Médias - Lockout au journal The Gazette

Une soixantaine de travailleurs du quotidien montréalais anglophone The Gazette ont été mis en lock-out par leur employeur, dimanche soir.

Représentés par le syndicat des Teamsters, ces travailleurs se disent toujours prêts à poursuivre le processus de négociation, entamé il y a trois mois. Des ententes de principe ont d'ailleurs été conclues avec quatre autres unités.

Les travailleurs visés par ce lock-out sont ceux affectés à l'expédition et à la fabrication de plaques. À leur arrivée pour leur quart de travail du soir, dimanche, ils se sont vu refuser l'accès à leurs postes.

Denis Fournier, négociateur au syndicat des Teamsters, déplore cette décision de l'employeur. Les points en litige portent sur la dotation de personnel, les heures de travail et le paiement des heures supplémentaires.

Des syndiqués ont manifesté, hier, devant des locaux du journal, brandissant des pancartes.

«Les travailleurs vont éventuellement augmenter la pression avec des actions qui n'ont pas encore été déterminées. Nous espérons revenir à la table pour ramener les gens de ces départements au travail et mettre fin au lock-out», a soutenu M. Fournier.

De son côté, la direction du journal précise qu'elle souhaite effectuer un effort de rationalisation devenu nécessaire en raison de la baisse du tirage.

Le syndicat a chiffré cet effort à 2 millions, mais Allan Allnut, éditeur de The Gazette, a nuancé ce montant.

«Les autres syndicats à The Gazette ont déjà fait leur part de sacrifices. C'était au tour de l'usine. Je dois dire par contre que notre dernière offre n'était pas à 2 millions, elle était bien moindre», a précisé M. Allnut.

Nouvelles sources de revenus

En mai dernier, la direction de la Gazette avait déjà exprimé son désir de trouver de nouvelles sources de revenus, dans le but avoué de pouvoir continuer d'investir dans du journalisme de qualité.

Pour ce faire, elle a rendu payant une partie de l'accès au contenu du site internet du journal. Auparavant, seul le journal Le Devoir avait adopté une telle stratégie au Québec.

Parallèlement à l'impasse qui touche actuellement les négociations entre deux unités de travailleurs, le syndicat des Teamsters a accueilli favorablement une autre entente intervenue entre la Gazette et des travailleurs du journal.

La direction a accordé une clause qui vient garantir que l'employeur ne fera pas appel à la sous-traitance pour l'impression du journal, et ce, pour les trois prochaines années.