Renouveau à la chaîne

Rémy Girard, une nouvelle voix au micro (Tout un cinéma), devant deux vétérans des ondes à la barre de nouvelles émissions: Claude Saucier (Que sera sera) à droite et Jacques Beaulieu (Sur la route). Ils symbolisent l’équilibre trouvé dans la programmation d’Espace Musique de Radio-Canada.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Rémy Girard, une nouvelle voix au micro (Tout un cinéma), devant deux vétérans des ondes à la barre de nouvelles émissions: Claude Saucier (Que sera sera) à droite et Jacques Beaulieu (Sur la route). Ils symbolisent l’équilibre trouvé dans la programmation d’Espace Musique de Radio-Canada.

Il faut donner du temps au temps. Il faut aussi permettre au renouveau de se renouveler. Les grilles d'automne des deux radios publiques (La Première Chaîne et Espace Musique) dévoilées hier affirment encore un peu plus la volonté ferme de la récente direction de la radio de Radio-Canada d'innover tout en protégeant les bases bétonnées.

Ainsi, la Première Chaîne conserve l'équipe de René Homier-Roy au réveil de la semaine (C'est bien meilleur le matin) tout en confiant le nouveau magazine socio-culturel, baptisé Médium Large, à l'animatrice Catherine Perrin.

À noter: quelques heures après le dévoilement de la programmation, Mme Perrin a annoncé sur Twitter que l’ancien chef bloquiste Gilles Duceppe participera à son émission chaque semaine. L’animatrice a précisé que l’ancien politicien aura le « champ libre » quant aux sujets qu’il abordera.

Le reste des jours de semaine reproduit le même (Maisonneuve en direct, L'après-midi porte conseil, Désautels, Classe économique...) jusqu'aux nouveautés de soirée: Bien dans son assiette, une proposition épicurienne sur l'alimentation dirigée par Sophie-André Blondin et Plus on est de fous, plus on lit!, une quotidienne consacrée à toutes les écritures, sous la garde de Marie-Louise Arsenault. En toute fin de course, le journaliste Robert Frosi prend la barre de Culture physique et Bernard Faucher propose La nuit qui bat (de minuit à 5h), consacrée à l'actualité nationale et internationale.

Le samedi, à 14h, Patrick Masbourian dirige une nouvelle émission intitulée Bouillant de culture, sur toutes les formes d'expressions artistiques. Avant, Faut pas croire tout ce qu'on dit, de Michel Lacombe, s'intéresse à la politique. De 9h à 11h, Joël Le Bigot revient avec Samedi et rien d'autre. Le lendemain matin est confié à Franco Nuovo avec Dessine-moi un dimanche où l'on entendra notamment des philosophes débattre (dont Normand Baillargeon, mon frère).

L'équilibre des ondes

Au total, le 95,1 FM (à Montréal) lance une dizaine de nouvelles émissions. «Ce que j'aime particulièrement dans cette grille d'automne, c'est l'équilibre des nouvelles choses et des plus pérennes», confiait après le dévoilement Patrick Beauduin, devenu directeur général de la radio publique au tournant de l'année, alors qu'Anne Sérode était nommée directrice de la Première Chaîne. «Les gens vont retrouver leurs marques et en même temps trouver des points d'ancrage, de nouveaux prétextes à s'intéresser à la radio.»

L'équipe de patrons dynamiques décidée à réformer la maison a utilisé l'été qui s'achève comme banc d'essai pour plusieurs émissions, dont certaines poursuivent leur vie utile. À la Première Chaîne, Pierre Brassard reprend son jeu sur l'actualité Pouvez-vous répéter la question?, Catherine Pépin poursuit Babylone café et le trio Fauteux-St-Onge-Derome relance sa passionnante série d'Histoire d'objets. De même, Espace Musique ressert Plaisirs Therrien et Planète K, un rendez-vous très personnalisé fixé par la musicienne Florence K. La radio musicale fait aussi une place neuve au comédien Rémy Girard qui viendra présenter le dimanche à 17h Tout un cinéma, sur les musiques de films.

Pour le reste, la grille d'automne d'Espace Musique demeure fidèle à ses forces vives, notamment Marie-Christine Trottier les matins et Stanley Péan les après-midi de semaine, ou Edgar Fruitier et Alain Lefèvre les samedis et dimanches matin. Pas la peine de changer ce qui marche bien. Cette programmation s'avère particulièrement attachée aux longues émissions, certains animateurs restant rivés au micro trois heures d'affilée.

«Les formats plus courts restent un défi, à la fois budgétaire et de production, poursuit M. Beauduin. Il faut trouver tous ces contenus qui permettent d'aller vers des formats plus courts d'un quart d'heure ou d'une demi-heure. Mais on y arrive. On a raccourci certaines émissions pour être plus intense. L'émission littéraire est sur un format d'une heure. De toute façon, il faut toujours garder l'attention sur le contenu et ne pas étirer la sauce pour étirer la sauce, ni contracter pour contracter.»

Un doigt de déshonneur...

Par ailleurs, Radio-Canada entend souligner son 75e anniversaire avec plusieurs rendez-vous exceptionnels et même des séries d'émissions spéciales. La radio publique a été fondée officiellement en novembre 1936. Le grand déballage de cadeaux commencera dès le samedi 27 août à midi avec la première de trois émissions consacrées à l'histoire de la radio. Du 12 au 16 septembre, Marc Laurendeau présentera l'histoire des correspondants à l'étranger dans Nos témoins sur la ligne de feu.

Il y aura ensuite des émissions consacrées à la belle époque des radio-romans et des rencontres avec des artisans remarquables de la maison. Rebecca Makonnen a mené les entrevues avec Claude Meunier, Lise Payette, Jean-Pierre Ferland, Dominique Michel et Guy A. Lepage. Espace Musique proposera pour sa part huit concerts enregistrés dans autant de grandes villes du pays, dont celui inaugurant la nouvelle Adresse symphonique de Montréal.

Toutes ces informations ont été livrées hier à la vitesse TGV, les animateurs sélectionnés défilant en grappe au micro pour s'exprimer pendant à peine une minute chacun. La formule a laissé en rade Jacques Languirand qui a fait un esclandre en insultant vertement les responsables des communications coupables, à ses yeux, de ne pas l'avoir inclus dans l'émission de dévoilement.

«Ces imbéciles [...] ont oublié de me mettre sur ce plateau alors que, cette année, j'entreprends ma 41e saison de l'émission Par quatre chemins», a-t-il vociféré à la fin de l'exercice publicitaire, devant des dizaines de collègues et tous les patrons. Il a levé le mauvais doigt, invité les «trouducs» à s'y asseoir et a rajouté des noms qu'on ne devrait pas répéter en ondes ou dans un journal. Tout ça parce qu'on n'a pas laissé un peu de temps à son temps...

La grille d'automne de la Première Chaîne entrera en onde dès le 22 août. Celle d'Espace Musique sera inaugurée le 5 septembre. On peut consulter les propositions complètes sur le site radio-canada.ca.
3 commentaires
  • France Marcotte - Abonnée 16 août 2011 19 h 15

    Déliez-nous ces langues!

    Avant d'être au fait de l'incident Languirand, je me demandais justement si tout ce beau monde dans leurs beaux programmes avaient liberté de parole ou si on allait encore perdre notre temps à écouter des langues nouées.
    J'ai ma réponse.

  • meme40 - Inscrite 17 août 2011 07 h 56

    " @ France Maecotte,,,

    Si c'est de la parlotte que vous voulez, vous zallée être gatée. Le Lieu idéal pour les voyeurs...Ils parlent d'eux, entre-eux, pour eux. L'info, en direct du journal La Presse. version sonore, avec en prime, quelques remarques,histoire de dire qu'il y a encore un animateur qui met son fion pour laisser une trace dans son miroir.

  • meme40 - Inscrite 17 août 2011 11 h 34

    Autres temps, autres moeurs, ? Vieille coutume??

    Depuis toujours radio canada , a banni de ses ondes des êtres libres , aimés justement pour cette capacité d'ouvrir des voies, de créer des brèches dans l'opaque platitude du remplissage de vide qui est devenu le mandat de cette radio. Je pense entre autres à un certain Jacques Normand, enfant terrible, dont radio canada n'a pu se débarrasser, non sans avoir essayé ,puis le regretté Luc Granger...qui pouvait donner à la nuit des lumières inespérées... ,, On balaie sous le tapis ce qui peut gêner .. donner à penser.. sans compter toutes les femmes qu'on a retirée de l'écran, dès la première petite ride... . n'oublions pas que R.C. est la radio qui parle pour vous, qui pense pour vous, une entreprise toujours à l'affut des modes, ... on a troqué les journalistes culturels par des recyclées de music plus , les lignes inutilement ouvertes qui ne sont que les boites à écho des animateurs qui aiment tellement s'entendre avoir des opinions nivelantes sur tout tout...surtout que tout devienne lisse, pas une ride, pas un pli, pas un faut pas pas de pas...