Netflix gagne et mise gros

Le titre de la chaîne Internet fondée en 1997 a enregistré une hausse de 42 % la semaine dernière, alors que les investisseurs célébraient d’exceptionnels résultats au quatrième trimestre de 2012. Netflix a terminé décembre avec deux millions d’abonnés de plus, pour dépasser le total de 27 millions de clients. Le titre a encore pris 4,3 % mardi, pour clôturer à 169,12 $.


L’entreprise de Los Gatos en Californie est maintenant la plus populaire au monde dans son secteur, avec des abonnés dans une quarantaine de pays, dont le Canada. L’abonnement à 8 $ par mois permet un accès libre et illimité à une banque de quelque 10 millions de films et d’émissions de télévision. Netflix, c’est le triomphe du téléchargement légal.


Le service de distribution se lance maintenant dans la création. Sa série originale prendra l’affiche vendredi. Elle s’intitule House of Cards, est produite par David Fincher (Seven, The Social Network), est scénarisée par Beau Willimon (Ides of March) et met en vedette Kevin Spacey (American Beauty). La production à très gros budget (on parle de 100 millions pour deux saisons de 13 épisodes chacune) s’inspire d’une série britannique d’il y a 20 ans, campée dans la période post-thatchérienne, elle-même basée sur un best-seller de Michael Dobbs, conseiller et député conservateur.


Netflix a déjà financé une autre production originale, Lilyhammer, diffusée l’an dernier. D’autres projets sont en développement, dont une comédie du Britannique Ricky Gervais.


Les dirigeants de la compagnie ne cachent pas leur espoir que le thriller politique maison puisse faire pour eux ce que The Sopranos a fait pour la chaîne spécialisée HBO dans les années 2000. Cette série campée dans la mafia du New Jersey a confirmé la vague des superproductions dramatiques et guidé la fiction télévisuelle vers un nouvel âge d’or.

 

Poids croissant


Pour frapper un grand coup et respecter le principe de la vidéo à la demande, House of Cards sera disponible au complet, d’un seul coup. Les amateurs consomment souvent leurs séries favorites en glouton, d’où, d’ailleurs, le succès exponentiel de Netflix.


À l’heure de pointe, en soirée, Netflix compte pour près du tiers du trafic en ligne en Amérique du Nord. Les tablettes numériques stimulent cette suractivité. The Media Technology Monitor vient de dévoiler un sondage montrant que 21 % des anglophones du Canada et 5 % des francophones étaient abonnés à Netflix l’automne dernier, un saut de 50 % par rapport au printemps 2012.


Le cinquième (5 % des anglos et 4 % des francos) de ces utilisateurs regarde maintenant la télé sur leurs appareils. Au total, le quart des répondants disaient se brancher en ligne pour regarder la télé, y compris sur téléphone.


Le poids croissant de Netflix Canada, malgré une faible sélection de films et de séries en français, pousse les autres gros joueurs à réagir. En défendant sa défunte offre d’achat d’Astral, l’an dernier, Bell promettait de mettre en place une chaîne Internet entièrement canadienne. Vidéotron y arrivera bientôt avec son Club à volonté, un service de vidéo en ligne qui donnera accès à un catalogue francophone.


La chaîne sera vraisemblablement accessible à tous (et pas seulement aux abonnés de Vidéotron) pour environ 10 $ par mois, soit 2 $ de plus que l’abonnement à Netflix. Les abonnés d’Illico de Vidéotron pourront visionner une partie du contenu sur le canal 900, pour éviter d’utiliser la bande passante qu’il faut payer en surplus, le handicap majeur de Netflix.

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