Le Journal de Montréal: le protocole de retour au travail accepté à 85,5 %

Le protocole de retour au travail au Journal de Montréal a été adopté hier. Les premiers lockoutés, les employés de bureau, rentreront en fonction mardi prochain. La rédaction suivra une semaine plus tard, le 11 avril.

Le retour au travail marquera la fin du plus long conflit ayant touché une salle de rédaction dans l'histoire du pays. Le lockout a été décidé le 24 janvier 2009.

Les syndiqués étaient 253 au déclenchement des hostilités. Ils seront 62 à rentrer au poste, dont 42 dans la salle de rédaction, comprenant 24 journalistes.

Ceux qui quittent Le Journal de Montréal se partageront une somme de 20 millions. Le montant versé à chacun dépend de l'ancienneté et du statut d'emploi.

Les membres du Syndicat des travailleurs du Journal de Montréal ont accepté à 85,5 % le protocole de retour au travail. Ce document s'appuie sur une entente de principe négociée devant un médiateur et adoptée à la fin du mois dernier par un vote de 64,1 %.

Environ 200 personnes ont participé hier après-midi à l'assemblée générale dans un hôtel de Montréal. La rencontre a duré plusieurs heures. Malgré le pourcentage d'acceptation élevé, les applaudissements ont été plutôt réservés, laissant encore poindre la résignation de la plupart des syndiqués présents.

«L'ambiance était tranquille, explique au Devoir Raynald Leblanc, président du syndicat. Ça s'est bien passé. Ça risque d'être notre dernière assemblée générale avec tout le monde. Après, ceux qui seront de retour au travail ne pourront peut-être plus participer à une assemblée générale.»

L'accord fait table rase de tous les griefs et des poursuites judiciaires. Il élimine aussi les congédiements et les mesures disciplinaires décrétés pendant le lockout.

Il est cependant trop tôt pour savoir qui partira et qui restera. Les employés poursuivent l'examen de leurs options avec des actuaires. Le président Leblanc ajoute qu'il est même trop tôt pour dire, comme le pensent certains membres, que les 24 postes de journalistes ne seront pas pourvus par les lockoutés.

La reprise du travail se fera rue Wellington, dans le Vieux-Montréal. La fermeture conséquente de la salle du 4545, rue Frontenac marquera d'une autre manière symbolique forte la fin d'une époque.

Le protocole laisse aussi le champ libre à Rue Frontenac, le média syndical créé comme moyen de pression et de profession. La survie du site et de son dérivé hebdomadaire imprimé n'est toutefois pas assurée à long terme, dans le contexte actuel. Il se pourrait aussi que, dans ce cas, il y ait davantage de journalistes désireux de travailler à Rue Frontenac que de postes disponibles.

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Avec La Presse canadienne