Rapport Payette: vers un titre de journaliste professionnel

Le Groupe de travail sur le journalisme et l'avenir de l'information recommande de mettre en place un titre de journaliste professionnel comme il en existe dans plusieurs pays européens. Ce nouveau titre permettrait de distribuer des avantages aux médias qui embauchent ces pros de l'info.

Le Groupe veut par exemple que l'accès aux publicités gouvernementales soit réservé aux médias qui emploient des journalistes titulaires de la fameuse carte de presse. La même obligation serait faite par rapport au Conseil de presse du Québec: pour obtenir des publicités de l'État, un média devrait adhérer au tribunal d'honneur de la profession et participer à ses décisions.

Une autre idée centrale veut permettre des négociations sectorielles pour les pigistes du secteur des communications. Cette mesure viserait notamment l'adoption de tarifs minimaux pour différentes tâches journalistiques.

Voilà quelques-unes des mesures contenues dans le rapport du Groupe dirigé par la professeure Dominique Payette, de l'Université Laval, selon les informations obtenues par Le Devoir. L'équipe de Mme Payette a remis son rapport à la ministre de la Culture et des Communications la semaine dernière, respectant ainsi son échéancier. Aucune date n'est encore fixée pour le dévoiler et le commenter.

Quatre chantiers

Le Groupe de travail a été mis en place à la demande du ministère dans le contexte de la crise qui touche les médias et le journalisme au Québec. Tous les quotidiens (sauf Le Devoir) ont revu à la baisse les conditions de travail de leurs employés au cours des deux dernières années. Le Journal de Montréal est en lockout depuis deux ans. Les médias régionaux subissent des pressions politico-économiques souvent intenables. Beaucoup de pigistes travaillent dans des conditions précaires.

Dans ce dernier cas, la proposition de négocier des ententes collectives sectorielles s'inspire du modèle des auteurs de l'audiovisuel. La Société des auteurs de radio, télévision et cinéma (SARTEC), reconnue comme agent négociateur exclusif depuis 1996, négocie et applique des ententes collectives avec les employeurs. Ces conditions prévoient par exemple des tarifs de base pour certains travaux.

Le rapport Payette souhaite aussi des mesures fiscales pour favoriser l'embauche de journalistes professionnels dans les médias régionaux. Dans ce cas, les employés comme les employeurs devraient se soumettre aux règles déontologiques de la profession, alors que pour l'instant, certains médias régionaux bafouent les règles en matière de conflit d'intérêts.

La mandataire du ministère a amorcé son travail il y a un peu plus d'un an en expliquant que selon sa compréhension, la commande visait l'élaboration de «solutions concrètes et réalistes aux problèmes actuels du journalisme et des médias au Québec». La petite équipe de chercheurs a ouvert quatre chantiers principaux autour du journalisme professionnel, de l'accessibilité à l'information, de son état général et du nouveau contexte technologique. Le détail du travail abattu depuis un an se trouve sur le site etatdelinfo.qc.ca.

Dominique Payette et son équipe ont refusé de communiquer le rapport au Devoir. Les informations rapportées proviennent de conversations avec différentes personnes du milieu.