Rapport annuel 2010 - Remarquable année pour Le Devoir

L’équipe du Devoir lève son verre au terme d’une année bien remplie.
Photo: - Le Devoir L’équipe du Devoir lève son verre au terme d’une année bien remplie.

Quelle année ce fut 2010 pour Le Devoir! Le point d'exclamation s'impose, car l'année des cent ans du quotidien créé par Henri Bourassa le 10 janvier 1910 fut exceptionnelle à tous égards. Bien sûr pour les résultats financiers que nous avons enregistrés, mais surtout pour le ralliement autour de notre journal. Les manifestations d'appui et de solidarité nous sont venues de toutes parts. De nos lecteurs dont la fidélité est exemplaire. De nos amis qui se trouvent dans toutes les sphères de la société québécoise. Des institutions que sont l'Assemblée nationale et la Chambre des communes. Toutes choses qui ont nourri le dynamisme et la ferveur des artisans de ce journal et contribué à son succès.

Les résultats

Les états financiers que nous présentons à nos actionnaires sont éloquents. L'année 2010 se conclut avec un bénéfice avant amortissements et impôts de 1 410 709 $. Une fois soustraits des amortissements de 206 269 $, nous obtenons un bénéfice net de 1 204 440 $. Ce résultat est supérieur à celui enregistré en 2009, année où nous avons réalisé un bénéfice net de 915 115 $. Il s'agit du meilleur résultat des trente dernières années.

Les revenus du Devoir ont augmenté de 4,4 % par rapport à 2009, pour s'établir à 18 504 089 $. La plus grande part, soit un peu plus de 50 %, vient de la diffusion du journal, où une augmentation substantielle des ventes en kiosque et des abonnements, tant de la version papier que de la version Internet, a été enregistrée. Et cela vaut aussi bien pour nos éditions de semaine que celles du week-end. Pour le semestre terminé le 30 septembre 2010, Le Devoir est le quotidien au Canada qui a connu la plus forte progression. Et cela continue. Pour le semestre terminé le 31 mars 2011, les augmentations observées sont de 6 % en semaine et de 2,5 % le samedi, pour une diffusion totale de 30 579 et de 49 227 exemplaires respectivement. Les revenus de publicité ont pour leur part été du même niveau qu'en 2009, année qui, rappelons-le, avait été hors de l'ordinaire à cet égard.

Les dépenses, de leur côté, atteignent 17 093 380 $, en hausse de 3,2 % par rapport à l'année précédente. Cette hausse tient, d'une part, à des augmentations salariales accordées à la suite du renouvellement des conventions collectives des journalistes et des employés de bureau et, d'autre part, à la création en cours d'année de nouveaux postes, notamment pour renforcer l'équipe chargée d'alimenter en contenu notre site Internet LeDevoir.com. Cette équipe, placée désormais sous la responsabilité d'un cadre, a entrepris de présenter une couverture de l'actualité en continu pour tous les événements majeurs de la journée et d'assurer une présence active sur les réseaux sociaux. La refonte de plusieurs sections du site, l'ajout de blogues, la présentation de baladodiffusions auront aussi contribué à accroître la fréquentation de notre site. Celui-ci compte aujourd'hui quelque 800 000 visiteurs uniques par mois.

Les années à venir

Les résultats de 2010 confirment que Le Devoir a la capacité de croître dans un marché, celui de la presse écrite, qui paradoxalement est en décroissance. Que Le Devoir soit un journal indépendant n'est certes pas étranger à cela. Il est une voix distincte dans le paysage médiatique canadien dominé par des conglomérats de plus en plus intégrés et convergents. Il leur est un contrepoids indispensable.

Que Le Devoir soit un journal de qualité qui donne à ses lecteurs du sens et de la cohérence aux événements est une autre explication à retenir. Cela le distingue dans un monde où l'instantanéité qui caractérise l'offre d'information exclut trop souvent la réflexion. Le ralliement spontané autour du Devoir, venu de toutes les sphères de la société québécoise au cours de cette année du centenaire, nous est apparu comme une manifestation de la volonté collective de ses lecteurs et amis à poursuivre ensemble dans la voie tracée dès le point de départ par Henri Bourassa.

Des résultats exceptionnels comme ceux enregistrés ces deux dernières années ne garantissent pas par eux-mêmes l'avenir de l'entreprise. Certes, l'avoir des actionnaires est redevenu positif, mais, rappelons-le, demeurent toujours un déficit accumulé et des dettes qui, s'ils ne pèsent pas lourd, doivent néanmoins être honorés comme il se doit. Et il y a des zones d'ombre, comme la dispersion des dépenses publicitaires entre de multiples médias, ce qui réduit de plus en plus la part dévolue aux journaux alors que certains annonceurs, nommément les gouvernements canadien et québécois, réduisent radicalement leurs budgets de publicité.

En même temps, les mutations profondes qui nous affectent tout autant que le reste du vaste secteur des communications nous obligeront à investir dans de nouvelles plateformes technologiques et à adapter nos modes de production. Au cours des prochaines années, Le Devoir devra élargir son offre d'information sur de nouveaux supports, sans abandonner toutefois la version papier, qui gardera pour plusieurs années, quoi qu'en disent certains, tous ses attraits.

Les 100 ans du Devoir

Il faut, dans ce rapport, signaler le caractère remarquable des fêtes du centenaire qui ont donné lieu au cours de l'année à une vingtaine de manifestations, toutes conçues pour favoriser la rencontre et les échanges avec nos lecteurs. Nous voulions ainsi témoigner notre reconnaissance à ceux qui, par leur présence quotidienne, ont assuré la pérennité du Devoir. Des résultats financiers comme ceux de cette année, il y en a eu peu dans l'histoire de ce journal, qui a toujours pu compter par contre sur ses lecteurs et amis pour le soutenir.

Ce sont d'ailleurs eux qui, avec nos annonceurs et nos partenaires commerciaux, ont assuré par des dons et des commandites les quelque 300 000 $ dont la société Les Amis du Devoir avait besoin pour l'organisation de ces célébrations. Parmi toutes les activités tenues au cours de 2010, il faut dire à quel point tous les artisans du Devoir ont été profondément marqués par la chaleur de la grande rencontre du 10 janvier 2010 au marché Bonsecours, qui aura réuni à l'occasion d'un brunch puis d'un dîner quelque 2000 personnes.

Par la générosité aussi des artistes lors du spectacle 100 ans en chansons le 25 novembre au Métropolis, puis à la clôture de notre centenaire en décembre au Théâtre d'Aujourd'hui. Dans le journal même, ce furent aussi les rencontres que nous avons proposées avec cette série remarquable de 52 portraits de lecteurs publiés chaque lundi, ou encore ce numéro exceptionnel que fut Le Devoir des écrivains publié à l'occasion du Salon du livre de Montréal.

Nous devons la réalisation de cette année du centenaire à des dizaines de personnes qui ont répondu à notre appel et qui se sont investies sans compter, aussi bien au sein de l'équipe du journal qu'à l'extérieur. Je souligne néanmoins la généreuse contribution de l'adjointe à la direction du Devoir, Claudette Béliveau, de Michel Petit, un organisateur d'événements de grand talent, de Jean-François Nadeau, qui a dirigé le magnifique album Le Devoir, un siècle québécois, produit avec la complicité des éditions de l'Homme, et de l'indispensable Francine Bérubé, la présidente de la société Les Amis du Devoir.

En parallèle avec l'organisation de ces fêtes, il fallait bien sûr assurer le quotidien, ce qui a été le fait d'une équipe toujours aussi engagée, mais mobilisée plus qu'à l'ordinaire puisqu'il fallait publier des dossiers et des cahiers spéciaux et assurer la couverture toujours abondante de l'actualité. Je veux souligner à cet égard le travail de l'équipe de direction composée de Josée Boileau à la rédaction en chef, de Catherine Laberge à la vice-présidence aux finances et à l'administration, de Roland-Yves Carignan à la direction de l'information, de José Cristofaro à la direction des ventes publicitaires, de Christian Goulet à la production et de Stéphane Roger au contrôle des finances. Plus discret, mais indispensable, soulignons enfin l'appui constant que nous apporte le conseil d'administration présidé par Jean Lamarre.

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Bernard Descôteaux - Directeur du Devoir

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