La Grèce ferme sa télé et sa radio publiques

La chef d'antenne principale de la télé d'état grecque, Ellie Stai.
Photo: Petros Giannakouris AP La chef d'antenne principale de la télé d'état grecque, Ellie Stai.

Le gouvernement grec qui devait éliminer deux mille emplois dans la fonction publique d’ici deux semaines y est arrivé d’un coup en fermant mardi l’intégralité de son audiovisuel public. Le sacrifice temporaire des diffuseurs veut satisfaire les créanciers de l’État en énormes difficultés financières depuis des années.


La mesure radicale a été annoncée sans préavis. La Grèce devient le seul pays européen sans médias d’État.


« C’est un choc total,a déclaré à une agence de presse Pantelis Gonos, journaliste de la rédaction. Le gouvernement, sans consultation ni discussion, a choqué tout le monde en annonçant la suspension à minuit de la télévision. Tous les écrans vont être noirs et personne ne sait quand elle rouvrira. »


Le groupe fermé lie le mammouth ERT (fondé dans les années 1930, comme CBC/Radio-Canada) et sa jeune filiale NET (qui date des années 1980). Il comprend 19 chaînes régionales, quatre nationales (dont une présente à l’étranger), six radios, un magazine de programmes télévisés, des sites Internet et les archives audiovisuelles nationales.


Simos Kedikoglou, porte-parole du gouvernement, a justifié le geste en déclarant que le réseau d’État constitue « un cas d’absence exceptionnel de transparence et de dépenses incroyables ».


Il a assuré que les 2950 salariés de ERT recevront une indemnité de départ qui coûtera environ 240 millions à l’État. Ils pourront ensuite postuler pour les quelque mille emplois offerts dans la nouvelle structure télévisuelle en préparation pour septembre. En clair, les deux tiers des postes auront disparu sous la cognée.


Athènes avait jusqu’à la fin du mois pour respecter un sévère plan d’austérité en échange d’une aide financière internationale. Le choix de fermer les réseaux s’explique en partie par le fait que l’entreprise publique appartient à de multiples organismes d’État qui doivent tous subir des restructurations. En plus, la télé nationale compte au mieux pour 5 % des cotes d’écoute, sauf pour les messes et les matchs de foot.


La fermeture de la télé publique se produit alors que les représentants des trois principaux créanciers de la Grèce, l’Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international, se réunissent à Athènes. Le gouvernement a échoué dans presque toutes ses réformes jusqu’à maintenant et des observateurs croient qu’il a voulu montrer qu’il pouvait agir sérieusement en frappant sa télé et sa radio.


 

Avec l’AFP

6 commentaires
  • Guy Desjardins - Inscrit 12 juin 2013 07 h 00

    Pourtant...

    Il n'y a pas si longtemps la Grèce se portait bien. Les fonds de pension, les primes aux fonctionnaires, dépenses inutiles en plus de la corruption, tout cela est venu à bout de l'économie de ce grand Pays. Tout se dessine au Québec vers cette aventure si l'ont ne change pas notre façon d'agir. Ça prend des lois sévères, de la compétence, surtout de l'honnêteté et une vision pour gérer une Ville et une Province. Tout doit être mis en oeuvre le plus rapidement possible pour ne pas imiter ces Pays en faillittes.

    • Hélène Thompson - Inscrit 12 juin 2013 09 h 11

      oui oui, la Grèce et le Québec, même affaire....
      Même économie, même actifs, même passifs, même situation géopolitique. Effectivement, pareil.... n'importe quoi

    • Sylvain Auclair - Abonné 12 juin 2013 09 h 42

      En fait, tout a commencé quand un gouvernement de gauche nouvellement élu a découvert les magouilles budgétaires du gouvernement de droite sortant, gouvernement qui avait carrément menti sur les états financiers de l'État.

  • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit 12 juin 2013 07 h 05

    Deux méthodes

    Le gouvernement grec est plus efficace que celui d'Ottawa. Plutôt que d'étouffer la télé publique à force de réductions budgétaires, les Grecs y vont d'un seul coup. Monsieur Harper en est sûrement jaloux.

    Desrosiers
    Val David

  • Jacques Boulanger - Inscrit 12 juin 2013 07 h 49

    ICI comme ailleurs

    Voilà ce qui est propre à réconforter dans ses voeux, le prochain candidat Labeaume, Laurent Proulx. Ce que la Grèce peut, le Canada le peut aussi.

  • André Michaud - Inscrit 12 juin 2013 09 h 11

    Rationaliser

    La Grande Bretagne a coupé la moitié du budget de la BBC et la BBC continue de faire une bonne production. Comme à radio-canada ici, il y bien des dépenses inutiles et beaucoup trop de cadres...et le ménage reste à faire.

    La Grèce suit ce mouvement nécessaire de rationalisation des dépenses publiques, évidemment vu la situation économique désastreuse ils doivent couper encore plus, pas le choix! Comme il y a d'autres diffuseurs, l'état fait mieux de couper là dedans que dans l'éducation ou la santé.. Quelle est la moyenne de salaires de ces employés, le coût des bénéfices marginaux etc..aussi astronomique que ceux qui travaillent dans le réseau ferroviaire ?