Code de conduite : Radio-Canada recule

Les bureaux montréalais de Radio-Canada
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Les bureaux montréalais de Radio-Canada

La réaction critique au nouveau Code de conduite des employés a été tellement forte que la Société Radio-Canada (RC) annonce son intention de le modifier. La version du code ayant suscité le tollé affirme que les fonctionnaires doivent servir l’intérêt public « en exécutant loyalement les décisions légitimes de leurs dirigeants ». Un article stipule que les employés d’État « aident les ministres à rendre des comptes au Parlement et à la population canadienne ». Ces exigences ont été assimilées à un « serment d’allégeance » par le président du Syndicat des communications de Radio-Canada (SCRC) représentant les journalistes.


« […] Nous constatons que l’enjeu a suscité de nombreuses réactions de la part de nos journalistes, des médias, de la communauté journalistique en général ainsi que de la population, écrit Hubert T. Lacroix, président-directeur général de CBC/RC dans une note envoyée vendredi à tous les employés. Afin qu’il n’existe aucun doute sur l’indépendance dont jouissent nos employés et la Société, nous allons ajuster le Code de conduite pour écarter toute ambiguïté à cet égard. Les modifications proposées feront aussi l’objet d’une communication explicite ultérieurement. »


Avant cette promesse, la note intitulée Précisions d’Hubert sur le Code de conduite justifie d’abord la mesure controversée en affirmant que les intentions de la direction du diffuseur ont été mal interprétées. Le président répète que l’institution entretient une « relation sans lien de dépendance » avec le gouvernement et que ses employés « ne sont pas des fonctionnaires fédéraux » et « ne sont certainement pas considérés comme tels » par la direction.


Les employés et les observateurs ne faisaient visiblement pas la même lecture optimiste du nouveau code adopté début avril. Le SCRC a déposé un grief pour s’opposer aux nouvelles dispositions. Il demande aussi aux employés de ne pas signer de documents relatifs à la codification de leurs rapports à l’institution et au gouvernement.


La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) est également d’avis que la nouvelle disposition menace l’indépendance du radiodiffuseur public. La plus grande association de reporters au pays a donc demandé à la société de réécrire le Code de conduite, ce qui sera fait, visiblement.


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