Médias - Entente forcée au quotidien Le Soleil

La menace de fermeture du quotidien Le Soleil brandie par le grand patron aurait conduit les représentants syndicaux à accepter, hier matin, une entente de principe pour le renouvellement de la convention collective échue depuis le 31 décembre 2009. L'accord prévoit notamment une augmentation du temps de travail sans compensation financière.

«C'est sans joie que nous annonçons cette entente de principe», dit au Devoir Baptiste Ricard-Châtelain, président du Syndicat de la rédaction du Soleil. L'entente concerne aussi les employés de bureau. «Nous sortons d'une expérience extrêmement amère. Nous avons été acculés au mur. Et c'est peu dire. M. Guy Crevier, président de Gesca, le bras médiatique de Power Corporation, est venu à Québec [hier] matin pour nous livrer un ultimatum. Il nous a indiqué que si nous n'acceptions pas le nouveau modèle d'affaires, ce qui était sur la table, dans deux semaines, il envisageait la fermeture du Soleil.»

M. Crevier nie avoir agité cette menace. «Je pense qu'on a eu des discussions qui ont été très profondes sur l'avenir de notre industrie et je pense que ça a été un échange très productif, a dit le président de Gesca à Radio-Canada. Je suis très content de la situation. Les discussions de [hier] matin n'ont pas porté sur une menace d'arrêt de publication.»

Le chef syndical et le patron n'ont pas voulu donner de détails quant aux termes précis de l'accord. M. Ricard-Châtelain souhaite en accorder la primeur à ses membres. L'assemblée générale est convoquée mercredi.

«Je peux répéter que si on ne prenait pas ce qui était sur la table, l'employeur a dit qu'il ne se battrait pas pour produire le journal, dit le président du syndicat. Il a dit qu'il n'y aurait pas de conflit et que le journal fermerait.»

Les conditions imposées en décembre 2009 à La Presse sont depuis présentées aux autres quotidiens de Gesca comme faisant partie d'un «mandat corporatif incontournable». Selon les syndiqués du Soleil, ce nivellement des conditions de travail ne tient pas compte des particularités et des avantages comparatifs propres à chacune des publications.

Les deux syndicats d'employés du Soleil ont tenté en vain de faire admettre qu'ils ne méritaient pas de passer sous le rouleau compresseur puisque leur journal était profitable et qu'eux-mêmes avaient consenti des sacrifices importants au cours des dernières années. Les effectifs ont par exemple été réduits, par attrition, d'une quarantaine de postes. Il reste environ 250 salariés au journal.

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