Gaston L'Heureux (1943-2011) - Un passionné de la radio et de la télé disparaît

Gaston L’Heureux animait encore, à Radio Ville-Marie, l’émission Des gens comme les autres.<br />
Photo: Source Radio Ville-Marie Gaston L’Heureux animait encore, à Radio Ville-Marie, l’émission Des gens comme les autres.

On avait dit de lui qu'il ne pourrait jamais faire de la radio ou de la télévision. Et toute sa vie, il aura fait mentir ces mauvais prophètes.

L'animateur Gaston L'Heureux est décédé, dans la nuit de samedi à hier, à l'hôpital Sacré-Coeur de Montréal, à l'âge de 67 ans. «C'était un être très généreux. Malgré son handicap, il trouvait toujours le moyen de dire qu'il y avait des gens plus atteints que lui. Il avait aussi la faculté de rire de tout», a raconté un de ses grands amis, le chef cuisinier Thierry Daraize à La Presse canadienne.

Il avait connu son heure de gloire dans les années 1980, alors qu'il était à la barre de l'émission Avis de recherche à Radio-Canada, une populaire émission où l'on explorait le passé d'invités-vedettes à partir d'une photo de classe.

Dans les années 1970, il avait coanimé Les Coqueluches avec Guy Boucher, une émission de variétés du midi où tous deux avaient eu la redoutable mission de succéder à Jacques Boulanger. Ils ont accompli cette mission pendant quatre ans.

L'animateur a essuyé quel-ques échecs retentissants, dont le jeu-questionnaire Une Paire d'as, toujours sur les ondes de la SRC.

M. L'Heureux avait subi un grave accident de la route en 2007 qui l'avait laissé paralysé, mais il a fait preuve d'une remarquable résilience et est devenu porte-parole de nombreux organismes qui viennent en aide aux personnes à mobilité réduite. «J'ai pris un détour. La vie continue», avait-il confié à l'émission Libre comme l'air sur les ondes de la Première Chaîne de Radio-Canada, en juin 2009.

Radio et télévision

Né en 1943 à Québec, M. L'Heureux avait fait son entrée dans le monde des communications au journal Le Soleil au début des années 1960. Mais il a rapidement bifurqué vers les médias électroniques, faisant notamment de la pige à la radio. «J'aimais cela, l'installation discrète et confortable d'un studio, la complicité qui pouvait s'établir [avec les techniciens].»

C'est au début des années 1970 qu'il commence sa carrière télévisuelle à l'émission Au masculin.

Dans un entretien qu'il avait donné au site Internet radioville.info, M. L'Heureux reconnaissait lui-même qu'au début de sa carrière, il n'avait pas les «notions [et] la diction qui convenaient», mais il a su trouver ses marques. «L'important, c'est de rester soi-même, avait-il raconté dans ce même entretien. Et travailler. La radio, ce n'est pas la nonchalance. On va toujours penser à ce qu'on va dire.»

Gaston L'Heureux a également animé des émissions à Télé-Québec, à TQS et à TVA. On l'a vu notamment à la barre des émissions L'Heureux retour et Vins et fromages. De retour à Radio-Canada à la fin des années 1980, il reprend l'antenne avec les émissions L'Heure G. et Millefeuilles.

Il animait encore, à Radio Ville-Marie, l'émission Des gens comme les autres dans la série C'est la vie. Sa dernière participation régulière à une émission de télévision remonte à 2001 alors qu'il coanimait Josée, Gaston et Cie avec Josée Lavigueur sur les ondes de TVA. «Il a été comme un père. Il était toujours là pour me rassurer, me protéger. Il ne me disait jamais quoi faire sauf si je lui demandais un conseil. Il laissait la place à sa coanimatrice et à ses chroniqueurs», se souvient Mme Lavigueur.

M. L'Heureux était également un grand nationaliste. Il a milité activement à la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal de 1996 à 2001 et s'y impliquait encore ponctuellement; il devait justement prendre part à une conférence de presse de la Société le mois dernier. Il n'avait finalement pas pu se présenter pour des raisons de santé. «Il croyait à l'importance de l'indépendance et avait aussi un grand attachement à la culture québécoise et à sa promotion, a dit au Devoir l'ancien président de la SSJB, François Lemieux, qui l'a côtoyé. Il ne connaissait pas d'ennemi.»

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Avec La Presse canadienne