Dans les coulisses de l'actualité - Elvin Jones: la magie d’une vraie rencontre

Elvin Jones répond par ce geste au regard franc du photographe.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Elvin Jones répond par ce geste au regard franc du photographe.

Cette première photo d’Elvin Jones, célèbre jazzman, trône au salon depuis plus de vingt ans. Deux mètres d’ombre et de lumière qui ne peuvent rendre justice à toute la grandeur de l’homme, mais qui me rappellent avec bonheur une rencontre inoubliable.

 

Alors qu’il était l’invité de marque au Festival de jazz de Montréal en 1990, Serge Truffaut et moi avions rencontré cet artiste aujourd’hui entré dans la légende pour sa fougue à la batterie et sa collaboration avec les grands noms du jazz, dont Miles Davis et John Coltrane, pour ne nommer que ceux-là. À bras grands ouverts, dans la cour d’une maison d’Outremont, il nous a accueillis en nous soulevant de terre, tant au sens propre qu’au figuré. Monsieur Jones, c’était la vie même, l’énergie brute. C’était aussi un musicien dont la force de caractère était indéniable. À l’époque de notre rencontre, il venait de vaincre ses démons et de gagner son combat contre une longue dépendance à l’héroïne et je ne pouvais qu’être admiratif devant sa détermination. Le photographe que je suis a pris plaisir à scruter ses yeux pétillants et son large sourire, puis, durant l’heure qui a suivi, mon collègue journaliste et moi l’avons écouté, captivés. J’étais fasciné par son regard et ses mains crevassées. À la toute fin de l’entretien, je lui ai demandé de sortir à l’extérieur pour profiter d’une meilleure lumière. Je l’ai regardé droit dans les yeux et il m’a répondu par ce geste que montre le portrait.

 

C’est ça, la magie d’une vraie rencontre. Merci Elvin.

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