Médias traditionnels - Le mauvais usage de Twitter

Quand les médias gazouillent, c'est à leur propre sujet. Quand le public écoute, c'est à son sujet, enfin, pour entendre ce que la famille et les amis ont à raconter.

Finalement, les réseaux sociaux oscillent donc entre la grande autopromotion et la petite communauté de référence.

Reprenons. Ces conclusions découlent d'études du Pew Research Center (PRC) for Excellence in Journalism. L'enquête sur l'usage du nouveau média par les vieux s'intitule «How Mainstream Media Outlets Use Twitter» et a été diffusée la semaine dernière. Elle porte sur 3600 micromessages envoyés par 13 des plus grandes entreprises médiatiques des États-Unis, du Washington Post au réseau CNN.

L'analyse montre que neuf fois sur dix (93 % précisément), les messages lancés par ces médias traditionnels renvoient à des nouvelles dévoilées sur leurs propres sites Internet. À peine 6 % du lot pointe vers la production d'un site externe et 1 % seulement vers une nouvelle produite par un autre média. Bref, Twitter devient une sorte de fil de presse en ligne, et encore, pour le contenu autogénéré par les propriétaires du compte et uniquement celui-là.

Le professeur Jean-Hugues Roy, de l'École des médias de l'UQAM, n'est pas surpris par ces résultats qui confirment l'impression des utilisateurs. Le Devoir, comme tous les autres «vieux» médias du Québec, n'agit pas autrement avec son compte autopromotionnel. «Cette utilisation de Twitter de la part des entreprises ne m'étonne pas, dit le spécialiste des nouveaux médias. Je la trouve par contre plus dérangeante de la part des journalistes.»

À ce propos, le professeur Roy trouve dommage que l'étude ait amalgamé les messages des reporters et ceux des médias sans distinction, alors que les pratiques des uns pourraient s'avérer moins «marketing» que celle des autres. Il donne l'exemple de Tu Thanh Ha, journaliste au Globe and Mail, qui twittait hier en direct au sujet de l'expulsion des indignés du mouvement Occupy Toronto. Anne-Caroline Desplanques, de ProjetJ, un centre multimédia sur le journalisme québécois, utilise aussi très bien ce microreportage en direct.

Petit débat entre microblogueurs

À peine 2 % des gazouillis étudiés par le PRC demandaient de l'aide ou de l'information aux récepteurs. L'étude troublante a déclenché avant-hier un petit débat entre journalistes microblogueurs. «À mon avis, laissons la pub aux comptes officiels des médias; aux scribes le reporting, l'échange et autres fonctions de Twitter», y a écrit @jeanhugueroy. Il a aussi écrit qu'en fait, «on ne sait pas exactement pourquoi les gens suivent tel ou tel journaliste» et que c'était «un bel objet d'étude» potentiel.

On y voit un peu plus clair avec l'autre nouvelle recherche du PRC, dévoilée cette semaine et portant sur les motivations des utilisateurs des différents médias sociaux (Facebook, Twitter, My-Space ou Linkedln). Les deux tiers des répondants ont indiqué se servir de ces réseaux pour rester en contact avec les amis ou la famille. La moitié retrouve des amis dont elle a perdu la trace.

Un usager sur dix cherche de nouveaux amis, un sur vingt suit des célébrités à la trace. D'ailleurs, les gazouilleurs sont les plus susceptibles de se délecter des nouvelles des stars, qui n'en demandent pas moins. À eux seuls, @ladygaga et @justinbieber cumulent plus de 30 millions d'abonnés...
7 commentaires
  • ysengrimus - Inscrit 24 novembre 2011 07 h 23

    Corollaire crucial

    Corollaire crucial. Twitter reconfigure fondamentalement les carnets (bloques)... Twitter semble effectivement développer une nette dimension journaleuse et instantanéiste. De fait, Twitter va tuer un type particulier de blogue journalistique: le carnet-télex... Il devient effectivement un fil de presse.

    http://ysengrimus.wordpress.com/2009/06/01/twitter

    sans menacer les autres types de bloques. Et, en tant que carnetiste, eh bien, je ne vais pas pleurer... Contrairement à ce qu’on entend ici et là, ce ne sont pas les blogues qui sont en diminution, ce sont les blogueurs suiveux de journaux dicteurs de modes, sans contenu lourd donc, qui lâchent prise et changent de disque. Or, vaut mieux cent carnets solides qui influencent que dix millions de papillonnettes micro-actuelles à six lignes qui relaient la salade ambiante sans analyse...
    Paul Laurendeau

  • Sanzalure - Inscrit 24 novembre 2011 08 h 42

    The medium is the message

    Les premiers ordinateurs ont été utilisés pour traiter les données du recensement et pour faire la comptabilité des grandes entreprises.

    Ensuite, on s'est rendu compte que les ordinateurs pouvait aussi être utilisés comme outil de communication. Ça a commencé avec les rudimentaires babillards électroniques et 30 ans plus tard, nous en sommes rendus à Twitter, Facebook et autres.

    L'erreur fondamentale des recherches comme celle du Pew Research Center, c'est de trop se concentrer sur le moment présent au lieu de considérer ce phénomène comme un mouvement en progression exponentielle.

    Après Twitter et Facebook, il y aura autre chose et après autre chose, il y aura encore autre chose.

    L'utilisation qu'en font les gens en 2011 est anecdotique. Ce qu'il est important de comprendre, c'est qu'entre 1950 et 2150, les populations du monde se seront dotées d'outils de communication qui leur permettront de développer une conscience collective. Et c'est cette conscience collective qui leur permettra d'enfin sortir de la barbarie présente héritée du Moyen-Âge.

    Que certaines personnes ou corporations en aient profité à un moment ou un autre pour faire leur auto-promotion est secondaire et ne changera grand chose au résultat final.

    Serge Grenier

  • Nimporte quoi - Inscrit 24 novembre 2011 09 h 04

    Twitter, agrégateur à la mode, à cause des médias!

    C'est comme porter des souliers Pepsi! On peut substituer le mot Twitter par Web sans problème. Dans ce texte, tout comme celui du Monde diplomatique du mois passé. La seule différence est que Twitter sait tout de vous, dès que vous vous connectez, il suit et comptabilise vos habitudes de navigation.

    Le mot RSS est absent du discours des recherches ce qui me laisse perplexe en tant que spécialité. Le RSS permet aussi de recevoir en temps réel une syndication. (Twitter est d'ailleurs basé sur le RSS).

    Or pourquoi Twitter, à part faire passer nos politiciens pour des Twits? Pour rejoindre le plus grand nombre de Pepsi! Et encore, ça prendrait 100 000 ans pour tout lire! Twitter permet aussi de stocker et d'organiser vos états d'âme dans un espace public. Un nuage d'état d'âme!

    Alors, pourquoi ne pas simplement trouver la communauté qui nous intéresse et s'abonner au fil RSS? C'est rependu, gratuit, transparent, spécialisé, compatible avec tous les navigateurs. On peut avoir des agrégateurs qui combinent plusieurs fils. On peux référencer des RSS! On n’a même pas besoin de mot de passe, d'identification et tous ces contrôles inutiles.

    À l'époque, Twitter se voulait le pouls de la population. Mais populiste, il s'est lui-même modifié au fil du temps pour devenir un fil de presse de placotage et de radotage pour voyeurs.

    Alors, pourquoi s'embourber dans un cadre aussi rigide, dans un entonnoir alors que le Web est au contraire ouvert? Pour avoir des amis qu'on ne veut pas et surtout pour du verbiage qui n'intéresse personne d'autre que les chercheurs, les agents d’assurance et les Big Brother's?

    Un standing, voilà tout, l'image d'un Pepsi que nos médias n'hésitent pas à diffusé tous azimuts, gratuitement au grand bonheur de cette entreprise.

    Twitter pourrait disparaître et se faire remplacer par un autre sans problème. Il ne changera jamais le Web et les véritables communautés qui s'y développent...

  • Nimporte quoi - Inscrit 24 novembre 2011 09 h 29

    Radio-Canada par exemple

    Tant qu'à farte le tour!

    Je sais que plusieurs vont argumenter que ça permet de commenter, par exemple une émission d'affaire publique. Radio-Canada n'a qu'à suivre son fil Twitter et le gérer automatiquement.

    Wow, c'est effectivement un outil puissant et GRATUIT.

    Mais le petit système de commentaires (144 caractères) utiliser par notre grand Radio-Canada est fait par une firme américaine voilà tout!

    Résultat, la page Web de Radio-Canada des ex est les mêmes depuis des années, on n’y retrouve MÊME PAS LE SUJET DU JOUR (http://tinyurl.com/7u3favx). On y trouve à peine un courriel sans même la grosse face de Simon. En d'autres mots, sans Twitter, Les Ex n'auraient aucune présence sur le Web...

    D'ailleurs, est-ce que Radio-Canada capture ses Twits dans sa base de données? Ou toute cette information sera perdue?

    Voilà, c'est qui Twitter? Et bien c'est aussi un membre important de notre société d'État. Société publique qui n'est plus disponible sans le câble en passant? On va pouvoir un jour se passer complètement de RC qui faut payé via le câble. Les journaliste n'auront qu'à s'ouvrir un compte Twitter et espérer une paye! L'internaute n'a déjà aucun salaire pour vous regarder!!!

    Alors qu'un tel système s'instaure facilement, pratiquement gratuit aussi. Et surtout les commentaires seraient protégés par Radio-Canada. Mais non, cette société frileuse n'a aucun scrupule a déléguer la gestion des Internautes par Twitter! C'est un peu minable et c'est sans doute seulement pour profiter des commentaires des internautes pour monter sa popularité dans la communauté Pepsi.

  • Dydier Defaye - Inscrit 24 novembre 2011 11 h 58

    usage de Twitter

    perso je me sers de twitter pour me tenir au courant de l'actualité en direct ou du moins le plus rapidement et j'utilise Facebook pour rester en contact avec ma famille et mes vrais amis et avoir de leurs nouvelles.
    donc je ne pense pas que Médias traditionnels fassent un mauvais usage de Twitter et je suis abonné aux tweets de la plupart des médias français et canadiens de langue française