Le Conseil de presse blâme deux fois le «Voir»

Dans un cas, André Dumont, vice-président de l’Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ), porte plainte pour une série d’articles publiée dans la section Voir la vie, le 7 février 2013. Il y voit des publireportages déguisés.

 

Un article traite par exemple de spas qui annoncent dans les pages et sur le site de l’hebdomadaire. La plainte affirme que la directrice du contenu du média dicte ces choix ce que nie le président-éditeur de Voir, Pierre Paquet, dans sa réplique.

Le Conseil constate que les pubs accompagnent les articles et que leur contenu «loin d’offrir un regard critique font plutôt l’apologie de ces commerces, invitant les lecteurs à les visiter». Les reportages se terminent aussi par une référence à la Boutique Voir où se trouvent des promotions pour ces commerces.


Le tribunal juge donc que la liberté rédactionnelle est compromise. Il dénonce le journal pour «publication de contenu publicitaire sous une forme journalistique et cumul des tâches incompatibles».

 

L’autre cas relaie une plainte déposée par Sylvain Boucher le 5 février dernier contre le critique d’art Nicolas Mavrikakis pour des articles parus les 19 et 29 octobre et début 2013. Le plaignant estime que le journaliste se trouve en apparence de conflit d’intérêts puisqu’il agit comme commissaire, initiateur d’événement et exposant pour certaines galeries dont il traite dans ses articles par ailleurs.

Le rédacteur en chef du Voir, Simon Jodoin, réplique être au courant de ces diverses activités et y trouver plutôt des raisons pour lesquelles il embauche M. Mavrikakis. Il souligne aussi que son critique a toujours souligné ouvertement les liens dénoncés, y compris sur son blogue décrit comme indépendant du Voir. Le journaliste en rajoute. Il explique par exemple qu’il n’a reçu aucun montant d’argent ni cadeau pour sa participation à une des expositions en cause, en hommage à son ami Mathieu Lefèvre décédé accidentellement.

 

Le Conseil juge autrement la situation, y trouvant effectivement une apparence de conflit d’intérêts. Le tribunal affirme que les médias d’information sont responsables de tout le contenu qu’ils diffusent, y compris les blogues. Il ajoute: «Si la transparence à cet égard est effectivement une vertu, elle n’est cependant pas une fin en soi, et ni le public, ni les journalistes ne devraient s’en satisfaire». À ce propos, Nicolas Mavrikakis est maintenant collaborateur du Devoir comme critique aux arts visuels.


Applebaum
 

Par ailleurs, Le Devoir a déjà traité le mercredi 9 octobre de la plainte retenue contre l’ex-maire Applebaum pour utilisation de la publicité comme moyen de pression et atteinte au droit à l’information. L’ex-élu n’avait pas renouvelé un contrat de pub à la suite de la publication d’un article qu’il jugeait méprisant, au titre inadéquat, avec une photo inappropriée et qui aurait en plus mélanger les genres, la chronique et l’entrevue en l’occurrence. Une autre décision diffusée vendredi retient le reproche de confusion des genres contre le journaliste Daniel Rolland et le journal gratuit de Montréal.

Les jugements peuvent être consultés sur le site conseildepresse.qc.ca sous la rubrique «décisions».

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