Statu quo musical pour Radio X Montréal

CHOI Radio X de Montréal ne peut abandonner sa programmation musicale, héritée de Radio Jazz, selon une décision rendue publique jeudi par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), organisme fédéral gardien de ses ondes. La station peut par contre continuer d’opérer avec sa grille parlée pour une moitié de la journée. Elle entend revenir à la charge avec sa demande de mutation complète au moment du renouvellement de sa licence qui expire le 31 août 2013.


« C’est le statu quo pour la programmation », résume Raynald Brière, président et chef de la direction de RNC Media, propriétaire de la chaîne montréalaise et de quinze autres chaînes radiophoniques au Québec. « Nous allons donc continuer de diffuser du contenu verbal de 6 h à 18 h. Nous voulions retirer l’obligation de la musique jazz pour l’autre 50 % et on nous le refuse pour l’instant. »


RNC Media veut convertir la formule musicale du 91,9 FM de Montréal héritée de l’ancienne radio consacrée au jazz et au blues (CKLX FM). Radio X Montréal est entrée en onde le 20 mai 2012.

 

Pertes financières


Le propriétaire explique « subir des pertes financières importantes liées à la non-rentabilité de la formule jazz et blues dans la région de Montréal », selon les documents déposés auprès du CRTC. Divers intervenants ont disputé la volonté de mutation auprès de l’organisme, notamment des groupes de défense de la musique, des stations communautaires et 4000 signataires d’une pétition. En plus, la nouvelle chaîne ne respecte pas toutes les contraintes de sa licence actuelle, par exemple en diffusant des sélections musicales jugées hors du créneau attendu. Par contre, la radio est en conformité par rapport aux « niveaux de diffusion de créations orales ».


Le Conseil refuse le changement réclamé tout en le trouvant justifié du point de vue économique, surtout dans le contexte où le 98,5 domine fortement le créneau. Le CRTC rappelle que dans les cas précédents semblables les demandes visaient plutôt à modifier la formule musicale plutôt qu’à la remplacer. Il évoque la protection nécessaire des stations communautaires et l’arrivée prochaine d’une nouvelle radio AM parlée de TTP Media à l’automne, à laquelle il s’agirait de ne pas nuire.


« C’est toujours notre souhait de réussir cette transformation et on continue le travail, explique M. Brière. Ça va prendre un certain temps. Ce n’est pas simple de lancer une nouvelle station de radio à Montréal, dans un univers aussi concurrentiel. On va donc revenir à la charge auprès du CRTC. On a vu d’autres entreprises le faire. Je pense à Bell et Astral. Le Conseil ne dit pas non pour toujours. C’est à nous de faire la démonstration de la valeur de notre proposition. »


Public cible


Le président de RNC Media admet la relative faiblesse d’attraction de son nouveau bébé. Il ajoute que l’auditoire ne fait pas foi de tout et demande de la patience. « À ce compte, Le Devoir devrait fermer ses portes parce qu’il fait 30 000 copies par jour ? Le Devoir vise une cible et nous en visons une, celle des 18-49 ans, où nous faisons trois parts de marché en moyenne. Nous sommes positionnés vers une cible différente du 98,5. Nous sommes plus à droite, nous le reconnaissons. Nous sommes relativement satisfaits après 6 mois. J’ai toujours dit qu’il faudrait mettre de 18 à 24 mois pour atteindre nos objectifs. »

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