Le Soleil en discussion avec ses photographes

Le quotidien Le Soleil de Québec pourrait se débarrasser de tous ses photographes contractuels. Mais ce sera peut-être alors pour mieux les remplacer par des créateurs d’images polyvalents capables de fournir des photos et de monter aussi des vidéos.

 

Le journal de la capitale a averti son fournisseur externe qu’il pourrait ne plus faire appel à ses services. Le contrat avec la firme Focus se termine à la fin de l’année.

 

De nouveaux employés intégrés à la salle de rédaction pourraient ensuite prendre le relais. Selon les informations obtenues par Le Devoir, la direction jongle avec l’idée d’embaucher cinq reporters visuels, en remplacement des cinq photographes à la pige. Les nouveaux journalistes à temps plein fourniraient des images fixes ou en mouvement.

 

« La décision n’est pas prise, dit en entrevue téléphonique Pierre-Paul Noreau, rédacteur en chef du Soleil. Nous sommes à examiner cette hypothèse de créer notre propre équipe à l’interne. Ce n’est pas que le sous-traitant fait mal le travail, mais il y aurait des avantages à fonctionner autrement. »

 

La direction a rencontré le syndicat de la rédaction lundi pour dévoiler ses intentions. Des clauses du contrat avec Focus obligent de fournir des avis avant son échéance.

 

Le Soleil sous-traite le travail des photographes depuis les années 1960. Seul le montage des vidéos relève de la salle de rédaction. La question des tâches sera discutée dans le cadre du renouvellement de la convention collective des quelque cent journalistes (dont une soixantaine à temps plein) qui arrive elle aussi à échéance fin décembre.

 

Le quotidien appartient à Gesca, comme La Presse +, très axée sur l’image. Le nouveau média a fait doubler la salle de rédaction montréalaise à contre-courant de la tendance générale dans l’industrie. Le Soleil subira la même grande révolution par la dématérialisation, mais pas avant 2015 selon la direction du Groupe. En attendant Le Soleil +, il faut quand même poursuivre le virage vers le multimédia.

 

« J’ai encore confiance en mon papier, dit le rédacteur en chef. On regarde aller Montréal et ça va bien. C’est certain qu’on est plus présents sur Internet de toutes sortes de manières, avec les blogues, la couverture en direct et la vidéo, bien sûr. […] Je ne pense pas qu’on veuille baisser notre production photo ou vidéo. On recherche une certaine synergie, une approche. »