Pierre Bourgault en cinq temps

Pierre Bourgault en 1983
Photo: Jacques Grenier - Archives Le Devoir Pierre Bourgault en 1983

La Première Chaîne de Radio-Canada marque le 10e anniversaire du décès de Pierre Bourgault (1934-2003) en diffusant un grand portrait radiophonique étendu sur cinq heures. La série C’était Bourgault sera en ondes le matin, de 10 h à 11 h, du lundi 10 au vendredi 14 juin.

La création originale de la réalisatrice Marie-Claude Beaucage prend appui sur les témoignages d’une bonne trentaine de personnalités qui ont connu ou admiré le grand communicateur, pionnier du mouvement indépendantiste. On y croise Guy A. Lepage, Gabriel Nadeau-Dubois, Denise Bombardier ou Marie-France Bazzo. Deux ex-premiers ministres souverainistes du Québec, Jacques Parizeau et Bernard Landry, participent à l’exercice.


L’animateur Franco Nuovo mène les conversations. Des extraits tirés des très riches archives de Radio-Canada complètent la biographie sonore


C’était Bourgault, donc, oui mais lequel ? La série thématique en propose cinq, un par jour : l’homme de mots, le militant, l’homme des médias, le mentor et l’homme tout court.


« Je trouvais cet homme éminemment moderne dans toutes ses incarnations professionnelles, explique la réalisatrice Marie-Claude Beaucage, qui participait lundi matin à la conférence de presse promotionnelle. C’était très rare à cette époque. Il a été comédien, journaliste, chroniqueur, animateur à la radio dans tout plein d’émissions à Radio-Canada et ailleurs. Il a été militant politique, ça, on le sait bien, beaucoup en marge des partis. Il a été un professeur marquant. Je trouve aussi intéressant de proposer un document radiophonique. Lui-même disait qu’il voulait repousser les limites de la radio. »


L’exploration audacieuse se poursuit puisqu’un livre numérique gratuit accompagne la diffusion. Il sera disponible sur le site radio-canada.ca à compter de lundi prochain.


La série C’était Bourgault sera analysée plus en détail dans l’édition de samedi du Devoir.

9 commentaires
  • Jacques Boulanger - Inscrit 4 juin 2013 06 h 50

    Le plus grand

    Un grand orateur. Le plus grand. Un homme superbement brillant. Je me souviens d’un débat contradictoire entre lui et Maurice Allard, député conservateur de Sherbrooke. Ç’avait été un massacre. Il ne craignait personne. Même Pierre Elliot-Trudeau refusait de croiser le fer avec lui.

  • Vincent Bussière - Inscrit 4 juin 2013 07 h 49

    Certains regrets!

    J'ai toujours trouvé assez malheureux que René Lévesque n'ait pas pu sentir Bourgault dans sa soupe, ce dernier si il avait une belle plume était à son meilleur dans des débats oratoires, aucun ne lui allait à la cheville, il serait intéressant de réentendre le débats de Bourgault, particulièrement quand ils étaient en anglais, j'étais très fier de lui, il s'exprimait avec aisance dans la langue de l'auteur de Roméo et Juliette, ses discours reflétaient nos convictions nationalistes, ils étaient d'une telle pertinence, l'homme connaissait son sujet comme peu de ses concitoyens, eu-il été élu à l'Assemblée Nationale qu'il aurait fait un formidable adversaire face aux députés de l'opposition et c'est sur que toutes ses interventions auraient su enflammer les québecois. Une série télévisée serait plus appropriée et ferait mieux connaitre le grand personnage qu'il était.

    • Michel Gagnon - Inscrit 4 juin 2013 08 h 45

      J'ai toujours considéré que le PQ a fait une grave erreur en tassant ainsi Pierre Bourgault au lieu de lui accorder une place importante dans le travail d'«éducation» du peuple québécois à ce que peut représenter l'Indépendance du Québec. Il avait peut-être une «mauvaise réputation» , et il faisait peut-être peur au début, mais je suis persuadé qu'à la longue, sa grande éloquence (autant en français qu'en anglais effectivement), son intelligence, son authenticité, son honnêteté, et la pertinence de ses analyses, auraient réussi à convaincre une majorité de Québécois du bien-fondé de l'Indépendance, et ce avant sa mort. Ce serait donc chose faite!

    • Pierre Cantin - Abonné 4 juin 2013 12 h 30

      Je suis d'accord qu'une émission radio ne rend pas l'éloquence d'un extrait vidéo : http://youtu.be/JF4vUJ1sB-w

  • Zohra Joli - Inscrit 4 juin 2013 09 h 21

    Irrempacable

    Hélas on n'a plus de journaliste ( ni de politicien ) qui osent appeler un chat " chat ".
    On lit les mêmes menteries copiées sur CNN, ou rien que des articles sensationnalistes ou superficiels. Quelle perte !

  • France Marcotte - Inscrite 4 juin 2013 10 h 15

    Nostalgie

    Ah qu'il était grand!
    Quelle perte!

    Mais aujourd'hui? Y aurait-il des grand-es qu'on ne verra que demain et dont on aurait tant besoin?

  • Maxime Dion - Inscrit 4 juin 2013 14 h 18

    Robert Bourassa a tiré Pierre Bourgault de la misère...

    << (…) La nouvelle du sabordage du RIN rend tout d'abord René Lévesque fou de rage. L'ancien ministre de Jean Lesage ne veut pas des gens du RIN au sein du PQ. Ni collectivement, ni individuellement. Il n'en a jamais voulu (…)>> -Jean-François Nadeau *

    Et dire que c’est Robert Bourassa qui a tiré Pierre Bourgault de la misère, en lui trouvant du travail…

    * Au sujet de la mesquinerie de René Levesque envers Pierre Bourgault, il faut relire le très bon papier de Jean-François Nadeau :

    http://www.ledevoir.com/culture/livres/155337/leve

    http://www.ledevoir.com/culture/livres/155339/leve