Le Voir devient bimensuel

Photo: - Le Devoir

L’hebdomadaire culturel Voir devient un journal bimensuel. Le gratuit va passer d’une édition par semaine à deux par mois à compter de l’été. La version papier sera consacrée à des reportages de fond et des analyses tandis que le site voir.ca se concentrera sur l’actualité quotidienne.

Le rédacteur en chef Simon Jodoin explique et décrit cette mutation dans sa dernière chronique postée en ligne mercredi. Il rappelle la crise économique qui «doit bien durer depuis 2008» et l’éclatement des modèles médiatiques traditionnels, avec multiplication des émetteurs, revenus publicitaires en baisse et triomphe impérial de nouveaux conglomérats (Google, Facebook) qui accaparent les revenus.

«Même les grands quotidiens sont désormais distribués gratuitement tous les matins, c’est dire!, écrit-il. Ajoutez à cela que le Voir est un média culturel, prenez en compte que ce secteur d’activité vit dans une constante inquiétude budgétaire, et vous comprendrez, si vous savez compter, qu’il n’y a pas de sornettes à se raconter : chaque journée qui passe est un combat.»

Seulement, ajoute M. Jodoin, «la crise est terminée » pour le Voir qui dévoile donc un plan d’affaire « pour la prochaine année». Ce programme mise sur le portail commercial Boutique.voir.ca et des blogues à profusion, deux virages amorcés depuis quelques mois. S’y ajoute maintenant l’Atelier Web, un service de design et de gestion de sites Internet. Celui du festival Montréal complètement Cirque a été conçu selon ce modèle.

Le papier demeure et le rédacteur en chef promet que l’équipe du Voir aura pour mission d’écrire encore plus pour ce bon vieux format. «Un seul changement est prévu: nous allons consacrer nos énergies dans le journal papier à vous offrir des articles longs, plus en profondeur. Tout le contenu chaud, pris sur le vif, sera publié en continu sur le Web, ce qui inclut les critiques de spectacle, les nouvelles, les brèves, etc. Dans le bon vieux journal, que nous allons publier deux fois par mois à partir de cet été, nous allons nous consacrer à des dossiers, des reportages et des entrevues de fond, bref, des contenus qui sauront tenir leur place au rythme plus lent du papier.»

Presque toutes les publications sont confrontées aux mêmes problèmes et les solutions diffèrent d’un journal ou d’un magazine à l’autre. L’arrimage entre le papier et les versions dématérialisées prend toutes sortes de formes, allant de la gratuité totale à la vente des déclinaisons, avec des modulations subtiles de l’une ou l’autre option. Voir maintient donc le choix de la gratuité qui le caractérise depuis plus d’un quart de siècle tout en explorant la diversification des sources de revenus, une tendance amorcée avec la production d’émissions de télé.

Le magazine culturel a été fondé à Montréal en 1986. Il est toujours indépendant. Dans une première phase de développement, Voir a misé sur des versions régionales et un équivalent anglophone (Hour). Ses éditions papiers comptent de moins en moins de pages avec de moins en moins de place pour l’espace rédactionnel. Le site voir.ca a par contre pris une grande expansion au cours des dernières années.
2 commentaires
  • Pierre Denis - Inscrit 15 mai 2013 20 h 01

    Triste nouvelle

    Ça sent le début de la fin selon moi. Et dire qu'il y a encore de nos bons dretteux pour chialer que la presse écrite au Québec est noyautée par une gang de gauchistes. Avec Gesca et Québécor qui contrôlent la grande majorité de ce qui s'écrit dans la belle province et qui appartiennent respectivement à un des pires prédateurs financiers de la planète et un "libère, t'as rien" convaincu...

    Misère.

  • Sylvain Auclair - Abonné 15 mai 2013 20 h 38

    Bimensuel ou semi-hebdomadaire?

    Va-t-il sortir deux fois par mois ou aux deux semaines? 24 ou 26 fois par an?