La Première Chaîne de Radio-Canada repense sa couverture de l’actualité régionale montréalaise

Moins d’info, pour plus d’info. Le bulletin régional de Montréal va disparaître à l’automne de l’émission C’est bien meilleur le matin diffusée du lundi au vendredi, de 5 h à 9 h, à la Première Chaîne de Radio-Canada. En lieu et place, le 95,1 FM va intégrer et étendre la couverture de l’actualité montréalaise « tout au long » de son émission matinale, selon ce qu’a appris Le Devoir.

Ce regard journalistique large et constant sur la grande région métropolitaine sera confié à un journaliste qui se joindra en studio à l’équipe dirigée par l’animateur René Homier-Roy. Chaque semaine, 22 collaborateurs-chroniqueurs se relaient au micro, certains présents quotidiennement, par exemple au sport ou à la culture. Le reporter déjà actif sur le terrain, en ville, Maxim Coutié, continuera de présenter ses propres capsules.


Les transformations en préparation ne toucheront que l’émission du réveil à compter de septembre. Le bulletin régional de CBF est présentement diffusé à la demi-heure le matin (6 h 30, 7 h 30). On le retrouve ensuite en prolongement des bulletins national et international (10 h 05, 11 h 05, 12 h 10, 14 h 05 et 15 h 05).


« Il n’est aucunement question de diminuer l’information régionale, dit Marc Pichette, le directeur des relations publiques de Radio-Canada. On parle plutôt de mieux la mettre en valeur tout au long de l’émission du matin dans le but de mieux servir nos auditeurs. »


Pour Alex Levasseur, le président du Syndicat des communications de Radio-Canada (SCRC), cette explication « ne tient pas la toute » et cette option ne servira pas l’information. « L’émission du matin mélange les genres, dit-il. C’est bien meilleur le matin, c’est une émission généraliste. Un bulletin, c’est un bulletin, avec un contenu décidé par un chef de pupitre plutôt que par un réalisateur. »


M. Levasseur ajoute qu’une option de couverture ne va pas nécessairement sans l’autre comme le prouverait la situation actuelle, un journaliste se promenant déjà hors studio pour des interventions ponctuelles, liées à un sujet du jour, tandis que les bulletins résument toute l’actualité. « Tous les auditeurs n’écoutent pas la radio pendant des heures, dit M. Levasseur. Le rendez-vous à heure fixe proposant un contenu bien précis semble encore nécessaire. »

1 commentaire
  • Jean Richard - Abonné 11 mai 2012 09 h 11

    Un changement inquiétant

    Il est à craindre que Radio-Canada perde des auditeurs en abandonnant ce “petit rendez-vous à heure fixe”. C'est le seul moment de l'émission où il est possible d'avoir un minimum décent de discipline radiophonique et journalistique.

    Ce que la SRC nous sert le matin, ce n'est pas de l'information, mais du blablabla d'un club de vedettes. Ça rejoint souvent le style des radios poubelles, le langage coloré en moins.

    Un exemple : ce matin, vendredi, entre 7 heures et 7 heures 30, l'animateur-vedette recevait un représentant de la STM pour l'interroger sur les moyens déployés par la société de transport pour faire face à l'interruption du service de métro de la veille. Or, ce monsieur n'a pas pu convenablement informer le public de la situation car il a été constamment interrompu par l'animateur-vedette, qui tenait à tout prix prendre la STM en défaut - car les radios-poubelles aiment bien cracher sur les services publics (sauf le leur).

    Les petites vedettes qui jouent les grandes défenderesses d'une partie de leur auditoire à la recherche de griefs, ce n'est pas de l'information. Or, il est à craindre qu'en abolissant le déjà très court bulletin de nouvelles, la SRC aille encore plus dans cette direction. Ce ne sera plus une radio qui informe, mais une radio qui court les cotes d'écoute. Les vedettes sont malheureusement plus habiles que les journalistes véritables pour gonfler les cotes d'écoute.