Toujours moins de journalistes

La déchéance se poursuit dans les salles de rédaction du continent. Mais la crise semble affecter plus durement les médias étasuniens que les québécois.


Aux États-Unis, le nombre de journalistes à temps plein vient de passer sous la barre des 40 000 pour la première fois depuis 1978, selon les données révélées par The American Society of News Editors. Le contingent des reporters professionnels a reculé de 6,4 % en 2012 par rapport à 2011, une perte sèche de 2600postes. Les médias américains emploient maintenant environ 38 000 journalistes.


Le Québec semble en partie épargné par la saignée. Le Guide des salaires selon les professions au Québec d’Emploi-Québec établit que la province comptait 3000 journalistes en emploi en 2012. Le recul des postes depuis 2007 n’a été que de 1,3 %.


Par contre, les conditions de travail se détériorent ici aussi. Au Québec, le salaire moyen d’un journaliste est de 23 $ l’heure, ou 820 $ par semaine, soit à peu près 42 600 $ par année. Il s’agit d’un recul de 8 % en cinq ans. Aux États-Unis, le salaire moyen des collègues a chuté à 35 000 $.


Le salaire moyen divise tous les salaires par le nombre d’employés d’un secteur, les extrémités pouvant fausser la lecture. Au Québec, le salaire moyen, tous emplois confondus, est de 835 $ par semaine en 2012. En gros, un reporter gagne donc à peu près autant en moyenne que le reste de la population.

 

Médiocre médiane


Le salaire médian divise en deux parties égales la population d’une catégorie donnée : la moitié supérieure gagne l’équivalent ou plus, la moitié inférieure, l’équivalent ou moins. Le salaire médian d’un journaliste québécois en 2012 n’est plus que de 19,23 $ l’heure, soit un recul d’environ 12 % en cinq ans. La médiane salariale se situe maintenant à 675 $ par semaine, soit un peu plus de 35 000 $ par année.


Les reporters, les chroniqueurs et les éditorialistes des grands médias traditionnels se retrouvent dans le groupe privilégié, avec des salaires souvent deux ou trois fois plus élevés que la médiane. Quelques rares grandes vedettes du secteur peuvent gagner dix fois plus, souvent en combinant plusieurs emplois (chroniqueur et animateur par exemple).


À son niveau actuel, la rémunération médiane des journalistes québécois se compare à celle des ministres du culte (650 $ par semaine), des techniciens en arpentage (672 $), des surveillants de service de nettoyage (683 $). Les courtiers d’assurances (735 $), les conducteurs de camion (787 $), les croupiers de casino (904 $) et les pompiers (1190 $) jouissent de salaires plus avantageux.


Les auteurs, rédacteurs et écrivains gagnent (805 $) plus que les reporters, de même que les traducteurs (1001 $). Les professionnels des relations publiques et des communications aussi (875 $, toujours en médiane).


À ce propos, cette dernière catégorie totalise maintenant 13 700 professionnels. On répète : le Québec compte 4,5fois plus de relationnistes que de reporters. Le ratio est à peu près le même au sud, avec 3,6 contre 1 à l’avantage des relations publiques. Le ratio américain s’établissait à un pour un en 1980.

1 commentaire
  • Pascal Lapointe - Abonné 27 juin 2013 21 h 56

    Et les pigistes

    Et on ne parle que de la moyenne des revenus des journalistes **salariés** Imaginez celle des pigistes.