Difficultés chez Québecor Média

Avant la compression de huit emplois, l’agence QMI comptait 71 postes répartis à Montréal, Québec et Ottawa.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Avant la compression de huit emplois, l’agence QMI comptait 71 postes répartis à Montréal, Québec et Ottawa.

L’agence de presse QMI élimine huit postes, soit plus de 10 % de ses effectifs. Le Journal de Montréal (JdeM) arrête certaines chroniques et étire la diffusion de quelques autres pendant la période estivale afin de diminuer les frais de piges.


En plus, toujours selon les informations obtenues par Le Devoir, les négociations pour le renouvellement de la convention collective des employés du Groupe TVA sont bloquées. Les deux parties ont convenu de les suspendre jusqu’en août.


Le télédiffuseur a annoncé mercredi l’abolition de 90 postes, soit 4,5 % de ses effectifs. En novembre, la filiale Sun Media prévoyait l’élimination de 500 postes.


Toutes ces entreprises appartiennent à Quebecor Média. Avant la compression de huit emplois, l’agence QMI comptait 71 postes répartis à Montréal, Québec et Ottawa.


Ces mises à pied comme les réductions qui touchent le JdeM s’expliquent par « le contexte des médias que l’on connaît tous », selon Martin Tremblay, vice-président aux affaires publiques de Québecor Média. Il rappelle que les diverses salles de rédaction des médias de l’empire médiatique canadien (TVA, la chaîne des journaux Sun, etc) emploient encore environ 1200 journalistes et cadres de l’information.


Les mises à pied ont été annoncées jeudi aux employés concernés de l’agence. Il s’agit de postes de divers statuts (temps pleins ou partiels, contractuels, etc). Selon les infos colligées (mais non confirmées par M. Martin), il s’agit notamment de reporters des sections Divertissement, Canoe Hommes (un magazine) et Sports (deux postes dans ce cas), d’un journaliste vidéo, d’un responsable de la page d’accueil du site Canoe.ca et d’un pupitreur.


Négociations sur la glace


Les négociations avec le syndicat des employés de TVA achoppent sur la question du régime de retraite et de la précarité. «On a eu une quinzaine de rencontres depuis février mais maintenant on n’avance plus, explique Réjean Beaudet, président du syndicat des employés de TVA. On fait donc une pause pour la période d’été à moins que l’employeur décide de bouger sur les deux points importants. Sinon, pour nous, ça ne donne plus rien de continuer à discuter. On est rendu là.»


Les négociateurs ont rencontré les syndiqués la semaine dernière. L’assemblée a décidé de moyens de pression progressifs, une « mobilisation lente » qui commence par le port d’un t-shirt les mercredis.


Environ la moitié des employés n’occupent pas de postes à plein-temps. Le syndicat représente un millier de personnes, dont 545 permanents et 850 au boulot chaque mois. Les 90 postes abolis au sein du Groupe TVA ne concernent pour l’instant que deux des membres de l’unité syndicale de M. Beaudet qui seront d’ailleurs probablement relocalisés. L’élimination des emplois se fait dans TVA Publications, les stations régionales et d’autres filiales du Groupe, dans les postes de cadres aussi.


«Ça fait vingt-cinq ans que je suis à TVA et j’ai vécu plusieurs vagues de coupures, dit le président du syndicat. Quand ça touche le produit, les gens sont remis en place. Dans les mille membres que je représente, je ne connais personne qui rentre le matin pour se tourner les pouces. On travaille très fort on est efficace et je ne comprends pas comment on peut penser congédier des employés sans affecter le produit. Je n’ai pas un ton alarmiste. Je veux simplement faire comprendre à l’employeur que ce n’est pas le bon chemin pour économiser. le mieux c’est de nous parler et de trouver des solutions ensemble.»

2 commentaires
  • Lydia Anfossi - Inscrite 7 juin 2013 18 h 13

    Faire un peu moins de profits peut-être?

    Beaucoup de difficultés à penser que Québécor Média doit couper des postes.
    Un peu moins de profits ne signifie pas la faillite! "Le contexte des médias que l'on connaît tous" c'est une explication un peu brève qui ne dit absolument rien.

  • Hugo Séguin-Noël - Abonné 7 juin 2013 22 h 54

    QMI et la qualité journalistique

    On peut donc s'attendre à encore plus de reportages de qualité de la part de QMI !