Bisbille à l’émission Les francs-tireurs

Pour une fois, les « snipers de l’info » ont retourné l’arme contre eux-mêmes. Un reportage de l’émission Les francs-tireurs de Télé-Québec (TQ) sur CHOI 91,9 FM, la nouvelle radio X de Montréal, diffusé le mercredi 26 septembre, a stimulé de vives tensions au sein de l’équipe de production.

Le lendemain, le coanimateur de l’émission Richard Martineau a profité de sa chronique hebdomadaire sur les ondes de la même radio pour critiquer certains aspects du reportage télévisé préparé par l’autre animateur, Patrick Lagacé. Il a craché dans la soupe, quoi. Des membres de l’équipe en ont pris ombrage. La chicane a culminé avec une réaction vitriolique de M. Martineau, par courriel. La discorde n’a cependant duré qu’un temps, au moins en apparence, et Les francs-tireurs étaient à nouveau en ondes mercredi soir.


« Richard s’est désolidarisé de l’équipe », explique au Devoir Jean-Pierre Paiement, le producteur des Francs-tireurs pour la maison Zone 3. Il ajoute que M. Martineau n’avait pas visionné le segment sur radio X avant sa diffusion. « Le fait qu’il n’ait pas aimé le topo ne pose pas de problème. On est habitué aux discussions musclées entre nous. […] Il n’y a rien de grave dans toute cette affaire-là. C’est juste que d’aller le faire à la radio a déplu. Je l’ai dit à Richard et je lui ai réécrit à ce sujet. »


Patrick Lagacé affirme que la poussière est retombée. « Pour moi, l’incident est clos et on passe à autre chose », dit-il laconiquement en entrevue téléphonique.


Richard Martineau a préféré s’expliquer dans son blogue du Journal de Montréal (JdeM) après la demande d’entrevue du Devoir. Il a reproduit « la note interne écrite dans un coup de cafard ». Comme dans sa chronique radiophonique, il y répète avoir « critiqué les propos tenus » par un trio de commentateurs invités à se prononcer sur la radio X, sans avoir toutefois visé le travail de son coanimateur ou de l’équipe des Francs-tireurs. Il dit aussi, comme dans son courriel envoyé aux collègues, avoir été blessé par l’accusation de « manque de solidarité ».


En écoutant le commentaire radio, on comprend que Richard Martineau déplorait surtout la présence du chroniqueur de La Presse Marc Cassivi dans le trio des critiques sévères interviewé par Patrick Lagacé. L’animosité entre M. Cassivi, M. Martineau et sa femme Sophie Durocher, également chroniqueuse au JdeM, dure depuis longtemps.


En fait, le principal intérêt de cette chicane interne se concentre peut-être là, dans cette énième mise en évidence des liens intriqués entre les journalistes et les médias au Québec. Au total, on se retrouve avec un chroniqueur de La Presse (Patrick Lagacé) qui en interviewe un autre (Marc Cassivi) sur les ondes de TQ au sujet de l’arrivée d’une nouvelle radio à Montréal, ce qui fait réagir le coanimateur de TQ qui est aussi un chroniqueur du JdeM (Richard Martineau) sur les ondes de ladite radio où il se prononce sur une base régulière, ce qui déclenche une chicane dans l’équipe du producteur privé (Zone 3), puis des explications dans le blogue du chroniqueur-animateur et des réactions dans les nouveaux médias, jusqu’à cet article dans Le Devoir…

8 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 4 octobre 2012 08 h 34

    Les poubelles

    Ça barde chez les éboueurs!

  • Mark Beaton - Inscrit 4 octobre 2012 09 h 05

    Tellement désolant.

    Martineau est méconnaissable aujourd'hui. Il a connu des grands moments avec les Francs-Tireurs et maintenant ce ne sont que la facilité intellectuelle et le sensationali$me qui comptent pour lui.

    • François Lauzon - Inscrit 4 octobre 2012 12 h 21

      Sensationalisme? Peut-être que la culture d'entreprise PKP l'influence...

    • Solange Bolduc - Inscrite 5 octobre 2012 15 h 52

      Martineau a toujours été fidèle à lui-même : un mauvais tireur !

  • Pierre Schneider - Inscrit 4 octobre 2012 09 h 09

    Les intérêts

    Quand un chroniqueur sème à tous vents, il ne peut que se piéger lui-même dans des conflits d'intérêts. On ne peut plaire à tout le monde et à son père. À trop parler et écrire, on n'a guère le temps de réfléchir.

    • Jérémie Poupart Montpetit - Inscrit 4 octobre 2012 11 h 45

      Bien d'accord, je rajouterais mpeme qu'à trop parler et écrire, on en devient insipide

  • Patrick Lépine - Inscrit 5 octobre 2012 02 h 55

    Il est presque toujours mortel de zieuter le canon...

    Il est très dangereux et même mortel de zieuter par la bouche du canon voir si une cochonnerie obstrue celui-ci ou empêche le coup de partir sans avoir préalablement éjecté toutes cartouches se trouvant encore logées dans l'arme.

    Monsieur Martineau après avoir tiré un coup de trop, sent une cartouche exploser, et regarde par la "lorgnette" ce qui se passe... "Bang"!

    Le plus pathétique ce sont ces cinq misérables dernières lignes de son mémo à l'endroit de son équipe...

  • Solange Bolduc - Inscrite 5 octobre 2012 15 h 49

    Le mal aimé, Martineau !

    Comment faire confiance au bon jugement de Martineau, petit opportuniste de bas niveau, virevolant de branche en branche sans trop savoir pourquoi, excepté pour cultiver sa notoriété tronquée !

    "Chante rossignol chante, toi qui as le coeur gai: Il y a longtemps que je t'aime, jamais je ne t'oublierai! "