Le Journal de Montréal déménage dans le Vieux-Montréal

Où iront travailler les quelque 60 employés récupérés par le quotidien de Quebecor? Et que fera l'entreprise de son immeuble et de ses grands terrains du Plateau Mont-Royal?

Voici un autre signe qu'une ère se termine et qu'une autre commence au Journal de Montréal: les employés restant après le long conflit de travail ne retourneront pas au 4545, rue Frontenac, dans l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal. Selon les informations obtenues par Le Devoir, la nouvelle salle de rédaction sera aménagée dans la Cité du multimédia, à l'ouest du Vieux-Montréal.

Il a été impossible de savoir quel immeuble précis accueillera les employés de la rédaction et leurs équipements techniques. La salle serait pourtant déjà pratiquement prête à fonctionner. Le retour au boulot se fera selon un protocole dont la négociation pourrait nécessiter encore plusieurs semaines.

Avant le conflit de travail, il y a 25 mois, Le Journal de Montréal comptait plus de 250 employés, dont une centaine de la salle de rédaction proprement dite. Il restera 62 postes à la rentrée au travail, dont 42 à la rédaction, selon l'entente de principe acceptée le week-end dernier, à deux contre un, par les lockoutés. Les reporters seront 24, les pupitreurs 5 et les photographes 4. Il y aura aussi un caricaturiste et un statisticien (pour le sport). Les secteurs des bureaux et des petites annonces compteront 10 travailleurs chacun.

La Cité du multimédia occupe l'ancien Faubourg des Récollets jouxtant la rue McGill et le Quartier international. Le secteur a bénéficié d'un important boom immobilier au cours des deux dernières décennies, notamment pour y installer des entreprises de haute technologie et des condos de luxe.

Les bureaux de Quebecor se trouvent tout près (au 612, rue Saint-Jacques) et l'agence de presse de l'entreprise (QMI) loge dans le Vieux-Montréal. La salle de presse du Journal de Montréal ne devrait pourtant pas être physiquement rattachée à ces composantes ou à d'autres de l'entreprise médiatique. Les nouvelles technologies continueront tout de même de faciliter les échanges entre toutes ses plateformes de production et de diffusion d'informations.

Le déménagement n'affectera pas beaucoup le 4545, rue Frontenac où se fabriquait Le Journal de Montréal depuis le milieu des années 1980. Des employés de Vidéotron, une autre entreprise de Quebecor, occupent maintenant la salle de rédaction et les camions de service du câblodistributeur remplissent les stationnements. Hier matin, l'avis de lockout était toujours placardé à la porte de l'immeuble de brique qui ferme l'extrémité est de l'avenue du Mont-Royal.

À moyen terme, il serait aussi possible de vendre le site avec son immense terrain. La propriété a pris énormément de valeur avec la spéculation immobilière des dernières années. Le potentiel de développement semble immense.

Quebecor a refusé de commenter les transformations à venir ou envisageables. «Comme vous le savez, nous devons encore discuter du protocole de retour au travail et nous préférons conséquemment nous abstenir de commenter», écrit laconiquement au Devoir Serge Sasseville, vice-président des affaires corporatives et institutionnelles de l'entreprise.