De RC à ICI: le ministère a été averti en mars par communiqué

Le ministre James Moore avait déjà réagi négativement fin mars quand l’intention d’imposer une nouvelle image de marque a été révélée dans Le Devoir.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le ministre James Moore avait déjà réagi négativement fin mars quand l’intention d’imposer une nouvelle image de marque a été révélée dans Le Devoir.
Radio-Canada a averti le ministère du Patrimoine canadien de sa volonté de changer le nom de ses plateformes pour ICI en lui transmettant, en mars, copie d’un communiqué de presse sur le sujet. Et c’est tout.

Il n’y a pas eu d’autres communications entre l’institution et son bâilleur de fonds depuis sur le sujet. Le fédéral fournit plus de 1,1 milliard à son diffuseur.

«En mars dernier, nous avons fait parvenir au bureau du ministre notre communiqué officiel (émis le 28 mars sur CNW suite à [l’]article [du Devoir] publié le 27 mars», explique par courriel Marc Pichette, directeur des Relations publiques, Promotions et Partenariats de Radio-Canada. En fait, l’identification officielle de M. Pichette ne fait déjà plus référence à Radio-Canada, sauf par son adresse Internet. Le traditionnel logo de l’entreprise (la «pizza» rouge) et le nouveau nom ICI accompagnent maintenant sa signature.

Le changement de nom a été confirmé officiellement mercredi en conférence de presse. La campagne publicitaire est commencée. Radio-Canada chapeautera dorénavant une dizaine de plateformes de diffusion différentes toutes liées à ICI, une nouvelle appellation contrôlée tirée de la bonne vieille formule des annonceurs disant «Ici Radio-Canada».

La transformation nominale a nécessité des mois de préparation. Le changement veut en même temps éliminer les incongruités (on peut regarder la Télévision de Radio-Canada) et prendre acte de la diffusion sur de multiples plateformes qui adopteront donc une seule marque déclinée à partir du 19 août en ICI Première, ICI Télé, ICI TOU.TV ou ICI.ca.

Louis Lalande, vice-président principal de Radio-Canada a expliqué mercredi aux journalistes que les avertissements ont été transmis en haut lieu. Quand une collègue lui a demandé s’il avait «été en contact avec le bureau du ministre» et «s’ils avaient discuté», M. Lalande a répondu: «Bien sûr, bien sûr, on a fait cette présentation-là au conseil d’administration et on a suivi tous les canaux, voyons donc, on n’est pas dans une autre entreprise que celle dans laquelle on est.»

Les employés du diffuseur ont été rencontrés la veille, mardi donc, pour se faire expliquer le plan. Louis Lalande a ajouté en conférence de presse: «James Moore a dit une chose avec laquelle on n’est pas en désaccord: il a dit que Radio-Canada ne changerait pas de nom. On ne change pas de nom, c’est sûr, on est inscrit dans la loi sur la radiodiffusion. On l’a redit et ma carte d'affaires dit que je travaille à Radio-Canada et je représente Radio-Canada partout, sur toutes les tribunes.»

Le ministre Moore avait déjà réagi négativement fin mars quand l’intention d’imposer une nouvelle image de marque a été révélée dans Le Devoir. Il en a rajouté à son tour mercredi. «Cette question préoccupe beaucoup de Canadiens, a-t-il dit à des reporters à Ottawa. La marque et la présence du Canada, dans le diffuseur public du Canada, ne devraient diminuer dans aucune partie du pays.»

Son cabinet a élaboré davantage par la suite. «Le mandat de CBC/Radio-Canada est clairement d’être un diffuseur public canadien, et nous nous attendons à ce que la direction et le conseil d’administration expliquent comment ce changement s’arrime avec son mandat de diffuseur public, national et canadien», a commenté un porte-parole. «La Loi sur la radiodiffusion énonce comment Radio-Canada fonctionne de façon indépendante. Nous ne donnons pas de directions à CBC/Radio-Canada en ce qui concerne les communications, pas plus qu’ils ne nous ont consultés dans ce cas».
6 commentaires
  • Patrice Poisson - Inscrit 6 juin 2013 15 h 31

    Télé-Canada

    Nous écoutons une chaîne de TV qui se nomme présentement radio-Canada . C'est une chaîne de T V ou de radio?

    CBC n'a pas ce problème. Nous aurions dû modifier le nom en 1950. C'est une évidence.
    Télé-Québec a corrigé cet erreur il y a plusieurs années

    Maintenant le ICI. Les gestionnaires de Radio-Canada ne feront jamais l'unanimité avec un nom. C'est impossible. Alors, adoptons ICI maintenant. Nous nous habituerons rapidement.

    • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 6 juin 2013 15 h 56

      La radio de Radio-Canada existait avant la création de Radio-Canada télévision. Ils ont fait ce que fait l'administration actuelle : unifier l'appellation.

    • Richard Dupuis - Inscrit 6 juin 2013 16 h 37

      Monsieur Poisson.

      Pour reprendre votre point de vue, spécifions d'abord que Télé-Québec n'a pas de radio; la chose fut donc assez facile à corriger!

      La Société Radio-Canada, qui existe depuis plus de 75 ans, a déjà l'acronyme SRC, comme pendant francophone à l'anglophone CBC. On aurait sauvé 400,000$, d'abord, et on pourrait très bien dire "Ici la SRC", au lieu de dire "Ici..." avec rien au bout, reflétant le vide absolu derrière la nouvelle appellation.

      Hier, la blague circulait, à savoir que les souverainistes de la boîte avaient réussi un coup de maître, un coup fûmant, en réussissant à faire disparaître le mot "Canada" du nom de la société d'état, pourtant fédérale!

      Si la Loi sur la radiodiffusion dit que le nom est Radio-Canada, c'est n'est donc pas ICI, ni la pizza, mais bien Radio-Canada! Monsieur Lalande aurait fait mieux de demander au gouvernement de modifier légèrement la loi afin de permettre le changement, au lieu de se contenter d'envoyer une copie d'un communiqué de presse. Ainsi, le ministre aurait pu y aller de quelques suggestions parmi lesquelles monsieur Lalande aurait très bien pu choisir, ou s'inspirer. Monsieur Lalande s'est contenté de la voie facile, et il récolte ce qu'il a semé; un ministre frustré, et des auditeurs dont les sentiments s'étalent entre l'outrage de voir des fonds publics gaspillés, et l'hilarité d'une telle appellation vide, et stupide.

      Quand vous vous demanderez si c'est une chaîne de TV ou de radio, vous n'avez qu'à jeter un coup d'oeil au bidule qui émet le bruit; si le bruit est accompagné d'images, c'est de la TV! Besoin de plus de précisions?

  • Pierre Schneider - Inscrit 6 juin 2013 16 h 11

    Réaction de Mr Harper ?

    J'ai l'impression que le premier mnistre royaliste Stephen Harper doit préparer une cinglante riposte à ces Québécois qui ne veulent jamais marcher au pas.

  • Paul Laurendeau - Inscrit 6 juin 2013 17 h 28

    ICI – BEE – CEE

    [La traduction française suit]
    Ladies and gentleman of English Canada, I must urgently point out to you that the « separatist » interpretation of the rebranding of Radio-Canada under the handle ICI is a regrettable misunderstanding. While ICI indeed means “here", it does not at all imply "here in Quebec”. In fact, there is no reference to Quebec whatsoever in this new designation. It is crucial to understand that while the tagline for the English language service is: “This is CBC” we, on the other side of the Corn Flakes box, say: “Ici Radio-Canada” and whereas you folks exclaim on air: “This is Paul Laurendeau”, we announce: “Ici Paul Laurendeau”. This particular phrasing finds it origins in the early days of radio. ICI is the archetypical point of localization of the anchor and/or the station in French speaking culture and has been so since the very inception of broadcasting. Furthermore, any narrow-minded tory pronouncing that a Canadian designation ought to be included in the name of our public broadcaster would be advised to brush up on his history instead of attempting to rewrite it. The name CBC was selected to monkey the BBC… and Radio-Canada to monkey Radio-France. So much for the essential Canadian-ness of these designations. ICI, at the minimum, has the merit of being unique to Canada. If we are to debate this new designation, we must at least do so within the parameters of minimal descriptive accuracy.

    Mesdames et messieurs du Canada anglais, je dois, de toute urgence, vous faire observer que l’interprétation « séparatiste » de la nouvelle désignation ICI pour Radio-Canada est un malentendu regrettable. Bien sûr, ICI signifie « here » mais il ne s’agit en rien de dire « ici au Québec ». De fait, il n’y a pas la moindre référence au Québec dans cette désignation. Il est absolument crucial que vous compreniez que, quand le service de diffusion anglophone dit: “This is CBC”, nous, de l’autre côté de la boite de Corn Flakes, on dit: “Ici Radio-Canada”

  • François Dugal - Inscrit 6 juin 2013 21 h 35

    ICI ou «Imperial Chemical Industries»

    ICI, acronyme de la compagnie Imperial Chemical Industries, est une marque de commerce déposée.
    Je crains que Radi-Canada ne se soit mis les pieds dans les plats.