Le site Web du Devoir piraté - Jean Charest préfère en rire

Québec — Le premier ministre Jean Charest a pris avec humour hier la fausse nouvelle de son décès, diffusée sur le site du Devoir par des pirates informatiques. Il en a profité pour remercier la direction du quotidien d'avoir réagi rapidement pour la démentir.

«Quand je l'ai entendue pour la première fois, j'étais en train de faire mes exercices à la maison, alors je me suis dépêché d'aller regarder dans le miroir pour voir si j'étais encore là», a déclaré en riant Jean Charest avant la réunion du Conseil des ministres.

L'article sur sa mort aurait été créé à 1 heure 9 minutes dans la nuit de lundi à hier sur le site Web du Devoir. Très court, il avançait que le premier ministre était décédé au CHUM à la suite d'une attaque et que la direction de l'hôpital avait confirmé la nouvelle.

Alerté vers 2h25, le bureau du premier ministre a vite été inondé d'appels. Un peu avant 3h, l'information selon laquelle le site du Devoir avait été piraté circulait déjà largement. Toutefois, la fausse nouvelle avait quand même eu le temps d'être relayée par différents médias.

«Ces choses-là sont toujours étonnantes, mais je dois dire que le journal Le Devoir a réagi très promptement et je le remercie», a dit hier le premier ministre en soulignant que ça pouvait «arriver à tout le monde».

Un impact, même la nuit

Réveillée en pleine nuit par un collègue, la rédactrice en chef du journal, Josée Boileau, a fait des pieds et des mains pour empêcher la nouvelle de se propager et expliquer ce qu'elle savait au bureau de M. Charest. «Dès que je l'ai su, mon premier réflexe, en plus d'enlever la nouvelle du site, a été d'aviser le bureau du premier ministre parce que je ne savais pas s'ils étaient au courant de la tempête qui allait leur tomber dessus.»

Même au milieu de la nuit, le canular a réussi à avoir un certain impact, notamment grâce au Web, faisait remarquer hier Mme Boileau. «Aujourd'hui, on ne peut plus penser qu'une nouvelle sort, et attendre patiemment qu'elle se développe. Très rapidement, les réseaux sociaux s'en emparent. On a pu le vivre pleinement cette nuit.»

Le réseau Twitter a par ailleurs permis au courriériste parlementaire Antoine Robitaille de rectifier les faits rapidement cette nuit, alors que le site du journal était toujours bloqué et que l'équipe Internet du Devoir s'affairait à le rétablir. Un démenti a finalement pu être publié sur le site du Devoir vers 4h30.

Hier, le premier ministre a déclaré à la blague que «ce n'était pas la première fois» que le journal Le Devoir proclamait sa mort au sens politique, «sauf que c'est la première fois qu'il l'aborde sous cet angle-là».

M. Charest a répété qu'il allait très bien et que sa famille n'avait pas été trop inquiétée par l'incident. «C'est moi qui l'ai appris à mon épouse et elle a corroboré», a-t-il dit à propos de la nouvelle concernant le fait qu'il était en pleine forme. «Ni mon fils ni mon épouse n'ont été alarmés.»

Le bureau du premier ministre a quand même reçu «plusieurs appels» durant la nuit à ce propos. «Évidemment, il y a des gens qui ont appelé, qui sont sur Internet à cette heure-là. La nouvelle s'est répandue et la téléphoniste était assez inquiète», a dit M. Charest, avant d'ajouter que «ç'aurait pu prendre une autre tangente» et «causer des problèmes». «Ça nous rappelle à tous qu'il faut faire attention quand on reçoit une information.»

Différentes hypothèses


Hier midi, la direction du journal a fait savoir qu'elle avait porté plainte auprès du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), mais elle n'a pas donné de détails sur les origines de l'attaque. «Du côté de l'équipe Web, on cherche toujours à trouver ce qui a pu se passer, a dit Mme Boileau. Il y a différentes hypothèses qui sont examinées, mais il est prématuré d'annoncer quoi que ce soit.»

Le Devoir n'est pas le premier média dans le monde à faire l'objet d'une attaque de ce genre. Le 4 juillet dernier, la chaîne Fox News, aux États-Unis, a été la cible de pirates informatiques qui ont pris le contrôle de son compte Twitter et annoncé que le président Barack Obama avait été abattu.

Néanmoins, d'après le chroniqueur techno Michel Dumais, il s'agirait d'un premier cas du genre au Québec. «Je ne me souviens pas qu'un site d'information d'un grand média, qu'il soit papier ou électronique, ait déjà été piraté. Pour moi, c'est une première.»
6 commentaires
  • Nunu - Inscrite 17 août 2011 08 h 09

    Il trouve ça drôle?

    Peut être qu'il sait que c'est un Libéral qui a fait le cout,parce que s'il croyait que ça vient d'ailleur il ne le prendrait pas comme ça.Vous ne trouvez pas que son rire était exagéré.Très exagéré.Peut être pour faire grimper les sondages en sa faveur.Il en est bien capable.

  • Ludger - Inscrit 17 août 2011 10 h 33

    radio-canada (ou radio-canular)

    Il y a aussi eu ce canular disant que la mère d'Harper reniait son fils...

  • P. Boutet - Inscrit 17 août 2011 10 h 56

    Charest préfère rire!

    Jean Charest a-t-il aussi ri lorsque Stéphane Bureau a perdu son emploi à la suite d'une interview particuilèrement musclée il y a plusieurs années?

  • Nimporte quoi - Inscrit 17 août 2011 10 h 58

    L'éloquence d'un puissant mot de passe

    À lire les commentaires à droite et à gauche on comprend mieux comment ces attaques peuvent se produire. Il y a beaucoup d'improvisation!

    La grande majorité des attaques (automatisée) de site web utilise le site hôte à des fins de promotion, rien de personnel. Il y a aussi des attaques pour faire une simple blague, mais toujours sans aucun rapport avec le site hôte.

    Les fameuses injections SQL, pour contrôler une base de données à partir d'un champ de recherche par exemple. Un journal local se faisait attaquer à répétition ici avant de comprendre. Il s'agit d'attaques plus sophistiquée qui permettent, après avoir contrôlé la base de données, d'y injecter dans chaque champ texte un script, qui une fois affiché dans un navigateur, génère une série de requêtes Web. Autant de pages Web de pub et de pharmaceutique qui s'ouvrent a votre issue dans un petit millimètre carré. Il y a là un mobile!

    On parle ici de robots qui scrutent le Web. Il suffit de quelques minutes pour se faire attaquer sur un tout nouveau serveur! Par exemple les attaques sur les CMS « open source » systématiques (Wordpress, Jomla!...). Le tout documenté, avec des traces, rien de noble! Ou encore les attaques sur Twitter ou Facebook. Il doit bien y avoir des milliers de pirates qui travaillent sur le cas de Twitter quotidiennement!

    À ne pas confondre avec le vandale du Devoir, un gars d'ici, muni du mot de passe, celui d'un collègue ou celui pitoyable d'un inconnu. D'ailleurs cette mauvaise blague a sans aucun doute laissé des traces sur le les serveurs contrairement à ce que disent les spécialistes.

    De grâce, choisissez un bon mot de passe (10 caractères minimum, lettres majuscules et minuscules, nombres, surtout pas de noms communs), créer une distance entre le site public, le gestionnaire et la base de données. Enfin un minimum de modérateur avec un accès plus que sécurisé. Il y a des mots de passe plus important que d'autre!

  • P. Boutet - Inscrit 17 août 2011 13 h 08

    À n'importe quoi!

    Quand quelqu'un est ciblé par les grands de ce monde, il n'y a rien à faire, il est surveillé et peu importe ce qu'il tentera de faire pour garder ses données en sécurité, ce sera peine perdu.

    Pourquoi?

    Parce qu'aussitôt que l'ordinateur d'une personne ou d'un organisme ciblé s'ouvre, il est épié.

    Qu'en est-il du branchement Internet par la prise de courant dont on entendait parler il y a quelque temps?

    La vérité c'est que nous sommes à l'ère de la loi du marche ou crève.

    Moi je fais réparer mon vieux powerbook! Pas de connexion Internet par antenne et possibilité de le faire fonctionner à l'aide de la batterie... c'est la seule façon d'avoir une vie privée.