Vers un regroupement de femmes journalistes

Une association des femmes journalistes est en formation au Québec. La première rencontre officielle du nouveau regroupement aura lieu dimanche, à Montréal. Environ 35 professionnelles, indépendantes ou liées à différents médias, ont déjà promis de participer au brunch fondateur, dont Céline Galipeau, présentatrice du Téléjournal à Radio-Canada.

Christine St-Pierre, ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, de même que Julie Miville-Dechêne, présidente du Conseil du statut de la femme, devraient y prononcer des discours. Ces deux femmes ont connu une riche carrière préalable à Radio-Canada.


Trois reporters portent le projet de regroupement : Anne-Caroline Desplanques (projetj.ca), Marie-Ève Bédard (Radio-Canada) et Émilie Dubreuil. Le trio fondateur fait des pieds et des mains depuis plusieurs semaines pour susciter l’adhésion à sa vision.


Laquelle au fait ? À quoi servira cette association professionnelle des médias au féminin ?


« L’idée de fonder l’association est née dans un party, répond Émilie Dubreuil, en entrevue au Devoir. On échangeait sur ce que ça veut dire d’être fille dans les médias, d’être de plus en plus de filles d’ailleurs, et sur ce que ça change. On a décidé de se rassembler pour le simple plaisir d’échanger. Mais aussi pour changer certaines perceptions des femmes dans le milieu, malgré tout l’avancement des femmes, même si elles dominent la profession de plus en plus. »


Le communiqué diffusé depuis quelques jours rappelle que les femmes constituent maintenant plus de la moitié de la force journalistique au Québec. Elles sont par contre minoritaires dans la hiérarchie médiatique. Au Devoir par exemple, il n’y a qu’une seule femme (Josée Boileau) sur sept cadres de la rédaction. Le plafond de verre est bas.


Les cofondatrices de l’Association des femmes journalistes du Québec (AFJQ) rêvent de mettre en place des bourses pour soutenir la production de reportages « pour parler des femmes dans les médias de façon différente ». Elles souhaitent introduire des mécaniques de mentorat pour assurer le transfert de savoirs et de conseils. Elles veulent organiser des conférences avec des journalistes exceptionnelles.


« On a passé l’ère du féministe de base, guerroyant, dit Mme Dubreuil. On n’a pas besoin de se battre, on a besoin de réseauter des femmes libérées qui pratiquent leur métier. L’association pourra parler pour elles et devenir un lieu de confiance, hors compétition. »


Émilie Dubreuil ajoute qu’il existe des clubs comme l’AJFQ à New York et en France. « En fait, dimanche, on va discuter et voir ce que les membres veulent. Le reste en découlera. »