Gilles Proulx à la radio du Journal de Montréal

Gilles Proulx (Photo d'archives)
Photo: Jacques Grenier Le Devoir Gilles Proulx (Photo d'archives)

L’animateur Gilles Proulx reprend du service au micro d’une nouvelle radio web diffusée sur le site journaldemontreal.com. Il « rallume la mèche » de son célèbre Journal du midi, comme il l’a dit, ce lundi, en ouverture de sa première mouture.

M. Proulx a pris sa retraite de la radio traditionnelle il y a cinq ans. Il a animé Le Journal du midi pendant un quart de siècle à CJMS (1984-1994), CKAC (1994 à 2004), puis au 98,5 FM (2004-2008).

« Ce sera un mini-Journal du midi de 30 à 45 minutes dans lequel je vais soit m’alimenter des exclusivités du Journal du matin, soit sortir des bombes avec lesquelles le Journal ira plus loin, explique Gilles Proulx dans un article du quotidien. Il y a au Journal de Montréal un petit studio de radio très enviable, avec des micros ultramodernes et tout l’équipement nécessaire. Le Journal de Montréal est avant-gardiste. C’est le seul au Québec me dit-on, à avoir sa propre station de radio à même le journal. »

Les quotidiens se transforment de plus en plus en médias multiplateformes, avec leurs sites Internet pour fédérer les productions écrites ou audiovisuelles. La webradio permet une formule très souple, y compris pour jouer avec le temps de diffusion.

La première émission a duré environ 35 minutes. Elle a évidemment concentré le tir sur l’éducation, Sommet sur l’enseignement supérieur de Montréal oblige. Gilles Proulx est resté fidèle à lui-même, avec son caractère bouillant, ses jugements à l’emporte-pièce, pour ne pas dire dogmatiques, sa hargne assumée des corporations et des institutions.

Deux journalistes en poste à Montréal et à Québec ont présenté des sujets connexes. Sarah-Maude Lefebvre a résumé son article du jour à propos du contrat d’embauche de la rectrice de l’université McGill Heather Munroe-Blum qui prévoit un salaire de 500 000 $ par année, des allocations de 16 000 $ pour une voiture et des remboursements des frais d’adhésion à des clubs privés.

Les collègues ont semblé un peu déstabilisés par les questions de Gilles Proulx, réputé fort en gueule. Il a par exemple demandé à Charles Lecavalier, correspondant parlementaire, combien il avait d’années expérience comme journaliste en poste à Québec. « Deux ans », a répondu le jeune reporter qui tentait de résumer les enjeux du Sommet sur l’enseignement supérieur. « Vous allez voir, avec le temps, que les sommets ne servent à rien », a tranché l’animateur.

Le Journal du midi utilisera aussi les chroniqueurs vedettes de la plateforme. La première mouture a appelé au confessionnel médiatique Joseph Facal et Gilles Duceppe, « des poids lourds de l’opinion publique », comme les a présentés l’animateur.

Les échanges entre les deux Gilles, Proulx et Duceppe, ont été les plus corsés. L’animateur idéalisait l’école d’autrefois tandis que l’ex-politicien nuançait les critiques de l’institution actuelle. Il a défendu l’école publique et rappelé que sa femme est une retraitée de l’administration scolaire qui a dirigé une polyvalente de Montréal.

« C‘était peut-être pas la meilleure émission, mais demain elle sera encore meilleure », a finalement promis Gilles Proulx.

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