Intimidation des journalistes - « Un gros problème », selon Christine St-Pierre

Le ministre Christine St-Pierre, qui a elle-même exercé le métier de journaliste dans le passé, a été remuée de voir des reporters et des caméramans « se faire brasser ».
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Le ministre Christine St-Pierre, qui a elle-même exercé le métier de journaliste dans le passé, a été remuée de voir des reporters et des caméramans « se faire brasser ».

« Dans un pays libre et démocratique, quand la presse n’est pas capable de faire son travail, on a un gros, gros problème avec ces gens-là et j’espère que vous autres, les journalistes, vous allez dénoncer ça haut et fort », a-t-elle déclaré hier.


Mme St-Pierre, qui a elle-même exercé le métier dans le passé, a été remuée de voir des journalistes et caméramans « se faire brasser ». « Comme ancienne journaliste, je vous le dis, ça vient me chercher très, très loin », a-t-elle dit.


La ministre avait notamment été invitée à réagir à l’histoire du photographe du Devoir Jacques Nadeau, qui s’est fait renverser par une policière à cheval lors d’une manifestation à Montréal. Mercredi, des manifestants avaient également menacé un journaliste de TVA de lui « casser la gueule ».


Le député caquiste Gérard Deltell, un autre ancien journaliste, a lui aussi dénoncé ces pratiques. « C’est sûr que c’est inacceptable, parce que les journalistes sont là pour être témoins des événements ; ils ne sont jamais des acteurs, alors on ne peut pas les prendre à partie », a-t-il dit. « Il ne faudrait pas que ça devienne du journalisme de guerre au Québec », a-t-il ajouté.


La professeure de communication Colette Brin avait exprimé des inquiétudes similaires dans Le Devoir d’hier. « Les menaces et les agressions physiques doivent évidemment être dénoncées parce que la situation commence à ressembler à une zone de guerre », avait dit la professeure de l’Université Laval.


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Avec Robert Dutrisac

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