération, récompense une carrière journalistique remarquable. Il est décerné cette année à Michel Auger, bien connu pour sa couverture du crime organisée au Journal de Montréal pendant deux décennies. Le 13 septembre 2000, il a été atteint par six projectiles dans une embuscade tendue dans le stationnement de son journal. M. Auger a aussi travaillé au Nouvelliste, au Montréal Matin, à La Presse et à la CBC.

Deux prix Antoine-Desilets à Jocelyn Riendeau

Une récompense, c’est bien. Deux c’est mieux. Le photographe Jocelyn Riendeau repart avec deux des six prix Antoine-Desilets distribués samedi soir dans le cadre d’un gala de la Fédération professionnelles des journalistes du Québec (FPJQ).

M. Riendeau l’emporte aussi pour des images produites pour deux médias différents. Son premier prix, dans la catégorie Portait, souligne la qualité de « Virtuose pour une nage », photo réalisée pour le site de Radio-Canada Estrie.

Le second, dans la catégorie Nouvelles, va à « Hier s’enflamme », parue dans La Tribune de Sherbrooke. Le jury parle d’« une photographie touchante empreinte de fragilité et de solitude » et d’un « moment [qui] donne un regard sur le temps qui passe, l’histoire d’un village et celle d’une vie ».

Autre doublé

Par ailleurs, un autre doublé magique est réussi grâce au prix Antoine-Desilets dans la catégorie Multimédia que reçoit Martin Leblanc pour son travail dans le cadre du dossier « La guerre aux fillettes », réalisé pour La Presse +. Le reportage sur la sexo-sélection en Inde et en Chine remporte également le prix Judith-Jasmin, pour le texte donc, dans la catégorie Grand Reportage.
Les autres récompenses visuelles concernent les catégories Vie quotidienne (remporté par Patrick Woodbury pour « Une photo vivante » parue dans Le Droit), Sports. (Yan Doublet, un collaborateur du Devoir, l’emporte avec « Concentration », un projet personnel) et Photo reportage (Olivier Pontbriand pour « Je suis un Rom » paru dans La Presse).

Le Prix Antoine-Desilets reconnaît les meilleures images (photo ou vidéo) de presse de l’année. Les récompenses sont distribuées dans le cadre d’un gala organisé en marge du congrès annuel de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec. Celui de 2013 se tenait à Québec ce weekend.

Pierre Foglia reçoit le prix Jules-Fournier 2013

Le plus étonnant, ce n’est évidemment pas que Pierre Foglia remporte un prix pour la qualité de ses textes. Le plus étonnant c’est qu’il n’avait pas encore gagné le prix Jules-Fourier, distribué annuellement par le Conseil supérieur de la langue française (CSLF).

L’honneur lui a été fait samedi soir, à Québec, dans le cadre du congrès annuel de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ). Fidèle à lui-même, le chroniqueur solitaire de La Presse n’était pas présent pour recevoir le prix.

Le CSLF justifie le choix de M. Foglia en soulignant que son influence « sur plusieurs générations de journalistes n’est plus à démontrer ». Le Conseil ajoute que « son style personnel, mais universel, est reconnaissable entre tous ».

En onde

Le Jules-Fournier souligne le travail d’un journaliste en presse écrite. Le prix Raymond-Charrette, également distribué par le CSLF, souligne une contribution exemplaire à la diffusion d’un français de qualité sur les ondes.

Cette année, cet honneur revient à Yanick Villedieu de Radio-Canada. Le jury souligne que l’animateur des « Années lumières », émission de culture scientifique de ICI Radio-Canada Première, « est passé maître dans l’art de la vulgarisation ».

Le Conseil distribue aussi deux mentions « coup de cœur », une à l’animatrice Catherine Perrin, également animatrice de Radio-Canada et une autre à Stéphane Laporte, lui aussi chroniqueur de La Presse. Dans le premier cas, le jury parle d’une « intervieweuse de qualité qui sait toujours saisir la balle au bond ». Dans le second, le CSLF « applaudit son amour de la langue française qui transparaît toujours dans ses chroniques ».

Marie-Lise Rousseau remporte la bourse Arthur-Prévost

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) remet la bourse Arthur-Prévost 2013 à la journaliste Marie-Lise Rousseau du magazine L’Itinéraire.

La bourse de 2000 $ souligne le talent prometteur d’un reporter ayant moins de cinq ans d’expérience.

Cette fois, le jury reconnaît l’engagement exceptionnel d’une jeune professionnelle qui s’implique à fond dans le média réalisé et vendu par les itinérants de Montréal. « Engagement au travail, à travers des tâches diversifiées et multiples, explique le justificatif. Engagement envers son magazine, dont le travail admirable autour et avec les itinérants n’est plus à expliquer. Engagement aussi envers la communauté des exclus, ces marginaux souvent laissés pour compte qui font rarement la une ou l’ouverture d’un bulletin de nouvelles dans nos grands médias. »
La récompense a été distribuée dans le cadre du congrès annuel de la FPJQ, ce week-end, à Québec.

Pierre Craig devient président de la FPJQ

Par ailleurs, l'animateur et journaliste de Radio-Canada, Pierre Craig, est le nouveau président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (     FPJQ).

M. Craig, élu par acclamation au congrès de la FPJQ, samedi, à Québec, succède au journaliste du Devoir Brian Myles, qui occupait cette fonction depuis 4 ans.

Le Devoir
1 commentaire
  • Luc Lepage - Abonné 24 novembre 2013 12 h 26

    Du coeur et de l'intelligence

    J'ai découvert Sylvain lorsqu'il a écrit une critique nuancée et respectueuse des coffrets d'Elvis Presley chez BMG. alors que nombre d'intellectuels ironisaient, méprisaient ou n'avaient aucune opinion, ne serait-ce que sur l'impact du phénomène Elvis en Occident et de son indéniable talent, même s'il fut mal gérée artistiquement par la suite. Sylvain a ce don de parler avec le coeur et l'intelligence des disques qu'il nous présente, comme un critique culinaire qui donne le goût d'y goûter et de permet d'éviter les navets. Je ne le lâche plus depuis.