Radio - 98,5 FM écrase la Première Chaîne

La lutte semble de plus en plus inégale entre les deux radios parlées de Montréal. Les derniers sondages d’écoute montrent que le 98,5 FM écrase encore davantage son plus proche concurrent, le 95,1 FM, la Première Chaîne de Radio-Canada. La chaîne privée accapare maintenant 23,5 parts de marché, tandis que sa rivale publique passe sous la barre des 10 points, à 9,7.

Dit autrement : le 98,5 FM a gagné deux nouvelles parts entre l’hiver et le printemps de cette année, tandis que la Première Chaîne en a perdu une.


La progression et le glissement deviennent encore plus tragiques sur une année complète. Au printemps 2011, les deux rivales étaient quasiment à égalité avec 14,3 parts pour le 98,5 et 13,3 pour le 95,1.


Les derniers sondages de la firme BBM sur l’écoute de la radio dans la région de Montréal ont été réalisés entre le 27 février et le 27 mai. Dès la parution des tableaux hier, la chaîne privée a vite souligné son incroyable rendement qui en fait la radio la plus écoutée au Québec. « L’équipe du 98,5 est extrêmement fière de ces résultats qui confirment que nous répondons plus que jamais aux attentes de notre auditoire dans le contexte social en ébullition que nous connaissons », dit le communiqué.


Presque tous les indices peuvent réjouir d’un bord et déprimer de l’autre. Ainsi, Puisqu’il faut se lever, l’émission de Paul Arcand, demeure de loin la plus populaire le matin avec un taux de pénétration de 34,8 %. Il s’agit d’une progression de 56 % par rapport au printemps 2011. La concurrente C’est bien meilleur le matin est à 15,9 %.


Le reste de la journée, c’est la dégringolade continue des pourcentages : 8,1 parts pour Medium Large, 7,2 pour Maisonneuve en direct, 5,1 pour L’après-midi porte conseil. Ces deux dernières seront retirées de l’antenne en septembre.


Le niveau remonte avec Destautels en fin d’après-midi (9,4), Classe économique (10,7) et Bien dans son assiette (9,2). Plus on est de fou, plus on lit attire 6,7 % de l’auditoire le soir entre 20 h et 21 h.


Chaque fois, en semaine, le 98,5 fait mieux avec Isabelle Maréchal (21,4), Dutrizac (23,8), Montréal maintenant (23,4), Les amateurs de sports (13,2) et Bonsoir les sportifs (23,5).


Radio-Canada peut par contre se réjouir de ses résultats le week-end. Samedi et rien d’autre (21,5) et Dessine-moi un dimanche (20,1) font aussi bien que Le Québec se lève (20,2), la proposition matinale du week-end venant du privé. De même, la radio publique peut se réjouir du score de certaines émissions humoristiques: À la semaine prochaine (19,4) et Le spornographe (19,1). Malheureusement, cette dernière disparaît des ondes.


Les statistiques concernant le genre et l’âge des auditoires témoignent aussi du gouffre qui sépare les deux chaînes. Le portrait montre que 26,5 % des hommes de 25-54 ans écoutent la radio privée parlée, alors que RC n’en draine que 5,5 %. Chez les femmes du même âge, la division est à 17,7 % contre 6,7 %. Cette fois, c’est Rythme FM qui domine avec 24,3 % des parts d’auditrices, suivie de près par Rouge FM avec un score de 17,6 %.


À ce compte, la Première Chaîne occupe d’ailleurs une position de queue par rapport à presque toutes les concurrentes. Au total des hommes et des femmes de 25 à 54 ans, la radio publique n’attire que 6,2 % de l’auditoire, soit moins, voire beaucoup moins que CKOI (8,2 %), Rouge FM (14,2), Rythme FM (17) et encore une fois le 98,5 (22,2).


Bref, la radio publique attire surtout de vieux auditeurs et ne renouvelle pas son auditoire. Quand ça va mal…

1 commentaire
  • Olivier Gadeau - Abonné 8 juin 2012 16 h 19

    Une mauvaise interprétation à craindre...

    Ce qui mettra de l'eau au moulin de ceux (gouvernement fédéral et groupes de pression en tout genre) qui aimeraient mettre un terme au financement public de SRC/CBC. Nous savons tous que la qualité d'un programme ou d'un média ne se juge pas à son audience ; mais la politique de l'utilisateur payeur a malheureusement en ce moment meilleure presse que n'importe quelle petite logique d'analyse qualitative.
    Et, comme disait ma grand-mère, quand on veut tuer son chien, on lui trouve la rage.
    Ces chiffres sont donc de mauvaises nouvelles dans les faits, mais aussi dans ce qu'ils vont générer comme décisions... politiques.