Le diocèse de Québec défend Mgr Ouellet

Le nom du cardinal Marc Ouellet est apparu sur la liste noire d’une association de victimes de prêtres.
Photo: Gregorio Borgia AP Le nom du cardinal Marc Ouellet est apparu sur la liste noire d’une association de victimes de prêtres.

Le diocèse de Québec reproche à une association américaine de victimes de prêtres d’avoir traité de « salopards » le cardinal Marc Ouellet et onze autres cardinaux de l’Église.

 

Le Survivors Network of Those Abused by Priests (SNAP) a publié cette semaine une liste noire de cardinaux qui prendront part au conclave et qui sont accusés par le SNAP d’avoir étouffé des scandales sexuels au sein de l’Église. Les prélats sont présentés comme les « dirty dozen » en référence au film Les douze salopards.
 

« Aucun des douze cardinaux de la liste noire mérite de se faire traiter de salopard, a dit jeudi en conférence de presse Jasmin Lemieux Lefebvre, directeur des communications du diocèse. On peut diverger d’opinion. On peut questionner [sic] les positions de l’Église, mais je crois que, à quelques jours du conclave, on se doit d’élever le débat. »

 

Des excuses

Mais en soirée jeudi, le SNAP a présenté des excuses pour avoir employé l’expression « dirty dozen » pour décrire les 12 hommes. Dans une déclaration transmise par courriel, David Clohessy, l’un des trois employés du groupe, soutient que le SNAP est incapable de surveiller de quelle façon se traduit dans diverses langues le titre de ce film sorti en 1967.
 

Mgr Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques, est « blacklisté » par le SNAP parce qu’il aurait tardé à demander la démission du cardinal écossais O’Brian, accusé personnellement d’abus sexuels. Le groupe américain lui reproche aussi de ne pas avoir rencontré les victimes de pédophilie dans son propre diocèse.
 

Le porte-parole du diocèse a aussi reproché à certains médias de rappeler que le frère du cardinal, Paul Ouellet, a plaidé coupable à des accusations d’agressions sexuelles sur mineur. « Bien sûr, les médias ont toujours la liberté de parole, mais moi, j’en appelle à la conscience des professionnels des communications, a dit M. Lemieux Lefebvre. S’il vous plaît, cessez de mentionner le frère du cardinal Ouellet comme étant une ombre au tableau du cardinal. Le frère du cardinal a payé sa dette à la société. »

 


Avec La Presse canadienne

17 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 8 mars 2013 00 h 29

    Pourquoi?

    Je me demande pourquoi le diocèse de Québec se sent obligé de défendre le cardinal Ouellet. À ce que je sache, le prélat est vacciné majeur et il peut donc se défendre lui-même, s'il le juge à-propos. Je me demande par contre s'il n'y a pas une campagne anti-Ouellet pour pape organisée par certains milieux ou personnes.

  • Robert Henri - Inscrit 8 mars 2013 05 h 53

    Le «diocèse» de Québec...

    Comme disait l'autre, le diocèse prêche pour sa paroisse ?

  • Nestor Turcotte - Inscrit 8 mars 2013 06 h 50

    Peu impoerte qui...

    Peu importe qui sera élu pape, il y aura forcément des mécontents. Surtout venant de ceux qui ont abandoné l'Église. Chacun veut une Église selon ses critères et ceux-ci tournent tous autour du sexe. Il a toujours fait problème et il le fera toujours. Les Grecs avaient raison de dire que le sexe est un petit animal autonome dans le gros animal et que la seule façon de le calmer, c'était de l'envoyer dans les pattes d'un autre gros animal.

    Jadis, on accusait les membres du clergé de parler que du sexe. Ils n'en parlent plus: ce sont les média qui nous causent de la chose et ils semblent s'en saliver les babines. La chose captive...et il en sera ainsi jusqu'à la fin des temps.

    Les chrétiens catholiques romains semblent oublier que la tête de l'Église est le Christ lui-même et que ceux qui croient en Lui ne peuvent changer les fondements de cette Église. On pourrait même dire, sans errer, que l'Église est éternelle en sans Tête, en son Origine, qui est Dieu lui-même. Elle est dans le temps mais hors du temps.

    Les pauvres hommes qui la dirigent font leur possible. Ils restent des humains et certains me scandalisent comme, sans doute, je scandalise aussi les autres par certains de mes gestes. J'ai lu l'histoire des papes. Pas toujours édifiant. Mais l'Église tient toujours. A cause de sa Tête. Pas toujours à cause de quelques uns de ses membres. Les autres font bien leur travail. J'ai pu le vérifier dans les pays du Tiers-Monde.

    Le personnel médiatique fait aussi son possible. Il rapporte les faits. Pas toujours bien vérifiés. Les verbes au conditionnel affluent. Mais, bon, c'est normal. Pour faire une nouvelle, il faut bien étirer.

    Le prochain pape va surprendre. Il ne changera rien à la doctrine du Christ. Il ne fera que la vivre davantage. Ce sera un mystique. Et c'est ce que le monde contemporain a besoin: un homme d'intériorité. Un homme de prière. Un homme qui s'abreuve du silence et de la contemplation.

    • Michel Lebel - Abonné 8 mars 2013 08 h 22

      Jean-Paul II et Benoît XVI n'étaient guère portés vers l'administration! Je les comprends! Mais certains semblent avoir profité indûment de leur désintérêt pour la chose. Le prochain pape, s'il demeure dans cette continuité, devra absolument s'entourer de gestionnaires solides et de confiance absolue. Car la gestion du Vatican semble assez vacillante! À suivre!

    • Sylvain Auclair - Abonné 8 mars 2013 10 h 56

      Une Église éternelle? Vous m'en direz tant. Le célibat des prêtres a été décrété au XIe siècle (et l'interdiction d'ordonner des hommes mariés, au XIIe!). Le mariage est devenu un sacrement au XIIIe siècle. Et le pape n'est infaillible que depuis moins de 150 ans...

      On dirait que le Christ change souvent d'idée...

  • Yvon Bureau - Abonné 8 mars 2013 07 h 13

    La Sainte T

    T, comme dans Transparence !

    Madame Anne-Marie Dussault au 24/60 d’hier, a très bien fait de parler et d'insister pour dire et redire au directeur des communications du Diocèse de Québec de parler de TRANSPARENCE.

    Hors de la transparence, point de crédibilité.

    M le directeur, parlez-nous donc des résultats de la politique zéro vs la pédophilie dans votre diocèse. Pour moi, les prêtres et les religieux qui ont fait acte de pédophilie, péché plus que mortel, sont les salopards. Quant à ceux qui les ont couverts ou non dénoncés ou non envoyés devant les tribunaux, ils en sont les cousins rapprochés.

    L'heure est à la Sainte T, monsieur le directeur des communications. Et pour tous les dirigeants. Crédibilité exige.

  • Marc Lacroix - Abonné 8 mars 2013 07 h 58

    Si l'Église n'a rien à cacher...

    M. Bureau, vous avez tout à fait raison lorsque vous évoquez la transparence si l'Église veut se rapprocher des gens, il faut qu'elle cesse de laisser l'impression qu'elle cache des choses sous sa soutane. Si M. Ouellet a voulu retarder que la lumière se fasse sur certains évènements, qu'il vive avec... et si au contraire, il s'est montré un véritable défenseur des abusés, qu'on nous explique et parle de faits, pas de bons sentiments tout aussi vagues que généraux.

    L'Église ne peut plus se permettre de rester dogmatique et au-dessus des gens du peuple, elle doit faire corps avec le peuple et ne plus se présenter comme supérieure. Elle ne peut non plus être incohérente avec les valeurs des évangiles sous le couvert d'une tradition qu'on présente comme "inspirée", mais qui reste malgré tout bien humaine. L'Église en tant qu'institution doit évoluer, comme le reste de l'humanité — si elle refuse, elle disparaîtra comme ont disparu les dinosaures.

    • Nestor Turcotte - Inscrit 8 mars 2013 09 h 15

      Cher Monsieur,

      Vous avez une conception purement humaine de l'Église. Celle-ci a une tête: le Christ. En ce sens, elle ne peut disparaître. Le Christ est le chef de l'Église, les chrétiens sont son Corps (corps mystique).

      Certains membres ne sont pas à la hauteur. Personne ne l'est d'ailleurs. Tous pécheurs. C'est pourquoi, chacun a besoin d'un Sauveur. Un unique Sauveur.

      Je ne peux approuver les désordres de certains. Désordres graves. Ceux qui scandalisent les enfants, surtout les enfants, méritent, selon le CHRIST, qu'on leur attache une meule de moulin au coup et qu'on les précipite à la mer. C'est une parabole sémitique pour dire: ils sont inexcusables.

    • Marc Lacroix - Abonné 8 mars 2013 09 h 34

      À M. Turcotte,

      À ce que je sache, les religieux, incluant le pape sont "humains". On peut bien affirmer que l'Église est dirigée par le Christ, mais il s'agit d'une métaphore, pas d'un fait — prétendre le contraire constitue une pétition de principe.