Journée mondiale de la liberté de presse - Discussions autour de la couverture médiatique des controverses

Les participants à la soirée organisée par Les amis du Devoir (de gauche à droite) : Jacques Duchesneau, Marie-France Bazzo, Pierre Curzi, Françoise Guénette, Stéphane Baillargeon, Kathleen Lévesque et Antoine Robitaille.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Les participants à la soirée organisée par Les amis du Devoir (de gauche à droite) : Jacques Duchesneau, Marie-France Bazzo, Pierre Curzi, Françoise Guénette, Stéphane Baillargeon, Kathleen Lévesque et Antoine Robitaille.

À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de presse, journalistes et lecteurs du Devoir se sont rencontrés hier pour discuter de la couverture médiatique de controverses.

Animée par la journaliste indépendante Françoise Guénette, la soirée a attiré une centaine de personnes dans un pavillon de l’UQAM. Les journalistes du Devoir Kathleen Lévesque, Antoine Robitaille et Stéphane Baillargeon, ainsi que l’animatrice Marie-France Bazzo, le député indépendant Pierre Curzi et l’ancien patron de l’Unité anticollusion au ministère des Transports, Jacques Duchesneau, ont présenté leur vision de l’état du journalisme.


Premier constat : le nombre d’enquêtes journalistiques au Québec témoigne de la bonne santé de la liberté de presse, selon le collègue Robitaille. « Mais est-ce que les difficultés que traversent les médias généralistes [concentration, réorganisation du travail] peuvent mettre en péril cette capacité de faire des enquêtes ? »


Kathleen Lévesque a témoigné d’une autre entrave à la liberté : la mise en demeure. « Plus on enquête, plus on nourrit aussi une nouvelle industrie, celle des avocats. Ces avocats ne représentent pas que des gens qui se sentent lésés, mais aussi des gens qui ne souhaitent surtout pas qu’on s’aventure sur leur terrain. »


En tant qu’acteur de l’actualité, Pierre Curzi a rappelé qu’il y a aussi de nombreux débordements dans les médias : « polarisation de l’info », « dramatisation », « multiplications de cas où l’opinion prime l’information ».


Jacques Duchesneau, qui a été déclaré « corrompu » par un journal avant d’être blanchi par une enquête, a rappelé aux journalistes leur grande responsabilité. « La liberté de presse, c’est comme la liberté d’expression : ça ne donne pas le droit pas d’aller trop loin. » Les journalistes se doivent d’être rigoureux, car avoir son visage sur la une a de grands impacts sur la vie d’une personne et de sa famille, a-t-il témoigné.


La soirée était organisée par Les amis du Devoir, qui ont profité de l’événement pour annoncer la création à venir d’un prix pour récompenser le journalisme étudiant.


5 commentaires
  • Sanzalure - Inscrit 4 mai 2012 07 h 22

    Heureusement qu'on a Facebook

    Je salue le travail de certains journalistes,
    mais pas celui des grands médias.

    Les personnes qui ont accès à Facebook
    ont un net avantage sur les autres
    qui se contentent de ce qui sort
    dans les médias traditionnels.

    Serge Grenier

  • Polo09 - Inscrit 4 mai 2012 07 h 30

    Trop c'est comme pas assez

    Le plus gros problème aujourd'hui c'est d'avoir fait en sorte que le fait divers, l'anecdote, l'exception est devenu la nouvelle, la norme, un état des faits, la situation. L'utilisation de superlatif dans les medias pour amplifier l'onde de choc d'une nouvelle est dorénavant utilisé a tort et a travers. Ne lisait pas dernièrement qu'il y avait un climat de terreur dans les rangs étudiants. Un climat de terreur, voyez-vous cela. Faudrait probablement que le journaliste qui a écrit cela se paye un dictionnaire.

    Je suis toujours fasciné quand on sort de montreal d'entendre les commentaires des gens qui y ont probablement jamais mis les pieds. Une ville dangeureuse, on peut se faire agressé a tous les coins de rue, la pollution, le bruit, la malpropreté, etc. Évidemment leur vision est celle proposée par certains torchons qui ne font ni dans la nuance ni dans le dicernement mais plutot constamment dans la généralisation stupide et l'amplification volontaire. Ces gens finissent par croire que la realite est dans le fait divers.

    Face au media on est tous victimes de cela ne pouvant etre partout a la fois. Il faut donc aller plus loin que la nouvelle, la comprendre, saisir ses subtilités éviter les généralisations grossières.

    Prenons le cas des manifestations en grèce y a surement plein de monde qui se sont dit moi je n'irai pas la c'est dangeureux alors qu'on sait que les manifestations ne sont limités qu'a certains endroits. Ce n'est peut-etre pas le role du journaliste de faire cette distinction mais c'est surement celui du lecteur. Mais aujourd'hui, trop souvent, le lecteur ne fait que gober ce qu'on lui donne, il la généralise et apres cela il la crache. Entre les deux le fait divers est devenu la réalité de tous.

    La solution, il n'y en a qu'une, l'Instruction ... Un débat sans fin!!!!

  • Jacques Morissette - Inscrit 4 mai 2012 08 h 03

    Le climat n'est pas à la fête.

    Je cite Jean-François Lisée:
    «Les journalistes de Radio-Canada sont bien en peine, ces jours-ci. Le nouveau code de conduite officiel des salariés de la boîte, y compris des cadres et journalistes, décrit de la façon suivante le comportement souhaité:

    Article 1.2 Ils exécutent avec loyauté les décisions prises par leurs dirigeants conformément à la loi et aident les ministres à rendre compte au Parlement et à la population canadienne.»

    (http://www2.lactualite.com/jean-francois-lisee/not

    Ça 'augure rien de bon.

    • Jean de Cuir - Abonné 4 mai 2012 11 h 03

      En effet! Qu`est-ce que la liberté? Curieux que l`on soit obligé de parler de loyauté, de se conformer à la loi? Aident les ministres à rendre compte au Parlement? Mais dans quel système sommes-nous? Des journalistes médiateur entre les ministres et le Parlement? Ai- je bien compris? Je ne vois pas le rôle de médiateur entre les ministres et la population ? Et les premiers ministres, sont-ils inclus? Les journalistes des exécutants? Les dirigeants vont se conformer à la loi? Je l`espère! Mais en somme ils seront les seuls interprètes de la loi! Ont-ils eux des rapports définis avec les ministres? Etc. Oh! est-ce vraiment un article du fameux code de valeurs et d`éthiques (sic)? Comment peut-on élaborer un "code" d`éthiques (sic)? G. Tissot.

  • Hyperbolique - Inscrit 4 mai 2012 11 h 24

    La Presse

    Pratte, Dubuc, Gagnon auraient intérêt à faire leur méa culpa en ce sens, vu le traitement journalistique qu'ils ont réservé aux étudiants, en défendant constamment et sans argument les positions de Charest.