Le Conseil de presse blâme Richard Martineau

Le Conseil de presse du Québec (CPQ) retient une plainte pour « information inexacte, propos discriminatoires et préjugés » formulée contre le chroniqueur Richard Martineau du Journal de Montréal (JdeM). Le tribunal d’honneur a rendu sa décision le 21 septembre dans ce dossier.


La plainte déposée le 24 avril dernier par Maxime Dufour visait M. Martineau et le JdeM à la suite d’une chronique publiée le même jour sous le titre « La CLASSE ou la CASSE ? » Le plaignant reprochait au chroniqueur d’avoir attribué à la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) la phrase suivante : « Nous sommes des citoyens responsables, nous appuyons seulement le vol et le vandalisme, pas les agressions physiques… ».


M. Dufour a souligné qu’il est faux de prétendre que la CLASSE appuie le vol et le vandalisme, qu’elle ne les a en fait jamais cautionnés. Il a ajouté que la Coalition défend plutôt l’idée d’évaluer au cas par cas les actions de désobéissance civile.


Dans son jugement, le CPQ donne raison au plaignant. Le tribunal note que le chroniqueur « justifie son affirmation en présentant une citation qu’il invente de toutes pièces, induisant ainsi le lecteur en erreur ». La décision ajoute qu’« en publiant des affirmations qui déformaient [la] réalité, le chroniqueur a véhiculé des propos discriminatoires et des préjugés envers les membres de cette coalition étudiante ».


Le Journal de Montréal a refusé de répondre à la plainte et de participer au processus de son examen. La publication reçoit donc en plus un blâme pour cet entêtement.


Le JdeM appartient à Quebecor qui a décidé de se retirer du Conseil de presse en 2010, lui reprochant des décisions jugées « arbitraires » et « biaisées ». Le président du Conseil, le juge à la retraite John Gomery, a suggéré au gouvernement de légiférer pour forcer toutes les entreprises médiatiques à intégrer son organisme et à participer à ses prises de décisions. Quebecor a ensuite menacé de contester la constitutionnalité de toute législation qui irait dans ce sens. The Gazette est du même avis.


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Ce texte a été modifié après publication

15 commentaires
  • - Inscrit 2 octobre 2012 15 h 24

    Une peste jaune !

    Le jaunisme de Quebecor et de pseudo-journalistes est une des plaies que vit le monde des médias au Québec et qui en tache la démocratie et la juste information dont ont besoin les citoyens pour se faire leur idée.
    Ce qui fait problème n'est pas la position idéologique droitière de Martineau, mais la malhonnêteté intellectuelle et le populisme de plusieurs chroniqueurs, qui visent uniquement à faire leur autopromotion auprès d'un public désinformé et dont on abuse pour polariser les options et ainsi favoriser les solutions droitières de l'ordre et d'une loi des possédants et des puissants.
    Il y a d'ailleurs un lien idéologique entre la montée de la droite extrême qui pointe au Québec et cette presse jaune auxquelles participent les vidangeurs de la radio poubelle de Québec ... et maintenant de Montréal.
    S'il n'y a pas vigilance, les pires dérives peuvent arriver. Il n'est qu'à savoir que les dérives extrêmes des années 1930 ont été nourries par les propagandistes démagogues de la radio (Hue Long, Coughlan...) et ici par des journalistes tels Adrien Arcand.

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 2 octobre 2012 18 h 39

      Pourquoi Télé-Québec donne-t-elle tant de visibilité à M Martineau? Il n'est pas un journaliste, il est un pamphlétaire avec une grande g... . Son opinion ne vaut pas plus que celle du premier quidam rencontré sur la rue.

  • - Inscrit 2 octobre 2012 15 h 33

    Et Télé-Québec ?

    .... Et d'ailleurs, je ne sais pas pourquoi (quioque je m'en doute) Télé-Québec a mis en ondes ce personnage, qui appartient plus au monde de la variété qu'à celui du journalisme.

    Vivement, un resserrement de la rigueur journalistique à Télé-Québec afin de rehausser le contenu et le contenant afin que puissent se tenir des débats de sociétés dont nous avons grandement besoin.

    • Hélène Paulette - Abonnée 2 octobre 2012 17 h 05

      Ce n'est pas à Télé-Québec que Martineau commet ses frasques mais chez Péladeau....

  • Yves Claudé - Inscrit 2 octobre 2012 15 h 51

    La CLASSE et ses dérives antisociales dans la «diversité des tactiques» …

    Le Conseil de presse «blâme» M. Martineau» … soit ! Mais cela ne permet pas d’évacuer une question éthique majeure, qui était malgré tout posée par le «chroniqueur» du Journal de Montréal.

    En effet, d’une manière répétitive, les congrès de la CLASSE ont mis de l’avant une notion très douteuse de «diversité des tactiques», qui a servi de prétexte à diverses dérives antisociales. Que ce soit la participation de la CLASSE au “carnaval antipolicier” du 15 mars, ou diverses «actions de perturbations» qui ont pris pour cibles citoyens et travailleurs.

    Ainsi, le Congrès de la CLASSE des 28 et 29 avril 2012, appelait «au respect de la diversité des tactiques», tout en dénonçant la «violence de certains manifestants» qui avaient pris l’initiative de neutraliser les casseurs et autres vandales, sans doute inspirés par cette «diversité» stratégique, qui s’infiltraient dans les manifestations, utilisant systématiquement les autres manifestants comme boucliers humains dans leurs charges contre les forces policières, et autres exactions.

    Le 14 mai, à l’Université de Montréal, c’est l’Union communiste libertaire qui organisait une «formation sur la diversité des tactiques» pour le mouvement étudiant. On peut s’interroger sur la nature et la pertinence de cette activité…!

    Au mois de juillet, c’est l’obscur mouvement «Bloquons la rentrée», qui reprenait à son compte cette théorie de la «diversité des tactiques», alors que la manifestation, plutôt intime de la CLASSE, du 22 septembre dernier à Montréal, permettait par ailleurs à des sportifs cagoulés de démontrer leurs compétences en matière de diversité tactique.

    La CLASSE/ASSÉ ne sortira de la voie sans issue dans laquelle son incohérence éthique l’a engagée, qu’au prix d’une intégrale remise en question de théories antisociales véhiculées d’une manière acritique et à coup de slogans, telle que celle de la «diversité des tactiques»…!

    Yves Claudé

    • Paul Gagnon - Inscrit 2 octobre 2012 21 h 49

      L’ASSÉ/la CLASSE s’est enfermé(e) dans un cercle vicieux vieux comme le gauchisme québécois : provoquer une réaction violente de l’État, en l’occurrence durant le ‘printemps érable‘, en provoquant une réaction agressive des policiers afin de démontrer le caractère répressif, selon eux, de l’État et de sa police (d’où les ‘police SS’). C’est la même tactique depuis les années ’60, les bombes en moins, pour le moment… Je ne connais pas leur idéologie particulière : anarcho-communiste ou toute autre patente à gosse, mais le modus operandi est transparent. Le but : une chimère sans doute comme l’est celle qu’ils prétendent combattre i.e. la main invisible du marché qui supposément règlerait les rapports sociaux dans l’harmonie, sorte de mousse à la crème irrésistible.

      Malheureusement il faut pour cela des actions d’éclats, donc une forme quelconque de violence. Et en ce domaine on ne peut aller que vers plus d’actions d’éclats et de violence, sous peine de passer inaperçu et de perdre toute influence i.e. tout pouvoir. Pauvre pouvoir en définitive que les médias et un gouvernement rusé ont gonflé jusqu’à la démesure, jusqu’à la caricature.

      Maintenant que les choses se sont calmées, on les voit qui se démènent comme des diables pour trouver un nouveau point d’ancrage afin de relancer la rue. Saboter le Sommet annoncé sur l’éducation supérieure et, évidemment, la gratuité. S’ils l’obtenaient, rêvons un peu, la prochaine étape serait le salariat étudiant, sans doute. C’est là leur forme de cohérence.

      Qui a dit qu’on s’ennuyait au pays du Québec!

    • Simon Chamberland - Inscrit 3 octobre 2012 15 h 57

      M. Claudé, le sujet c'est Martineau et son manque de rigueur. Pas les théories du complot au sujet de la CLASSE.

  • Jonathan Prud'homme - Abonné 2 octobre 2012 17 h 24

    Le point n'est pas là. Le point est un journaliste qui déforme grossièrement les faits, qui ment à son auditoire pour faire de la démagogie honteuse et propager des préjugés. Pour ou contre la CLASSÉ ne change rien, Martineau est un journaliste médiocre et un commentateur haineux.

    • Dany Charette - Inscrit 2 octobre 2012 20 h 41

      Voilà!

    • Alain Belley - Inscrit 2 octobre 2012 23 h 11

      En plein dans le mille. Rien à rajouter

  • Pierre Grandchamp - Abonné 2 octobre 2012 18 h 05

    Les préjugés

    A Québec, c'est la radio-poubelle qui règne en maître...une situation difficile à expliquer et à comprendre.

    A Montréal, il y a Martineau: c'est moins fort qu'à Québec..mais il lui arrive souvent d'y aller avec des stéréotypes et des clichés....Ça fait vendre le journal.

    • Louka Paradis - Inscrit 2 octobre 2012 21 h 07

      D'après moi, les radiopoublelles sont poussées par les forces conservatrices de droite, style Harper et les républicains. C'est une force politique. N'oublions pas que Harper a nommé un des siens à la tête du CRTC : c'est pourquoi il est si important que le Québec rapatrie son pouvoir en matière de communication et de télé-communication. Nous pourrions alors avoir des balises qui correspondent à nos valeurs socio-culturelles et qui seraient discutées et adotées à l'Assemblée nationale.
      Louka Paradis, Gatineau